12 Septembre 2017

Tunisie: Un enjeu total

S'agit-il de relever les tarifs de l'eau que tout le monde commence à rouspéter sans se regarder en face et sans chercher à comprendre les raisons objectives derrière ces augmentations.

Si, par exemple, la Sonede explique les mesures d'augmentation des tarifs, on reste dubitatif.

Gaspillages

Pourtant, la réalité est plus grave. Même en relevant ces tarifs, la société ne pourra pas résoudre les problèmes du déficit. L'entretien des réseaux coûte très cher et les pertes sont toujours énormes. Il faut ajouter à cela l'inconscience totale de nombreux Tunisiens devant le phénomène du gaspillage de l'eau.

Il n'y a pas une véritable culture de l'économie de l'eau chez nous. La grande majorité des Tunisiens agit comme si nous vivions dans un pays aux ressources inépuisables. Or, nous comptons parmi les pays qui seront classés comme des pays qui pourront souffrir de la soif dans le moyen terme.

D'ailleurs, il n'y a qu'à observer les usages qu'on fait de l'eau. On continue à arroser paisiblement sa pelouse (pour ceux qui ont la chance d'en avoir), à laver à grande eau sa voiture, à laisser couler le robinet pendant de longues minutes lorsqu'on fait la vaisselle, ou remplir à ras-bord sa baignoire, etc. Même dans les quartiers populaires, on asperge abondamment devant les maisons pour se procurer un peu de fraîcheur durant la soirée. Et les exemples sont nombreux.

Mais ce qui est plus grave, c'est l'usage clandestin qui est fait de l'eau. Les nappes sont surexploitées par des opérateurs clandestins. Il existerait, en effet, près de 12.000 forages clandestins dont 7.000 uniquement dans le gouvernorat de Kébili.

Bien que cette région soit située dans une zone aride, la surconsommation de l'eau risque d'entraîner des conséquences néfastes sur les nappes phréatiques et aggraver le déficit hydrique.

Quelle gestion ? Même lorsqu'il s'agit de projets autorisés, les risques sont toujours présents. C'est le cas, par exemple, du projet inauguré récemment à Dhéhiba qui permet de pomper l'eau grâce à l'énergie solaire.

Ce n'est pas le procédé de pompage qui intéresse. Il faut, d'abord, se demander quelle eau on va pomper et si la culture envisagée est adaptée ou non à la zone géographique choisie.

En tout cas, cela souligne un autre aspect des plus graves qui n'est autre que la mauvaise gestion des ressources disponibles. Cette surexploitation conduirait à augmenter davantage le taux de salinité et pourrait, même, rendre l'eau impropre à l'irrigation.

Les options vers d'autres ressources constituent, pour le moment, une issue. Il s'agit du dessalement de l'eau de mer. Les efforts, dans ce sens, semblent aller bon train même si une certaine lenteur dans la réalisation des programmes est constatée.

Il y aurait, à ce sujet, une quarantaine d'unités de dessalement qui seraient mises en exploitation. Leur capacité de production est de 2.000 m3 par jour. Quant au coût, il s'élèverait à environ 200 milliards de millimes.

Mais il faudrait souligner que, quels que soient les efforts entrepris par les pouvoirs publics, la contribution à atténuer la pression reste vaine.

Un contrôle plus strict sur les forages clandestins de puits et une meilleure sensibilisation à l'exploitation domestique de l'eau sont nécessaires. Une culture réelle de l'économie de l'eau doit faire partie intégrante de notre comportement quotidien.

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