11 Septembre 2017

Tanzanie: Le gouvernement «nationalise» des diamants

Photo: The Herald
Diamands

Le ministre des Finances tanzanien a affirmé dimanche 10 septembre à la télévision, la « nationalisation » de diamants d'une valeur estimée à 29,5 millions de dollars après avoir accusé la compagnie britannique qui exploite la mine d'en avoir sous-évalué la valeur. Williamson Diamonds est détenue 75% par la société Petra Diamonds et pour un quart par le gouvernement tanzanien.

Le gouvernement accuse la compagnie britannique d'avoir sous-évalué la valeur de ces pierres rares, au moment de leur exportation. Les diamants ont été saisis le 31 août à l'aéroport de Dar-es-Salaam alors qu'ils étaient en partance pour la Belgique.

Selon le ministère des Finances, les documents d'exportation qui les accompagnaient annonçaient une valeur de près de 15 millions de dollars alors que le gouvernement estime que ces diamants valent le double de ce qui a été déclaré.

Jeudi dernier, à l'Assemblée, les débats sur des malversations présumées liées à l'extraction et au commerce de diamants ont été très animés. Deux anciens hauts responsables du secteur minier, cités dans des rapports parlementaires, ont démissionné de leurs fonctions sur ordre du président John Magufuli.

Bras de fer avec les sociétés minières

Depuis six mois, le chef de l'Etat tanzanien a engagé un bras de fer avec les sociétés minières étrangères qui exercent des activités en Tanzanie. Il les accuse de sous-évaluer leur production. Un rapport parlementaire estime le manque à gagner pour la Tanzanie à plusieurs dizaines de milliards de dollars en impôts et taxes depuis près de 20 ans.

Après la compagnie Acacia Mining dans l'extraction de l'or, c'est au tour de la société Petra Diamonds à être dans le collimateur des autorités tanzaniennes. Jusqu'à présent, les tentatives de règlement à l'amiable de ces conflits n'ont rien donné.

Le président Magufuli ne veut rien lâcher. Surnommé « Tingatinga » (bulldozer en swahili), le président Magufuli a marqué les esprits depuis sa prise de fonctions fin 2015 en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption. Mais le style peu consensuel et abrupt de M. Magufuli lui vaut aussi d'être qualifié d'autocrate et de populiste par ses détracteurs, alors que la liberté d'expression est de plus en plus réduite dans le pays.

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