9 Septembre 2017

Afrique de l'Est: " Beaucoup d'enfants ratent l'école en raison de la sécheresse et des innombrables conflits en Afrique de l'Est", selon le NRC

Dar Es-Salam, Tanzanie — Alors que les élèves à travers le monde préparent la rentrée scolaire, des millions d'autres enfants qui ont fui les conflits et la sécheresse en Afrique de l'Est ne disposent pas de salles de classe.

"Nous avons décidé de fuir le Burundi parce qu'il y avait de la guerre. Je me suis absenté pendant longtemps de l'école où j'étudiais à cause de la guerre. Je disposais de tous les matériels scolaires: des chaussures, des vêtements, des bics, d'une gomme et d'un sac d'écolier", a déclaré Nyongere, un enfant de 10 ans qui se trouve dans un camp de réfugiés en Tanzanie. Mais pour cette année, il n'a pas d'école où étudier.

Le conseil norvégien en charge des réfugiés (NRC) a déclaré dans un article publié sur son site en date du 7 septembre 2017, qu'il y aurait sept millions d'enfants à l'image de Nyongere qui ont fui leurs domiciles et qui se trouvent piégés dans des camps de réfugiés qui ne disposent que de peu d'écoles; ils ont peu de chances pour obtenir une éducation.

"Le manque d'éducation pour les enfants déplacés pourrait créer une génération entière perdue", a déclaré M. Gabriella Waaijman, Directeur régional du conseil norvégien pour les réfugiés (NRC)." Demain sera célébrée la journée mondiale de l'alphabétisation, et les enfants ont le droit d'aller à l'école. L'éducation peut sauver des vies d'enfants durant des situations d'urgence. Les écoles fournissent aux enfants un endroit sûr, construisent des structures sociales, enseignent des connaissances essentielles pour la survie et sauvegardent de surcroît l'avenir des enfants et des communautés...", selon M. Waajiman.

Selon l'organisation humanitaire en charge des réfugiés (NRC), beaucoup d'enfants seraient bloqués au niveau des camps de réfugiés pendant des années, avant de rejoindre l'école. Dans les camps de réfugiés situés dans le district de Kigoma, en Tanzanie, les cours se font sous les arbres, et le nombre d'élèves dans chaque classe peut atteindre 200.

Environ la moitié des 318 000 réfugiés burundais et congolais en Tanzanie sont des enfants. Seuls 65 pour cent des élèves du Primaire et trois pour cent des élèves du Secondaire vont à l'école.

Selon le NRC, 2,2 millions d'enfants au Soudan du Sud ont abandonné les classes à cause du conflit dans plusieurs régions. Le pays possède le plus grand pourcentage d'enfants non-scolarisés dans le monde, avec plus de 70 pour cent d'enfants dépourvus d'une éducation. Plus du tiers de toutes les écoles dans le pays ont été endommagées ou détruites durant le conflit.

En somalie où le pays a été touché par plus de deux décennies de conflit, le taux d'accès à l'éducation de base dans ce pays est le plus bas dans le monde. Et ceci a été aggravé par la présente sécheresse dans le pays qui a poussé 766 000 personnes à fuir leurs domiciles, mettant ainsi en péril le peu d'acquis durement obtenus en termes d'éducation dans ce pays de l'Afrique de l'Est.

Environ deux millions d'enfants en âge d'aller à l'école se trouvent loin des classes, et 30 pour cent de ceux-ci ont achevé quatre ans d'enseignement sans pour autant apprendre les aptitudes élémentaires de base.

En Ouganda, il y a présentement plus d'un million de réfugiés en provenance du Soudan du Sud, et plus de la moitié sont des enfants. 40 pour cent des enfants entre six et 13 ans ne sont pas inscrits à l'école élémentaire; et 80 pour cent des enfants en âge d'aller à l'école secondaire n'y sont pas inscrits. Chaque enseignant officie dans des classes dont l'effectif dépasse 128 élèves.

Au Kenya, 588 000 enfants en âge d'aller à l'école ont besoin d'une assistance d'urgence en termes d'éducation en raison de la sécheresse qui frappe ce pays. Plus de 1200 écoles n'ont pas accès à l'eau potable. Seuls 7 pour cent des besoins de financement pour une éducation d'urgence ont été satisfaits.

"Avec la sécheresse qui frappe l'Afrique de l'Est, l'éducation va recevoir un peu de financements par rapport aux autres programmes d'urgence sur place." Selon le NRC,"sur les 970 millions de dollars américains promis contre la sécheresse en Ethiopie, au Kenya, et en Somalie, seuls 16,5 millions de dollars américains sont alloués à l'éducation, soit 1,7 pour cent de la totalité des fonds. Le financement destiné à l'éducation parmi les autres crises qui frappent la région, est également à un niveau très bas par rapport aux besoins.

La Communauté internationale avait convenu en 2015 que 4 pour cent de l'aide humanitaire devrait être allouée à l'éducation, mais cet objectif n'a pas été atteint jusqu'ici par aucun pays au niveau de la région. Parmi tous les secteurs sinistrés, l'éducation est le secteur le moins servi á cause. d'un grand déficit de financements".

Le Nrc avait souligné que l'éducation est vitale pour les enfants déplacés. L'inscription à l'école peut éloigner l'enfant du recrutement des groupes armés. La conscientisation et la sensibilisation sur les mines anti-personnel et les bombes non-explosées peuvent être enseignées aux enfants à l'école. L'inobservance des règles d'hygiène que les enfants peuvent apprendre à l'école peut faire que des enfants réfugiés meurent de maladies. Les écoles pour les réfugiés offrent souvent des repas, réduisant ainsi la malnutrition infantile et la vulnérabilité aux maladies.

"Tout le monde s'accorde sur l'importance de l'éducation, notamment pour les enfants affectés par les conflits. Par conséquent, il est incompréhensible et injustifiable d'accorder si peu de financements à l'éducation pour les enfants en situation d'urgence", a déclaré M. Waajiman.

"Avec plus d'enfants fuyant leurs domiciles et peu de financements disponibles pour les écoles , l'Afrique de l'Est fait face à une crise de l'éducation", selon l'organisation humanitaire.

Le NRC a lancé un appel à la Communauté internationale et aux pays donateurs pour qu'ils respectent leurs engagements pris auparavant avant de les inciter à savoir que l'éducation joue un rôle de pivot dans l'allègement des crises humanitaires.

Davantage de fonds sont requis pour la réponse à la crise de l'éducation dans les innombrables crises en Afrique de l'Est, selon le NRC.

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