12 Septembre 2017

Cameroun: Elecam - Ces pesanteurs qui plombent les inscriptions

Les populations n'affichent pas un enthousiasme particulier pour s'inscrire sur les listes électorales.La campagne d'inscription sur les listes électorales pour l'année 2017 s'est achevée le 31 août dernier.

A cette date, les chiffres rendus publics par Elections Cameroon (Elecam) restent à première vue en dessous des attentes. Cette année, un peu plus de 400 électeurs potentiels à peine se sont inscrits sur les listes électorales.

Et le pointage général au 31 août fait état de seulement (?) 6 millions d'électeurs déjà enregistrés sur près de 12 millions potentiellement. Malgré une forte sensibilisation des responsables d'Elecam, l'enthousiasme n'y est pas toujours. Même les campagnes lancées par certains partis politiques ou des acteurs de la société civile ne sont pas parvenues à inverser la tendance. Comment comprendre ce manque d'engouement des électeurs camerounais ? Les raisons peuvent être de plusieurs ordres. Et il faut analyser les données des inscriptions en fonction des régions.

Ainsi, dans la région de l'Extrême-Nord notamment, les modestes résultats enregistrés peuvent être imputables à la lutte que mène le Cameroun contre Boko Haram. Cette secte a transformé l'Extrême-Nord en une véritable zone de conflit. Dans ces conditions, les populations dont une grande partie a été emmenée à se déplacer, sont davantage soucieuses de se mettre à l'abri que d'aller s'inscrire sur les listes électorales. Dans le même ordre d'idée, au cours de la dernière campagne d'inscriptions, le climat d'instabilité qui a prévalu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a également eu un impact négatif sur la volonté des citoyens à s'inscrire sur les listes électorales. Dans ces régions depuis la fin de l'année 2016, les activités dans la plupart des secteurs ont tourné au ralenti. Par conséquent, l'inscription sur les listes électorales n'était pas forcément la priorité des citoyens. Dans les autres régions, les citoyens évoquent d'autres raisons plus personnelles pour lesquelles ils se sont inscrits ou non sur les listes électorales.

Par ailleurs, la réforme de la carte nationale d'identité qui est un document essentiel dans le processus d'enrôlement, est une des principales raisons avancées par les citoyens. D'après certains, des contraintes dans le processus d'établissement de la carte nationale d'identité constituent un motif de découragement. Pourtant, la Délégation générale à Sûreté nationale n'a eu de cesse de rappeler que la CNI peut s'obtenir dans des délais raisonnables. Les causes du manque d'engouement sont dès lors à chercher ailleurs.

L'explication

Francis Pene Tchientcheu, Délégué régional Elecam Ouest.: « Il faut des stratégies pour convaincre les populations »

Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné dans le processus des inscriptions sur les listes électorales ?

Actuellement que le processus des inscriptions est à l'arrêt. Nous sommes en train de toiletter les fichiers pour y effectuer des modifications, supprimer les doublons et radier les noms des morts. Nous allons dans les jours prochains, procéder à la distribution des cartes d'électeurs avant de faire un bilan exhaustif. Nous attendons également que les listes provisoires soient produites par le Centre national de biométrie, pour procéder à l'affichage desdites listes. Donc la mobilisation continue en permanence à Elecam. Nous rencontrons certes, quelques difficultés. Ce qui n'a pas fonctionné concerne d'abord l'inscription des femmes. Nous voulions inscrire un certain nombre de femmes. Mais nous avons constaté sur le terrain que cet objectif n'est pas facile à réaliser à l'Ouest. Si les jeunes adhèrent spontanément, certaines personnes majeures refusent catégoriquement de s'inscrire sur les listes électorales. Il faut déployer des stratégies en permanence pour convaincre toutes les couches de la population locale à s'inscrire sur les listes électorales.

Qu'est-ce qui peut justifier le manque d'engouement de la population à s'inscrire sur les listes électorales?

Le manque d'engouement est causé chez certaines personnes par le fait qu'elles ne possèdent pas encore la carte nationale d'identité (Cni). Cette difficulté est permanente dans les zones rurales, et chez certaines femmes des zones urbaines. Il y a une autre couche de la population qui manque de motivation. Ce sont celles qui attendent l'annonce d'une échéance électorale pour aller s'inscrire. Il y a enfin des couches de la population qui refusent catégoriquement de s'inscrire. Voila à notre niveau, les causes du manque d'engouement chez certaines personnes qui ne sont pas encore inscrites sur les fichiers électoraux.

Quelles solutions proposez-vous ?

Elecam continue le processus de la sensibilisation. Nous nous mobilisons pour aller vers les diverses couches de la population, où elles se trouvent, pour faciliter le processus des inscriptions sur les listes électorales. Nous continuons d'effectuer les opérations de porte à porte. Comme pistes de solutions, nous pensons qu'une bonne implication des partis politiques, des élites et des organisations non gouvernementales, va motiver les personnes qui hésitent à s'inscrire sur les listes électorales. Il faut une implication de toutes les couches de la population. Il y a aussi le processus d'établissement des Cni à faciliter dans certaines localités. Ainsi, chacun sera en possession de toutes les commodités pour s'inscrire sur une liste électorale.

Cameroun

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