12 Septembre 2017

Burkina Faso: Victimes de l'insurrection et du coup d'Etat manqué - Les familles dénoncent les « balbutiements » de la justice

Photo: fasozine
Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP)

Les familles des victimes de l'insurrection populaire de 2014 et du coup d'Etat manqué de septembre 2015, ont animé une conférence de presse, le lundi 11 septembre 2017 à Ouagadougou. Elles dénoncent « les balbutiements de notre justice » et interpellent les acteurs sur la gestion de ces deux dossiers.

A l'approche de la commémoration du du putsch avorté du 16 septembre 2015, l'Association des parents des victimes du coup d'Etat manqué (APVCE) et l'Union des familles des martyrs de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 (UFMIP) montent au créneau pour dénoncer la lenteur de la justice sur lesdits dossiers. Ils ont animé conjointement une conférence de presse, le lundi 11 septembre 2017 à Ouagadougou, pour réclamer justice pour les victimes, aussi bien du coup d'Etat que de l'insurrection populaire.

Pour le secrétaire général de l'APVCE, Patrice Balibié Bazié, au-delà des mesures sociales prises par l'Etat pour voler au secours des victimes, rien ne bouge au niveau judiciaire. « Au vu des libérations, des non-lieux, des annulations de mandats pour raison d'Etat, bref des balbutiements de notre justice, les familles des victimes, les blessés et le peuple burkinabè sont en colère », s'est insurgé M. Bazié.

Selon lui, les bourreaux des victimes se promènent allègrement sans être inquiétés par la justice. C'est pourquoi, à entendre Patrice Balibié Bazié, les familles des victimes interpellent tous les acteurs de la justice, en particulier le procureur général, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, le président du Tribunal militaire et le commissaire du gouvernement, pour que justice soit rendue.

« L'insurrection du peuple burkinabè des 30 et 31 octobre 2014 et le coup d'Etat manqué du 16 septembre 2015 marqueront à jamais l'histoire politique et sociale du Burkina Faso. Lors de ces évènements, des hommes, des femmes et des enfants ont payé de leur sang pour la justice et la vraie démocratie. Mais les parents des victimes sont toujours meurtris », a indiqué le secrétaire général de l'APVCE.

Les familles des victimes ne veulent-ils pas mettre la pression sur la justice ?

A cette question, le président de l'UFMIP, Victor Pouahoulabou, a indiqué qu'il s'agit au contraire d'une manière pour eux d'attirer l'attention de la justice pour un traitement diligent des dossiers. A l'entendre, si la justice a pu juger des dossiers en l'espace de quelques mois au Burkina Faso, c'est qu'elle doit pouvoir se pencher dans des meilleurs délais sur ces deux dossiers qui ont une envergure nationale.

Il s'est dit choqué de constater des libérations et des non-lieux concernant des acteurs principaux dans ces différentes affaires. Quelle sera la réaction des parents des victimes si la justice continue de traîner ?

Selon les conférenciers, les parents des victimes ont déjà pris la décision de ne plus participer aux activités de commémoration du gouvernement jusqu'à ce que les choses changent.

En outre, ils ont montré leur détermination à se faire toujours entendre tant que la justice n'est pas faite sur les victimes de l'insurrection et du putsch.

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