12 Septembre 2017

Togo: Tchogo-tchogo, ça va péter

Photo: PNUD
L'Assemblée nationale togolaise (photo d'illustration).

Sitôt ouverte, sitôt suspendue. La session extraordinaire de l'Assemblée nationale togolaise ouverte hier reprendra ce matin.

Le temps que le bureau du Parlement et la conférence des présidents statuent sur le projet gouvernemental de révision constitutionnelle, notamment les articles 52, 59 et 60, relatifs à la limitation du nombre de mandats présidentiels et au mode de scrutin.

Mais pour la majorité, cette session est avant tout budgétaire, chose incompréhensible pour une opposition aux yeux de qui on ne saurait parler de budget alors que le pays traverse une grave crise qui fait craindre le retour des fantômes du passé, en particulier ceux des années 90 qui avaient pratiquement mis le pays à genoux.

Un quart de siècle plus tard, les Gnassingbé sont toujours là, le fils ayant hérité du trône du père à la mort de ce dernier en 2005.

Et à défaut de battre le record de longévité au pouvoir de papa (38 ans), il était, lui aussi, bien parti pour pousser des racines sur le fauteuil présidentiel jusqu'à ce qu'un illustre inconnu, Tikpi Atchadam, à la tête d'un tout aussi obscure parti politique, le PNP, vienne regonfler à bloc une opposition qui avait fini par devenir aphone et atone.

A l'évidence, le pouvoir togolais ne semble pas avoir vu venir cette vague subite qui déferle sur le pays. Rarement, en effet, manifestations contre le pouvoir auront rassemblé autant de monde que celles des 19 et 20 septembre dernier et par lesquelles le président Faure Essozimna Gnassingbé a dû avoir véritablement pris la mesure du danger qui menace son régime.

Parviendra-t-il à se sortir du pétrin et à sauver le patrimoine familial et clanique ? La réponse est peut-être dans cette fameuse révision constitutionnelle dont on n'a pas encore les détails.

La bagarre qui devait avoir lieu ayant été reportée, il faudra attendre la fin du processus législatif, notamment la plénière qui devrait adopter ou rejeter le projet de loi.

Dans l'absolu, c'est une relecture vertueuse puisqu'il s'agit de verrouiller le nombre de mandats présidentiels et de passer à un scrutin à deux tours au lieu du coup K.-O. comme c'est le cas au Gabon et en RDC.

Mais ce sont les non-dits et l'interprétation qui pourrait être faite de ces nouvelles dispositions qui cristallisent aujourd'hui la défiance entre les différents camps de cette crise togolaise.

Si donc la modification est vertueuse dans le principe, c'est la lecture vicieuse qui va poser problème.

Autant dire qu'au-delà de la guéguerre législative, la mère de toutes les batailles à venir est celle de la rétroactivité ou pas qui permettra à Faure ou l'empêchera de se taper deux nouveaux mandats à la fin de son bail actuel.

Car ce n'est pas au Togo qu'il y aura un téméraire David Maraga pour ramer, à ses risques et périls, à contre-courant de la volonté présidentiel.

Tchogo-tchogo, entendez par là coûte que coûte, ça va péter et cette bagarre ne peut se terminer que dans la rue, avec tout ce que cela comporte comme risques et va coûter en larmes, en sueur et en sang. Et même en cendre.

C'est seulement à ce prix qu'interviendra un changement radical au Togo. Sauf si, par extraordinaire, Faure et l'armée de faucons qui l'entourent étaient visités par la sagesse de ne pas replonger le pays dans le chaos.

Togo

L'opposition reste mobilisée

Au Togo, Faure Gnassingbé est à la tête du pays depuis 2005. Et avant lui, c'était son… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.