13 Septembre 2017

Cameroun: Endettement - La société civile dénonce l'imprévoyance du gouvernement

Les acteurs de la société civile soutiennent mordicus que si le Cameroun investissait dans des projets productifs, la dette du pays n'aurait pas atteint des proportions inquiétantes ces dernières années.

Le Cameroun, comme plusieurs pays de la Cemac, est entrainé dans une spirale de la dette, qui aujourd'hui est devenue très critique et ne cesse de croître. Elle pourra atteindre un seuil inquiétant à la fin de l'année 2017.

En fait, en mai 2017, le plafond d'endettement du Cameroun pour l'exercice budgétaire de l'année en cours a été revu à la hausse, passant de 1000 milliards de FCFA à 1 700 milliards de FCFA, dont 500 milliards de FCFA d'emprunts concessionnels et 1 200 milliards de FCFA d'emprunts non concessionnels. Toute chose qui, à la fin de cette année 2017, fera accroître de 2% le ratio dettePIB du pays par rapport à la fin d'année 2016 pour le porter à plus de 30%, apprend-on dans le rapport de l'étude de la gestion de la dette en Afrique : cas du Cameroun rédigé par Afrodad (African Forum and Network on Debt and Development).

Cette dette aujourd'hui a atteint un niveau critique, selon les spécialistes.

Pourtant, il y a quelques années, les taux de la dette du Cameroun s'étaient un peu allégés. En fait, sous l'initiative Pays pauvres très endettés (IPPTE) et l'initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM) en 2000, les indicateurs d'endettement du Cameroun ont chuté en dessous du seuil critique.

En 2006, le ratio de la dette publique au PIB a baissé à 15,8% contre 51,5% en 2000. Une tendance qui, selon les acteurs de la société civile, se serait poursuivie si le Cameroun était prévoyant dans sa politique économique.

Ces dernières années, le Cameroun n'a eu de cesse de s'endetter pour financerses projets d'infrastructures. Il a notamment fait recours à plusieurs emprunts obligataires émis sur le marché financier, ainsi qu'à un eurobond sur le marché international.

Cependant, pour les économistes, si le Cameroun se retrouve dans cette situation d'asphyxie de la dette, c'est à cause de l'imprévoyance dans sa politique économique. Il s'agit notamment de la contraction de certains crédits dans le but de financer des projets dont l'étude de faisabilité n'est pas encore achevée. Les économistes soulignent que dans ce cas de figure, on commence à payer les taux d'intérêts alors que l'argent emprunté n'est même pas encore utilisé pour le projet dont il est destiné. Parmi les projets devant être financés par l'eurobond de l'année 2016 par exemple, plusieurs d'entre eux étaient encore en cours d'étude au moment où le Cameroun a achevé cette opération, apprend-on.

Certains économistes sont unanimes sur le fait que le Cameroun contracte ces crédits pour investir dans des projets improductifs ou même dans des projets productifs à long terme.Par exemple, le Port autonome de Kribi qui a nécessité de gros investissements est un projet qui va rapporter au Cameroun dans le long terme.Ils suggèrent également d'investir dans des projets tels que les routes qui pourront désenclaver les zones de productions afin de permettre aux producteurs d'acheminer leurs productions vers les espaces marchands, centres urbains. Il faut donc,selon ces économistes, que le Cameroun soit plus prévoyant dans sa politique économique.

Qu'à cela ne tienne, ils affirment que la dette n'est pas en elle-même une mauvaise chose. « Il faut toujours s'endetter, mais, il faut maîtriser le rythme d'endettement. Et tel qu'on est entrain d'évoluer, on risque ne pas rembourser vu le niveau de dette qu'on a déjà contracté. Il faut ralentir le rythme de l'endettement pour être sûr qu'on va continuer à se prendre en charge », affirme Alain Mendouga, économiste.

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