13 Septembre 2017

Madagascar: Réforme du secteur sécurité - Un challenge immense à relever

La mise en œuvre de la RSS a été lancée officiellement, hier. Le chantier à abattre est toutefois monumental.

Le plus dur reste à faire. Le lancement officiel de la mise en œuvre de la politique générale de la Réforme du secteur sécurité (RSS) a été fait en grandes pompes, hier au Centre de conférence internationale (CCI) d'Ivato. Si l'évènement a été placé sous le signe de la réjouissance et de l'optimisme, le chantier à abattre est, cependant, immense.

Comme l'a affirmé le général Fidy Mpanjato Rakotonarivo, directeur du cabinet militaire de la Primature et point focal des travaux d'élaboration de la lettre de politique générale de la RSS: « Le vrai travail de réforme ne fait que commencer ». Dans son allocution, le président Hery Rajaonarimampianina a également lancé qu'« il faut que nous prenions conscience de la dimension du challenge dans lequel nous nous engageons ».

Inscrit dans un chronogramme qui se poursuit jusqu'en 2021, l'objectif est que la RSS « améliore sensiblement et de manière rassurante » la capacité de l'État à lutter contre l'insécurité. Selon le chef de l'État, l'augmentation du budget à allouer aux Forces de défense et de sécurité (FDS) sera la première étape de l'application de la RSS. Ce qui devrait entraîner une augmentation de l'effectif et l'achat de nouveau matériel.

Le budget nécessaire à la concrétisation de la RSS pourrait pourtant calmer l'euphorie d'hier. Pour renforcer ses moyens propres, la Grande île compte sur le fonds de consolidation de la paix des Nations Unies. À entendre ce qui s'est dit hier, cela pourrait ne pas suffire. Le Président a indiqué que la contribution d'entités privées et des partenaires de Madagascar serait sollicitée.

Synergie

Des indiscrétions, en marge de l'évènement d'hier, indiquent qu'après l'adoption en conseil des ministres de la lettre de politique générale de la RSS, devrait se tenir une réunion des Partenaires techniques et financiers (PTF) de Madagascar, pour discuter du budget y afférent. Une contribution étrangère à une mission régalienne de l'État pourrait, toutefois, entamer sa souveraineté. Comme l'a affirmé le président de la République, par ailleurs, le concept de sécurité a changé.

Celle-ci s'étend, désormais, jusqu'au champ de la défense nationale, mais aussi, « elle est l'affaire de tous », martèlent les décideurs étatiques. C'est ainsi qu'aux côtés de l'armée, de la gendarmerie et de la police, la RSS intègre la Justice, l'administration du territoire, les services de renseignements, le Parlement et la société civile parmi les piliers de la réforme. Au regard des faits actuels, trouver une synergie entre ces différentes entités ne semble pas aisé.

Le chef de l'État soutient qu'une Justice « forte et impartiale » est nécessaire. Seulement, la situation actuelle est que des décisions de justice sont parfois remises en cause par les citoyens, mais aussi par les forces de l'ordre. Certaines ne sont pas appliquées par l'administration. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) déplore, cependant, que la non-application des décisions judiciaires torpille l'autorité et la crédibilité de la Justice.

Le président de la République a contourné la question sur cette non-application des décisions judiciaires, hier. Concernant la société civile, Hery Rajaonarimampianina a affirmé qu'ils auraient surtout le rôle d'éducateur des citoyens et de dénonciateur. Des faits indiquent, pourtant, que, lorsque les dénonciations des Organisations de la société civile (OSC) sont gênantes, elles sont étiquetées de « mauvaises langues », ou même, de « déstabilisatrices ».

Certains activistes de la société civile essuient des représailles de la part de personnalités ayant le bras long. Parlant de la lutte contre la corruption, le président de la République a évoqué l'existence des « dahalo en col blanc », dont-il reconnaît l'importance des méfaits sur le développement du pays. Le grand banditisme urbain et rural est réputé être sous la houlette de réseaux de personnalités influentes. Bien que les responsables étatiques concèdent leur existence, personne ne semble oser passer à l'action pour les anéantir, car il s'agirait d'une intervention à haut risque.

Madagascar

Union Européenne / UNICEF - Etude d'exploration d'eau souteraine dans le Sud

L'Unicef et l'Union Européenne vont lancer une recherche de solution pour améliorer l'accès… Plus »

Copyright © 2017 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.