11 Septembre 2017

Burundi: Genève - Le chef des droits de l'homme de l'ONU dénonce les violences et les abus en Centrafrique et au Burundi

Photo: © 2017 Edouard Dropsy pour Human Rights Watch
Un camp de personnes déplacées à Grimali, en République centrafricaine, où de nombreuses personnes se sont réfugiées après avoir fui les violences sévissant dans la région de Bakala, province d’Ouaka. Photo prise le 24 janvier 2017.

A l'ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies lundi à Genève, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a fait le point sur la situation en matière de droits humains à travers le monde, en dénonçant en particulier les violences et abus en République centrafricaine et au Burundi.

Dans un discours, M. Zeid a regretté l'hypocrisie de certains États qui défendent les droits humains sur la scène internationale tout en les bafouant ouvertement chez eux.

Il a demandé au Président du Conseil et aux États membres d'envisager d'exclure du Conseil des droits de l'homme les États coupables des pires violations des droits humains.

Le chef des droits de l'homme de l'ONU s'est inquiété de l'aggravation depuis quelques mois de la situation sécuritaire en République centrafricaine, notamment dans le sud-est de ce pays. Il a fait ainsi état d'informations persistantes sur des crimes atroces, qui sont en train de diviser le pays sur des bases ethniques ou confessionnelles.

Il a mis en cause les forces anti-Balaka et les ex-Séléka, ainsi que divers groupes dissidents. Des groupes armés responsables de cette nouvelle escalade et des tensions alimentées par des discours d'incitation à la haine proférés par des chefs religieux et d'autres personnalités de premier plan. Il a appelé le personnel politique à condamner tous les appels à la violence.

S'agissant du Burundi, M. Zeid a noté que disparitions forcées, meurtres, arrestations arbitraires et torture d'opposants sont monnaie courante. Le Haut-Commissaire a indiqué que la situation des droits humains ne s'est pas améliorée à Bujumbura.

La plupart des partis d'opposition, des ONG indépendantes et des médias ont été interdits ou suspendus, ne laissant pratiquement aucun espace de libertés civiles et de débat public. Il a donc appelé les autorités burundaises à appliquer les recommandations de la Commission d'enquête de l'ONU et de mettre un terme aux violences commises par les forces de sécurité et par les Imbonerakure.

Quant à la République démocratique du Congo, la situation est marquée par des violences communautaires parfois liées à l'incertitude sur la situation politique.

Dans ces conditions, le Haut-Commissaire a regretté le peu de progrès notés en direction de la future élection présidentielle, mais aussi des violences intercommunautaires répertoriées dans plusieurs régions du pays, notamment dans la province du Tanganyika, dans les Kasaï et au Kivu.

Enfin s'agissant de la situation au Mali, le Haut-Commissaire Zeid a jugé que les retards dans la mise en œuvre de l'accord de paix et le faible niveau ou l'absence des institutions étatiques dans une grande partie du pays sont des facteurs qui ont contribué à l'activité croissante des groupes terroristes et des gangs criminels au Sahel.

Selon lui, toute stratégie efficace visant à lutter contre l'extrémisme violent doit examiner les facteurs sous-jacents tels que la pauvreté, la corruption, la marginalisation et la discrimination ainsi que ces abus des droits humains commis par des institutions censées protéger la population.

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