11 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: 20 provinces sur 26 touchées par le choléra - Flagrante irresponsabilité du gouvernement

Après le virus Ebola, la RDC fait maintenant face à une épidémie généralisée de choléra. Selon l'OMS, 20 provinces sur les 26 que compte le pays sont déjà touchées, dont la ville de Kinshasa, une mégalopole de plus de 10 millions d'habitants.

Au lieu de se mobiliser pour contrer cette urgence sanitaire, les autorités semblent être dans les vapes, abandonnant le peuple à son triste sort. Ici, l'irresponsabilité du gouvernement est flagrante.

Longtemps cantonné dans certains provinces du pays, principalement le Grand Kasaï où le problème de salubrité s'est posé, consécutivement aux troubles opposant les forces loyalistes aux miliciens du chef traditionnel Kamuina Nsapu, le choléra a pris des « proportions inquiétantes », lance l'OMS (Organisation mondiale de la santé). L'agence spécialisée des Nations unies recense déjà cette épidémie dans 20 provinces sur les 26 que compte le pays.

Selon le dernier bilan rendu public samedi dernier par l'OMS, le nombre de victimes de l'épidémie va crescendo. A ce jour, 528 personnes sont touchées par le choléra sur l'étendue du territoire national. L'OMS s'inquiète également du rythme effréné de contamination, soit plus de 1500 cas suspects par semaine depuis la fin du mois de juillet 2017.

Le Premier ministre effectuant un périple européen, la riposte du gouvernement se fait encore attendre. Pour le moment, seule l'OMS se déploie pour venir en aide aux victimes et préparer en même temps la riposte.

Ministre de la Santé publique, Dr Oly Ilunga semble avoir, à son tour, confié le sort de la RDC à l'OMS. Au sortir samedi dernier d'une réunion avec l'agence spécialisée des Nations unies, le ministre de la Santé publique a reconnu la gravité de la situation en déclarant que « Le choléra constitue aujourd'hui une urgence humanitaire de premier plan en République démocratique du Congo et nous devons mutualiser les ressources pour une réponse de qualité à la présente épidémie».

Dans tous les cas, au niveau de l'OMS, l'épidémie de choléra qui touche 20 de 26 provinces de la RDC a été élevée au « grade 2 du cadre de la réponse d'urgence ». Des experts de l'OMS se mobilisent sur le terrain des opérations pour participer à l'élaboration d'un plan d'urgence pour la réponse à l'épidémie.

Le gouvernement aux abonnés absents

L'OMS devrait-elle remplacer les autorités congolaises dans ce cas? La question est sur toutes les lèvres. A ce jour, le gouvernement laisse faire l'OMS et oublie vite son discours souverainiste. En villégiature en Europe, le Premier ministre ne semble nullement se préoccuper des victimes que le choléra est en train de terrasser sur le terrain.

Dans les pays où les autorités ont un minimum de respect pour leurs compatriotes, le Premier ministre aurait écourté son séjour pour revenir le plus vite que possible au pays afin d'organiser, avec tous les services spécialisés du ministère de la Santé publique et l'appui des partenaires au développement, le plan de riposte.

En RDC, c'est tout le contraire. Qui pis est, à la réunion interinstitutionnelle présidée samedi dernier dans la capitale par le chef de l'Etat, la situation du choléra qui touche 20 provinces du pays, dont la ville de Kinshasa, a été totalement ignorée. L'on s'est focalisé sur une fausse urgence, à savoir l'organisation hypothétique des scrutins où la Céni est encore à la quête des moyens pour boucler les opérations d'enrôlement dans le Grand Kasaï. Et dire que, pendant tout ce temps, plus de 500 Congolais sont déjà morts de choléra. Et chaque semaine, l'on recense 1 500 contaminations à travers le territoire national.

Dans ce cas précis, celui d'un drame sanitaire grandissant, d'aucuns n'hésitent pas d'évoquer l'irresponsabilité du gouvernement. Raison, ce dernier ne propose aucune solution pour sa population en danger. Sans vision pour le peuple, le gouvernement se distingue par une navigation à vue. Toute honte bue, il cède ses prérogatives régaliennes l'OMS à qui il demande de s'occuper des victimes. Au même moment, le bilan ne fait que s'alourdir. A ce jour, l'espace Kasaï serait le plus touché. Ce n'est pas évident, indiquent des sources internes au ministère de la Santé publique que la situation se stabilise de sitôt.

La situation est à la fois alarmante et désespérée. Avec l'explosion qui ne tarderait pas à atteindre les quatre autres provinces non encore touchées, le gouvernement a étalé au grand jour toute son incapacité à gérer. C'est de l'irresponsabilité grandeur nature.

Mis en place dans un contexte politique très tendu, le gouvernement a démontré clairement ses insuffisances. Sans repère, lorsque le choléra décime les Congolais, le gouvernement n'a eu de réflexe que de tendre la main à l'OMS. Sa seule voie de salut. Où est donc cette souveraineté tant vantée ? Où est donc ce respect qu'on réclame de nos partenaires chaque fois qu'ils essaient de nous ramener à la raison ?

Le gouvernement a déçu - sur toute la ligne. Il n'a aucun respect pour le peuple, encore moins pour le pays. La souffrance de ce peuple ravagé par le choléra dans les 20 provinces ne l'interpelle pas. Le contraire aurait étonné lorsqu'on sait que Bruno Tshibala et son gouvernement sont le produit d'une compromission politique, savamment orchestrée dans la sphère de la Majorité présidentielle.

L'explosion de l'épidémie n'est qu'une illustration d'un pays qui marche à reculons. C'est la preuve éloquente de l'irresponsabilité d'un gouvernement illégitime, totalement déconnecté des réalités du pays.

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