12 Septembre 2017

Madagascar: Révision constitutionnelle - Une concertation nationale réclamée

Photo: Nad Sivaramen
Hery Rajaonarimampianina, président de Madagascar.

Les réactions sont mitigées face à l'éventualité d'une révision de la Constitution. Pour ceux qui martèlent cette option depuis plusieurs mois, une concertation nationale est la condition préalable mise en avant.

Ratisser large. L'existence de discussions pour la révision de la Constitution, révélée par Hery Rajaonarimampianina, président de la République, à Londres, n'a pas laissé de marbre l'opinion publique.

Les entités qui plaident pour cette option depuis plusieurs mois, notamment, ont accueilli l'information avec circonspection. La revendication d'une concertation nationale préalable à un référendum constitutionnel commence à se faire entendre.

Le Cercle de réflexion pour l'avenir de Madagascar (CREM), est le premier à avoir décoché, hier. Dans un communiqué de presse, cette entité parmi les plus ferventes revendicatrices de la rétrocession des îles éparses, a indiqué que, dans l'éventualité où l'État compte s'engager à retoucher la loi fondamentale, le CREM appelle les décideurs à organiser « dans les plus brefs délais un forum national pour la refondation et la reconstruction de Madagascar ».

Multipliant les plaidoyers pour une refondation de la Grande île, le Cercle de réflexion avance, par ailleurs, qu'un référendum constitutionnel sera l'occasion de proposer aux Malgaches de choisir entre rester dans un système d'État unitaire, ou celui de vivre dans un État fédéral. Par le biais d'une déclaration partagée à la presse, hier, également, de la branche d'Antananarivo, du Syndicat des enseignants chercheurs et des chercheurs enseignants (SECES), a aussi, abordé le sujet.

Affirmant que la Loi fondamentale est fréquemment foulée au pied, le SECES martèle l'organisation d'une « concertation nationale », concernant la refonte de la Constitution et des lois électorales, « afin d'éviter une crise postélectorale ». Le « Dinika ho an'ny fanavotam-pirenena » (DFP), une des organisations au sein du mouvement les Forces de changement, réclame, également, une concertation nationale préalable à une retouche de la Constitution.

Levée de boucliers

« La mise en place d'un débat national pour la refondation menant ainsi, à un changement de la Constitution est la raison d'être du DFP », a déclaré Maharavo Ratolojanahary, chef de file de cette entité. L'administrateur civil ajoute cependant, que « ce n'est pas le gouvernement actuel, qui pourra organiser un débat inclusif ». Selon ses dires, la mise en place d'un gouvernement adoubé par tous serait d'abord, nécessaire.

Se référant à de précédentes déclarations des responsables étatiques sur le sujet, cette figure de l'opposition soutient qu'« il pourrait s'agir d'une fuite en avant du pouvoir afin de repousser l'échéance électorale et de rallonger son mandat ». Une levée de boucliers d'une partie de la classe politique contre la probabilité que le référendum constitutionnel puisse repousser l'échéance de l'élection présidentielle, prévue en 2018, a été rapporté par quelques presses, hier.

L'éventualité que le débat sur la retouche de la Loi fondamentale soit réduite au volet électoral fait, également, face à des hostilités. « Pourquoi limiter les débats. Cette intention signifiera que les discussions seront unilatérales », a soutenu le leader du DFP.

L'existence de discussions portant sur la révision de la Constitution, a été révélée par le président Rajaonarimampianina, lors d'une interview accordée à la presse anglaise, la semaine dernière.

Le chef de l'État avait répondu à la question : « Votre Constitution prévoit que vous démissioniez soixante jours avant la date de l'élection présidentielle, êtes-vous enclin à réviser la Constitution ? » Des indiscrétions affirment, toutefois, que l'idée d'une révision de la Constitution trotte dans les têtes des décideurs, depuis plusieurs mois.

Les modifications devraient aller au-delà du volet électoral. Il n'est, cependant, pas indiqué jusqu'alors, si l'administration Rajaonarimampianina, ira jusqu'à un changement de la loi fondamentale pour consacrer une cinquième République.

En savoir plus

Révision de la Constitution - Vers un retour en arrière

Au cas où les dispositions de l'article 46 venaient à être amendées pour un Oui pour un Non,… Plus »

Copyright © 2017 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.