11 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Rentrée des classes 2017-2018 - Le SYECO suspend son mouvement de grève

Photo: Radio Okapi/Ph. John Bompengo
La rentrée scolaire n’est pas effective dans certaines écoles de Kinshasa

Après le raté d'il y a une semaine (4 septembre), c'est ce lundi 11 septembre qu'a lieu la rentrée effective des classes. Les enseignants affiliés au SYECO ayant suspendu leur mouvement de grève décrété le 4 septembre 2017.

Les chevaliers de la craie blanche se remettent sur le chemin de l'école à partir de ce lundi 11 septembre, suspendant ainsi leur mouvement de grève décrété le 4 septembre, date officielle fixée pour la rentrée des classes sur toute l'étendue du territoire national.

Ils restent néanmoins vigilants en attendant la matérialisation de toutes les promesses contenues dans le protocole d'accord signé le 2 septembre entre le gouvernement et le banc syndical. Ainsi en ont décidé samedi 9 septembre les enseignants affiliés au Syndicat des enseignants du Congo (SYECO). Et ce, au terme d'une assemblée générale d'évaluation tenue au siège de cette organisation syndicale, au quartier Matonge, commune de Kalamu.

Au cours de cette évaluation, les enseignants ont constaté l'impression et la transmission des listings de la paie complémentaire du mois d'août 2017 à la direction de la paie du ministère du Budget ; la transmission au ministère du Budget du montant de 200 millions de francs congolais pour le compte de la Mutuelle des enseignants de l'EPSP (MESP) pour le mois d'août 2017. Entre-temps, sur la question du paiement de 5 000 enseignants non payés au mois d'août 2017, le gouvernement ne donne aucune indication précise.

A ce constat se greffe la suspension voilée de Mme Cécile Tshiyombo, secrétaire générale du SYECO de son poste de directeur de l'école primaire Kengo et la désignation par le chef de sous division de Ngaliema du directeur adjoint pour assumer son intérim.

Après analyse de la situation, les enseignants exigent l'effectivité de la paie complémentaire du mois d'août 2017 et le versement du montant de 200 millions de francs congolais alloués à la MESP endéans 72 heures. Ils exigent également la concrétisation de la paie de 5 000 enseignants non payés au mois d'août 2017 conformément au protocole d'accord ; la réhabilitation sans condition de la secrétaire générale du SYECO, Mme Cécile Tshiyombo suspendue de ses fonctions de directeur à l'école Kengo.

Cadre permanent du dialogue social

De son côté, le Conseil syndical des services publics et privés (COSSEP) a aussi évalué la situation socioprofessionnelle de ses affiliés. C'était à la faveur de l'assemblée générale extraordinaire tenue le samedi 9 septembre à son siège situé à Gombe (Kinshasa).

Cette évaluation a permis aux participants de dresser le constat selon lequel le franc congolais s'est déprécié de 40% depuis une année et les travailleurs ont perdu leur pouvoir d'achat en l'absence d'un réajustement salarial par le gouvernement les vouant ainsi à une misère sans nom ; le non-respect de la promesse faite par le Premier ministre de payer les salaires des agents et fonctionnaires de l'Etat au taux budget de 1425 Fc le dollar américain à la paie de juillet 2017 devant les élus du peuple.

Les participants constatent également la situation irrégulière de nombreux agents publics demeurant Nouvelles unités (NU) et certains immatriculés mais non payés ; la non-application du SMIG par les employeurs pour les travailleurs du secteur régi par le code du travail ; le retard de paie pour tous les travailleurs du secteur public ;les grèves déclenchées dans les secteurs de la magistrature, de la santé, de la fonction publique et de l'enseignement aussi bien primaire, secondaire que supérieur et universitaire.

Le gouvernement interpellé

En l'absence d'un cadre légal et global de concertation pour prévenir et résoudre les conflits collectifs de travail, le gouvernement s'emploie à répondre de manière sectorielle aux revendications formulées ; ceci qui est peu durable et sans garantie pour la paix sociale.

A la lumière de ce tableau et en tant que syndicat socialiste, le COSSEP exige du gouvernement la réhabilitation du cadre permanent de dialogue social (CPDS) abrogé par Augustin Matata Ponyo, alors Premier ministre. Cela, en vue de prévenir les éventuels conflits de travail et trouver des solutions pérennes aux problèmes des travailleurs. Ils attendent aussi l'application sans faille des accords signés de bonne foi dans le secteur de l'enseignement et autres ainsi que la conclusion dans d'autres avec effet en vue de garantir la paix sociale, gage d'une société juste et égalitaire ; l'application du SMIG pour les travailleurs du secteur régi par le code du travail.

Les affiliés du COSSEP attendent enfin la régularisation administrative et financière de la situation des agents de l'Etat demeurant nouvelles unités et/ou non payés à ce jour et le respect de l'échéance pour la paie des salaires à tous les travailleurs ainsi que le réajustement des salaires au coût de la vie, revendication commune de tous les travailleurs de la République.

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