12 Septembre 2017

Cameroun: Affaire Eec - « Laurent Esso » livré à la vindicte populaire

Des pasteurs du camp Hendje Toya décident enfin sortir du bois. A en croire leurs manifestations et ce qui se trame, ils entendent mettre la pression sur Yaoundé à l'effet d'arrêter des poursuites judiciaires dans l'affaire qui oppose l'Eec contre l'Eec.

« Le malheureux candidat de Ngaoundéré a un son frère ministre de la justice. Il n'est pas fidèle de l'Eec, mais tout porte à croire qu'il veut nous déstabiliser », ont lancé des pasteurs en furie. Ce refrain fredonné par ceux qui se réclament être de la grande majorité, montre à suffisance que le pic de colère est franchi. La peur s'est estompée. Offusqués ils citent nommément des « acteurs » ayant attisé la crise ». Avant, ils stigmatisaient cette ponte du régime de Yaoundé à visage voilé, comme étant celui à l'origine de la crise que traverse l'Eec. Laurent Esso, ministre camerounais de la justice, garde des sceaux, est de plus en plus scandé comme le génie de l'implosion à l'église évangélique.

Pas plus tard que ce 10 septembre 2017, des manifestations se sont fait entendre dans nombre de paroisses de la région synodale Ndé-Mbam et Inoubou, officiant à la solde du « président élu », en avril 2017 au dernier synode de Ngaoundéré. Selon certains laïcs, Hendje Toya a enseigné tout ou partie de ces pasteurs à l'école de théologie. Pour dire qu'il jouit d'une forte influence au sein de la pastorale. « Même si on organise 100 fois, les élections à l'Eec, Hendje Toya va gagner Priso Moungole 100 fois », renchérit un ancien de l'église de la paroisse de Sagnam de Bangangté.

Inédit !

C'est un fait très rare. Mais des pasteurs l'ont fait en poussant des fidèles à se joindre à leurs débordements. Pancartes à la main, chant de victoire, coup de gueule, tout y est passé. Après le culte, ils sont sortis de manière synchronisée manifester. « Nous soutenons le bureau élu au synode de Ngaoundéré. Nous protestons contre l'ingérence de l'Etat dans les affaires de l'Eec. Notre règlement intérieur prévoit qu'en cas de problème, tout doit se régler dans les instances de l'église et non au tribunal comme tel est les cas aujourd'hui. L'Etat représenté par le ministère public, devrait se déclarer incompétent dans ce dossier», pense un conseiller paroissial. Rattrapé par un fidèle qui croit pour sa part que « l'Eec ne saurait être un état dans un Etat».

Ce dimanche 11 septembre 2017, jour de Christ, des fidèles l'ont consacré à ce qu'ils ont appelé « manifestations pacifiques ». Les esplanades des paroisses ont été transformées à des sanctuaires de contestations. Pour les manifestants, une ponte du régime serait en train de manipuler les magistrats qui diligentent l'affaire, à avoir un penchant pour le Pst Priso Moungole, qui croit dur comme fer, que les élections de Ngaoundéré étaient entachées de plusieurs irrégularités. Il a demandé dans sa déposition, l'annulation des dites élections.

Ingérence ?

Ces manifestations qui visent une menace à la paix sociale, interviennent au lendemain du refus du Sous-préfet de l'Arrondissement de Yaoundé 1e, Nana Cosmos Thierry, le 6 septembre au Rév. Pst Hendje Toya Samuel, d'organiser une conférence débat dans le cadre de ses prérogatives.

Les proches du Sous-préfet, pensent que c'était une mesure conservatoire, car désamorçant une éventuelle menace à l'ordre public. Aussi, l'affaire Eec contre l'Eec reste encore pendante dans les juridictions, notamment à la Cour d'Appel de Douala. La prochaine audience étant fixée pour le 13 Octobre 2017 prochain.

En attendant, le schisme est en pôle position. Car certains du même camp pensent qu'il est trop tôt pour vilipender le ministre d'Etat, garde de sceaux. « Jusqu'ici, la procédure dans les juridictions se passent sans anomalies. Le camp Priso avait saisi le juge le référé d'heure à heure, pour annuler le bureau et mettre une équipe transitoire. Les caciques de Hendje ont fait appel, lequel appel a suspendu le jugement de référé, en attendant que les audiences au fond rendent leurs copies», a recadré un pasteur sous cape.

Avant d'ajouter « c'est une question d'argumentaires. Les deux fractions, aussi bien de la partie civile que défenderesse, ont chacune leurs défenses. Il appartiendra aux magistrats de dire le droit conformément aux éléments soumis à leurs appréciations. Ce n'est pas le fait de s'agiter qui donnera raison à l'un ou l'autre camp », et de conclure « je sers le Dieu vivant. Cette lutte est une tendance des pasteurs carriéristes qui ont pris d'assaut l'Eec et qui voient leurs intérêts menacés ».

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