12 Septembre 2017

Burundi: Les Evêques catholiques peuvent-ils empêcher le Burundi de sombrer dans une nouvelle guerre ?

Depuis que le président Pierre Nkurunziza s'est octroyé un troisième mandat en 2015 en violation de la Constitution, une nouvelle guerre plane sur le Burundi. Des mouvements rebelles se sont déclarés, même s'ils sont encore trop faibles pour faire peur au régime de Bujumbura.

Mais si l'opposition refuse hésite encore à rejoindre les groupes armés en masse, c'est qu'elle espère encore que les la crise a des chances de se régler par le dialogue.

Mais la médiation initiée par la Communauté Est-Africaine, sous l'égide du président ougandais Yoweri Museveni et de l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa n'a donné aucun fruit jusqu'à présent, parce que le pouvoir de Nkurunziza a montré très peu d'intérêt à ce dialogue.

"Sans dialogue inclusif sous peu, nous, Évêques de l'Église Catholique du #Burundi, pensons que la situation peut se détériorer davantage" pic.twitter.com/2fZOyQKqu7

- Ikiriho (@Ikiriho) September 10, 2017

La Conférence des Evêques Catholique du Burundi a compris que cette impasse est dangereuse, et a décidé d'alerter l'opinion dans un message publié vendredi le 8 septembre et lu dans toutes les Eglises ce dimanche 10 septembre.

« Nous voudrions encore une fois insister sur le dialogue inclusif qui doit être privilégié pour l'intérêt supérieur de la nation et en vue de barrer la route a tous ceux qui voudraient emprunter la voie de la guerre. Dans notre pays, nous avons souffert tellement des méfaits de la guerre dans les familles, parmi les jeunes et les adultes, qu'aucune personne responsable ne pourrait accepter que le pays replonge dans la belligérance ».

« Si ce dialogue tardait à avoir lieu, ajoute le communiqué, nous, Pasteurs de l'Eglise catholique, craignons que les problèmes actuels ne se compliquent plus. Nous pensons notamment à ceux du sens de la démocratie, du respect de la vie et des droits de l'homme, de la promotion du bien commun, de la garantie de la liberté d'expression pour tous les Burundais, de la sécurité et de la liberté de mouvement pour tous sur tout le territoire national, du droit à la participation dans la gestion du pays sans exclusion, du rapatriement des refugiés dans la dignité, de l'avenir de la jeunesse, de l'appauvrissement croissant de la population et des relations du Burundi avec les autres pays ».

Les Evêques seront-ils entendus ?

Ce qui est sûr, c'est que le Burundi n'aura pas de paix aussi longtemps que Nkurunziza n'acceptera pas, ou ne sera pas contraint de quitter le pouvoir. Depuis 2015, il est devenu une épine dans le pied de son pays, et tous ces assassinats, persécutions et violations massives des droits de l'homme n'auraient pas eu lieu s'il avait accepté de partir à la fin de ces deux mandats. Le troisième mandat est devenu synonyme de dérive dictatoriale sous laquelle les Burundais ne sont pas prêts à vivre indéfiniment. Ici, « indéfiniment » est le mot clé étant donné que Nkurunziza a déjà entamé le processus de révision de la Constitution afin de régner à vie, à la manière des Mugabe et consorts.

Les Burundais, les médiateurs et la Communauté internationale ont encore jusqu'à la fin de son troisième mandat en 2020 pour empêcher le président burundais de réaliser son projet. Si Nkurunziza réussi à s'octroyer un quatrième mandat, il n'y aura plus d'espoir de revenir à un Etat de droit par le dialogue. Et sans cet espoir, la guerre sera inévitable.

Burundi

Nouveau round du dialogue de sortie de crise annoncé comme décisif

Vers une relance d'un dialogue inter-burundais en crise depuis plus d'une année. L'équipe du facilitateur… Plus »

Copyright © 2017 This is Africa. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.