11 Septembre 2017

Togo: Que va-t-il se passer aujourd'hui ?

Photo: Togonews
Le PNP de Tikpi Atchadam dans les rues de Lomé, d'Anié, de Sokodé, de Bafilo et de Kara

Des opposants qui appellent les populations à manifester devant le Parlement où doit être examiné un projet de modification constitutionnelle... ça ne vous rappelle rien ? En tout cas cela doit évoquer de bien tristes souvenirs au président Faure Gnassingbé qui avait perdu son mentor sous-régional, Blaise Compaoré, balayé par une insurrection populaire fin octobre 2014 alors qu'il voulait faire sauter le verrou limitant le nombre de mandats présidentiels.

Et voilà que cette fois c'est devant sa propre porte que ça se passe. Il n'est pas dit que les mêmes causes produiront forcément les mêmes effets, mais Faure a du souci à se faire. Hier en effet, au cours d'une conférence de presse, les leaders de l'opposition ont annoncé un grand rassemblement ce mardi devant le Parlement pour signifier leur véto à l'avant-projet de loi sur les réformes politiques qui doit y être étudié.

Un examen en vérité hypothétique, car jusqu'à hier les élus n'avaient pas entre leurs mains le fameux texte qui est pourtant censé être adopté par la conférence des présidents, relu par la commission parlementaire ad hoc avant de passer en plénière. On sait cependant que le projet gouvernemental prévoit notamment la limitation du nombre des mandats et un mode de scrutin à deux tours. Ses contempteurs veulent, eux, le retour pur et simple à la constitution de 1992 tripatouillée par Gnassingbé père.

En fait, on ne le sait que trop. Plus qu'un remodelage plus ou moins vertueux de la part d'un pouvoir qui a désormais le dos au mur, c'est le principe de la non-rétroactivité ou pas de la nouvelle loi fondamentale qui divise les Togolais. Les opposants redoutent, à raison, que Faure puisse exciper de nouvelles dispositions constitutionnelles pour se refaire une virginité présidentielle et remettre son compteur à zéro à la fin de son mandat actuel.

Tout le problème est donc là et on ne voit pas comment les deux parties pourraient trancher ce nœud gordien, sinon que par l'épreuve de force engagée depuis peu. C'est donc un mardi classé rouge qui s'annonce aujourd'hui, surtout après les manifestations monstres des 19 et 20 août et le cycle de violences et de représailles auxquelles elles avaient donné lieu.

Le Togo va-t-il s'embraser aujourd'hui ? On craint en tout cas le pire, car les autorités ne peuvent rester les bras croisés face aux insurgés contre lesquels une chasse est, du reste, déjà ouverte. Pour leur part, les ténors de l'opposition en ont fait le serment : cette fois ils iront jusqu'au bout.

Reste à savoir quelle est la limite de ce « bout » pour des leaders politiques qui ne réclament rien, plus rien que le départ du quinquagénaire tombé dans la marmite du pouvoir quand il était tout petit et aujourd'hui héritier en titre d'une dynastie qui règne sur le Togo depuis tout un demi-siècle. Rien que ça !

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