13 Septembre 2017

Burkina Faso: Louis Armand Ouali - « Que ceux qui rêvent de tirer profit se détrompent... »

Sauf erreur de notre part, on ne l'avait pas encore entendu depuis la disparition brutale de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Salifou Diallo, le 19 août dernier à Paris, en France. Mais c'est désormais chose faite.

Louis Armand Ouali, puisque c'est de lui qu'il s'agit, vient de donner de la voix. Pour lui, « tous ceux qui rêvent de tirer profit de la disparition prématurée de Salifou Diallo doivent se détromper ». C'est du moins la substance du point de vue ci-dessous.

Dans un article publié le vendredi 3 février 2012 (Le Pays n° 5044), j'ai rappelé et souligné le rôle des intellectuels : éclairer ou s'éteindre.

Mon engagement politique citoyen, de longue date, m'oblige à souligner les « bienfaits » du mode de scrutin appliqué lors des législatives au Burkina Faso.

Cet exercice intellectuel et politique contribuera, peut-être, au moins à éclairer et assainir les débats, pour la grande majorité des honnêtes gens.

Tout candidat qui a effectivement un minimum de représentativité et qui dispose d'un minimum de ressources humaines politiques de qualité (c'est-à-dire des femmes et des hommes qui sont connu(e)s et reconnu(e)s par les populations de la Province, circonscription électorale des législatives), est quasiment assuré de remporter le second (troisième... ) siège de député de sa Province.

Evidemment, le potentiel candidat doit disposer d'une organisation matérielle et financière adéquate, en plus d'une présence de terrain effective durant au moins les deux années précédant les élections législatives.

Avec la transparence que le Commission électorale nationale indépendante (CENI) imprime au scrutin depuis 2012 et surtout 2015, le jeu électoral sera de plus en plus ouvert.

Toute personne de bonne foi, tous les observateurs avertis, tous les analystes politiques sérieux, ont souligné l'évolution du paysage politique, à travers notamment la Représentation nationale où, de 2012 à 2015, les rapports de force se sont nettement améliorés.

Très précisément, l'analyse des résultats des élections législatives de 2012 et surtout de 2015 montre très clairement que quels que soient les moyens humains, matériels et financiers déployés par un parti politique, il sera de plus en plus difficile de remporter les deux sièges d'une province à deux sièges et impossible, évidemment, de remporter tous les sièges des circonscriptions électorales qui ont trois sièges et plus. Le tuk guili sera dorénavant impossible.

Politiquement donc, cela signifie que les rêves (fous ? réels ?) de Grand Partis de Gauche, du Centre ou de Droite, relèvent d'une mauvaise appréciation ou d'une ignorance de la portée réelle et des conséquences qui découlent du scrutin proportionnel au plus fort reste.

Aucun de ce type de « grands » partis politiques ne pourra disposer d'une majorité à l'Assemblée nationale, tant que la proportionnelle au plus fort reste demeurera la règle.

Dorénavant, pour constituer une majorité au Burkina Faso, il faudra nécessairement plus d'un parti politique. Et c'est bon, très bon, pour la consolidation de la démocratie républicaine et citoyenne pour laquelle des Burkinabè sont morts en octobre 2014 et septembre 2015.

Il est temps, il est grand temps de se rendre à l'évidence : la scissiparité qui caractérise les partis politiques burkinabè a pour cause principale l'absence de démocratie interne dans les partis politiques.

C'est le règne de la pensée unique, la patrimonialisation qui sévit dans ces organisations politiques, avec des déclarations malheureuses, irresponsables et inopportunes du genre : « c'est mon parti; celui, ou ceux qui ne sont pas contents n'a, n'ont qu'à aller créer leur parti; c'est MON argent ; etc. » qui crée l'exaspération et la révolte.

Tout comme l'époque des Pères fondateurs, des Timoniers est révolue à jamais, l'époque des partis politiques, propriétés privées de demiurges, d'hommes providentiels omniscients, de prophètes de nouvelles religions révélées, est derrière nous, définitivement. La démocratie a besoin de partis politiques forts pour se vivifier, pas d'hommes forts, des autocrates.

Alors ? Alors, cessons les jérémiades inutiles et les arguments infantiles du genre :

« ce sont des traîtres à la solde de ; les Ouali s'agitent pour des raisons alimentaires, la danse du ventre de l'ex-député UPC, Louis Armand Ouali, des députés traîtres recrutés par Salifou Diallo en déroute, l'UPC et les orphelins de Salifou Diallo, etc ».

De grâce, le Dr Salifou Diallo, président de l'Assemblée nationale, n'est plus du monde des vivants. Le sage rappelle fort justement que la mort, c'est l'affaire des vivants.

Oui ! Le défunt est définitivement parti. Ange ou démon ? Les vivants peuvent ergoter comme ils veulent, lui, il a fini son parcours, son chemin sur terre, il ne peut plus se défendre.

Que ceux qu'il empêchait de dormir, lui « foutent » la paix, puisque dorévenant ils peuvent dormir du sommeil du juste, s'ils ont vraiment la conscience tranquille. Rien de moins sûr...

Que ceux qui rêvent secrètement de tirer profit de la disparition prématurée de cet Homme d'Etat (adulé ou haï, c'est selon) pour enfin s'affirmer, se détrompent ; c'est Dieu seul qui élève l'être humain.

Aucun autre être humain ne peut contrarier les desseins de Dieu. Quand Dieu décide de donner le pouvoir, l'argent et surtout, par-dessus tout, le savoir et la sagesse à une de ses créatures, aucune créature humaine ne peut s'y opposer, l'en empêcher.

Monsieur Zephirin Diabré, Chef de file de l'Opposition Politique (CFOP), est l'un de ceux qui ont rendu le meilleur hommage au Président Salifou Diallo.

Pour l'histoire, la grande et vraie Histoire, il est capital que je rappelle et souligne l'hommage émouvant et véridique de mon jeune frère Zeph.

« C'était (parlant de Salifou) un stratège politique doté d'une grande capacité d'anticipation, de lecture des évènements ». Oui, Zeph, tu as non seulement raison, mais un homme politique sans ces qualités intrinsèques n'en est pas un, n'est-ce pas ?

C'est pourquoi je souligne chaque fois que j'en ai l'occasion : « malheur à l'homme politique qui fait une lecture erronée de l'histoire », je te paraphrase : qui fait une lecture erronée... des évènements.

Oui, Zeph a raison de souligner que : « Même quand il (Salif) vous a combattus, il avait la grandeur d'esprit d'oublier les malentendus et de revenir. C'est une qualité qu'un homme politique doit avoir ».

Explication de texte : un homme politique qui ne connaît pas l'humilité, un homme politique incapable autrement dit de faire son autocritique quand il s'est trompé sur le sens des... évènements, c'est-à-dire de l'Histoire, n'en est pas un. C'est vrai. C'est absolument vrai. Dont acte.

Le Président du Bureau politique national de l'UPC, Président du Parti et Chef de file de l'Opposition Politique, Zéphirin Diabré, est encore plus lyrique ; il est d'une honnêteté intellectuelle et d'une probité morale hors du commun, quand il affirme que : « Il y avait une chose que j'aimais particulièrement chez lui (Salifou Diallo): il n'avance pas masqué.

Ce qu'il pense, il le dit » (page 16 du quotidien Le pays Numéro 6412 du lundi 21 août 2017). Pour sa part, l'Observateur Paalga rapporte les propos suivants de Zeph : « Avec lui (Salif) au moins on savait à quoi s'en tenir, car il n'avançait pas masqué, souvent trop à découvert, mais avec franchise », (n° 9429 du lundi 21 août 2017, page 7).

Je suis fondamentalement d'accord avec mon jeune frère Zeph, en dehors des raisons professionnelles (chirurgiens, dentistes, forces spéciales, etc.), les êtres humains qui avancent masqués et/ou cagoulés ne méritent que le mépris, n'est-ce pas ?

Après la lecture d'un tel hymne venant de Zéphirin Diabré, qui a été l'adversaire, le compagnon puis à nouveau l'adversaire de Salifou Diallo, est-il encore besoin de supplier les adversaires et les ennemis de Salifou de le laisser reposer en paix ? A eux de juger et d'aviser. Dieu a donné, Dieu a repris. Que son nom soit loué.

Burkina Faso

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