11 Septembre 2017

Cameroun: Crise anglophone - Oui au dialogue, non à la surenchère

Le 30 août dernier, le président de la République a fait le choix de l'apaisement et de la décrispation au sujet de la situation dans les régions anglophones, en ordonnant l'arrêt des poursuites pendantes devant le tribunal militaire de Yaoundé contre un certain nombre d'acteurs de la mobilisation anglophone.

L'on ignore sur quelles bases certaines autres personnes n'ont pas bénéficié du pardon du chef de l'Etat, mais l'on est fondé de saluer à sa juste mesure l'acte présidentiel.

La facture de la crise anglophone est déjà assez lourde sur le plan de l'éducation et, plus largement, sur le plan socio-économique, pour qu'on ose se soustraire aux solutions pragmatiques.

Loin d'être un signe de faiblesse, le geste présidentiel devrait constituer un pas décisif et compris de tous, dans le sens de la paix et de la concorde nationale. Le silence qu'observent les principaux protagonistes de la crise anglophone, après leur séjour en prison, devrait être salué et non moqué, s'il tient à un deal républicain avec le pouvoir. En effet, en l'état actuel de la situation, il n'est plus question de jeter de l'huile sur le feu ou d'emboucher les trompettes de quelque triomphe. Il est temps de reprendre à son compte et de disséminer le message de la détente et de l'apaisement. L'heure est venue de renouer le fil du dialogue politique, sans a priori, ni procès d'intention.

Il semble évident aujourd'hui que le temps mis par le chef de l'Etat pour poser l'acte fort du 30 août dernier a permis à des extrémistes, bercés par l'illusion de la sécession du Cameroun, de récupérer la crise et d'agiter le spectre du chaos. Les réseaux sociaux aidant, certains activistes tapis à l'étranger soufflent si bruyamment sur les braises que le feu de la division continue de couver dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La psychose qui y règne fait que le timide équilibre noté ces derniers jours reste et demeure instable.

Les « villes mortes » font de la résistance et le retour à l'école se fait à pas de tortue.

La prudence et la vigilance s'imposent donc. Comme l'indique le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, dans le communiqué rendu public le 30 août dernier, « le chef de l'Etat réaffirme [... ] sa détermination à combattre sans relâche les ennemis de la paix et du progrès, les chantres de la division et les criminels de tout acabit, qui sous le couvert de revendications politiques, essayent de prendre en otage l'avenir de notre pays et tout particulièrement de notre jeunesse ». Force doit, sans doute, rester à la loi, mais aussi au dialogue.

A notre sens, la meilleure façon de couper l'herbe sous les pieds des sécessionnistes, c'est d'engager ou de poursuivre les négociations entamées avec les leaders qui croient aux idéaux de la République.

Toutes les parties conviées au dialogue devront surtout faire preuve de bonne foi et d'élévation d'esprit pour ne pas se laisser distraire les sirènes de l'arrogance ou de la surenchère. « Une de nos armes les plus puissantes est le dialogue », disait Nelson Mandela. Sachons en user au Cameroun pour asseoir la réconciliation nationale, source de paix et de prospérité.

Cameroun

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