13 Septembre 2017

Tunisie: Petit divertissement autour de vocables malveillants

Je demeure perplexe quant à l'avenir de ce pays. Cette petite presqu'île de la rive sud de la Méditerranée, ce «petit bout» de l'Afrique du Nord d'à peine 12 millions d'habitants (même pas la population de Paris, Londres ou New-York qui en font le double et le triple), sacrifiés aujourd'hui, depuis la pseudo-révolution - et encore plus, dans le lointain, depuis l'Indépendance, des décennies entières -- malmenés par la dictature.

Des générations indigentes, privées du fruit de leur travail avec leur flopée de jeunes au chômage, de plus en plus de diplômés, obligés d'émigrer, ailleurs ! Avec ou sans l'aval des pseudo-décideurs, pour trouver une vie digne et leur liberté entière. Et puis, cette poignée de malfaiteurs et d'anti-patriotes qui sont entrés dans la bergerie et comment les en faire sortir .

Ce petit pays symbolisé, dans les armoiries de l'ARP, par un curieux bateau à la dérive, soutenu par un étrange lion et deux sabres tranchants, me semble être un petit «Titanic» qui commence vraiment à couler, à cause des fuites océanes infligées par des mains traîtresses, à son rayonnement d'autrefois, son patrimoine, ses valeureux travailleurs, ses mœurs que l'on dit «légères».

Mais d'où vient l'argent qui coule à flots, dans le pays, aujourd'hui? Vous en savez la réponse, la réponse, chers lecteurs, que vous cherchez à ignorer tellement elle vous mettrait dans la stupeur! Déjà que vous êtes dans la survie, que le couffin est vide parce qu'on a fait dégringoler le dinar, peut-être volontairement, me dit-on! C'est une guerre d'usure... Il se passe de drôles de choses et la Tunisie est devenue un pays surréaliste, dadaïste et dramatique à l'envi. On a planté les décors d'un théâtre, comme à l'antique, avec de nouveaux gladiateurs enflammés --nos enfants!-- et des fauves affamés où se promènent des Néron, façon islamisés et enturbannés!

Et, en guise de divertissement, de petit divertissement, je veux commenter brièvement, ce en quoi l'argent sale est déjà le nerf de cette guerre qui a déjà commencé...

La corruption et les détournements honteux et illégaux sont au menu, depuis des mois, sur le bureau du Chef du gouvernement. On peut épiloguer là-dessus, mais la tâche est ardue et c'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin. Alignons -- comme je l'ai fait, en consultant «Le Petit Robert»-- ces vocables honteux qui ont pris une place somme toute «normale» et même «honorable» par ceux qui ont préféré vivre dans l'indignité et non le contraire.

Voici les appellations d'origine contrôlée (les AOC) par ces nouveaux tisserands du Néant : favoritisme, népotisme, dessous de table, trafic d'influence, aide (pseudo-caritative), assistance aux pauvres durant les fêtes religieuses, services rendus, entretien, appui, recommandations, détournement «légal», corruption en tout genre... Et puis, des verbes : recommander quelqu'un, épauler pour dire par exemple (et rassurer) : «Sans renoncer à notre indépendance, nous pourrions nous épauler, à un moment décisif!»

Et si ça continue comme ça, on ira même de force (gloire à notre armée nationale qui les vaincra!) «offrir des épaulettes de colonel en argent» et même «des bretelles» pour ceux qui ont la panse bedonnante, et pour ne pas tomber les pantalons» ou les serouels!

Des vocables malveillants, des gens malveillants, qui tomberont sur leur tête, un jour ou l'autre...

Tunisie

Maher Guizani (nouvel entraîneur du CSHL) - «Un vrai chantier... »

Situation alarmante, mais pas catastrophique. Les joueurs ne sont pas disciplinés et physiquement pas au point.… Plus »

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.