11 Septembre 2017

Burundi: « Le dialogue ou la guerre », le communiqué des évêques catholiques est sans équivoque

La conférence épiscopale au Burundi vient de sortir un communiqué appelant les protagonistes de la crise burundaise à s'engager dans un dialogue inclusif d'urgence. Au cas contraire, cette institution religieuse redoute une issue violente. Voici dans les grandes lignes ce qu'il faut retenir de cette sortie.

Pour insister sur le caractère spécial du communiqué lu dans toutes les paroisses ce 10 septembre 2017, la conférence épiscopale commence par rappeler à ceux qui « d'habitude ne comprennent pas facilement ces messages », les valeurs et fondements de l'Ecclésia: « L'Eglise Catholique n'est pas à confondre avec n'importe quelle simple association, un parti politique ou toute autre formation émanant des ambitions de l'être humain », un peu comme pour répondre à Willy Nyamitwe, lui qui disait que « les homélies de cette Eglise sont en contradiction avec Vatican II qui met en avant le Peuple ».

En son sixième point, ce communiqué appelle « tous les chrétiens catholiques à se désolidariser des mauvaises langues qui les détournent de l'autorité épiscopale et de l'assimilation du vrai message divin ». Cela fait des jours que nous entendons des politiciens s'appuyer sur des paroles bibliques pour manipuler les masses populaires. Est-ce alors une occasion pour leur dire que cet usage abusif et détourné de la parole divine est dans le viseur de l'église catholique ?

Sonnette d'alarme

« Nous insistons sur la priorité d'un dialogue inclusif dans l'intérêt supérieur de la nation, et pour prévenir toute chose de caractère à nous conduire vers la guerre ». C'est on ne peut plus clair. Mais, qui impliquer dans ce dialogue ? Les évêques sont précis : le gouvernement, l'opposition, les groupes armés, les leaders de la société civile et les principaux acteurs économiques.

A ceux qui pensent que la CNDI a tout accompli, « cette procédure s'est révélée non consensuelle et ainsi inefficace », estiment les évêques. Et d'ajouter : « Ce dialogue inclusif désormais urgent doit se tenir à l'extérieur du pays pour permettre à tous d'y prendre part. Les sujets importants déjà soulevés par les parties prenantes à la crise dont un changement de la constitution qui doit se baser sur les accords d'Arusha y seraient discutés ».

Si tel n'est pas le cas, « nous craignons que tout s'écroule : la démocratie, les droits et les libertés, la sécurité, le bien-être de tout le peuple, le rapatriement des réfugiés en toute dignité, ainsi que les relations avec le monde entier ».

Faut-il les écouter ou pas ? Mon avis est tranché : « Un homme averti en vaut deux », et « seuls les idiots regardent le doigt quand le sage désigne la lune ».

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