13 Septembre 2017

Afrique: Les dossiers chauds du Cameroun à l'ONU

La 72ème Assemblée générale de l'organisation des Nations Unies s'est ouverte hier à New York, aux Etats-Unis d'Amérique. La cérémonie protocolaire à laquelle prendront part les chefs d'Etat et de gouvernement est prévue pour les prochains jours. Et à la veille de cette rencontre planétaire hautement stratégique, la présence de Paul Biya n'a pas encore été confirmée, du moins, le cabinet civil, qui a en charge la communication du Président n'a encore rien officialisé.

Mais différentes sources observent déjà des signes qui montrent que le président camerounais se fera représenter, une fois de plus, par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella. Si cette information s'avère confirmée, on donnera donc raison aux observateurs de la scène politique camerounaise qui pensent que le Chef de l'Etat camerounais évite une «confrontation» avec l'ONU.

Au regard de l'ordre du jour provisoire de la soixante-douzième session ordinaire de l'Assemblée générale de cette organisation internationale, il n'est pas exclu que des dossiers brulants du Cameroun soient débattus. Des sujets préoccupants que l'ONU suit avec beaucoup d'attention.

Le premier sujet susceptible d'être examiné en commission, c'est la situation socio-politique actuelle que traverse le pays depuis novembre 2016, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest. Cette question avait d'ailleurs suscité une sortie, en avril 2017 du chef de bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale, François Lounceny Fall. Le diplomate onusien qui s'était alors entretenu avec le Secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre de la Justice,

Garde des Sceaux, Laurent Esso, le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella et Martin Mbarga Nguelé, délégué général à la Sûreté nationale, a souhaité que «les promesses faites par le gouvernement aux syndicats et le barreau dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, se fassent rapidement».

Le 31 mai dernier, la crise anglophone est également revenue dans le rapport du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres devant le Conseil de sécurité. La rencontre de New-York sera donc l'occasion idoine de faire le point de l'implémentation des différentes promesses du gouvernement pour la sortie de crise.

REFUGIÉS

Autre sujet d'intérêt pour les Nations Unies : la gestion des réfugiés. Cette question est inscrite au 65ème point de l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations Unies. Il est donc évident que les débats toucheront la gestion des réfugiés nigérians installés à l'Extrême-Nord du Cameroun depuis 2014. Le 31 mars dernier, le Conseil de sécurité avait voté une résolution le 31 mars dernier, dans laquelle il demandait «aux gouvernements de la région (Cameroun, Tchad, Niger, Nigeria) de veiller à ce que le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leur région d'origine soit volontaire, que la décision de retourner se prenne en toute connaissance de cause, en toute sécurité et dans la dignité».

En effet, le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avait constaté que «des troupes camerounaises ont renvoyé des réfugiés contre leur volonté, sans leur laisser le temps de rassembler leurs biens personnels». L'organe onusien avait dit être «particulièrement inquiet, car ces retours forcés ont continué sans relâche après que les gouvernements du Nigeria et du Cameroun ont signé un accord tripartite avec le HCR à Yaoundé le 2 mars 2017 afin de faciliter le retour volontaire des réfugiés nigérians lorsque les conditions sont propices».

Avant de conclure que «le Cameroun a renvoyé de force plus de 2.600 réfugiés dans les villages frontaliers nigérians [...] Des réfugiés ont aussi été arrêtés lors d'une offensive militaire contre les insurgés de Boko Haram dans les Monts Mandara du côté camerounais de la frontière et ont été transportés par camions dans un camp pour déplacés à Banki, dans l'Etat nigérian de Borno». Entre temps, d'autres réfugiés ont été rappatriés par le Cameroun ; ce qui a déclenché l'arrivée à Yaoundé en juin dernier, des hautes autorités du HCR.

L'affaire Marafa Hamidou Yaya pourrait aussi être sur la table des échanges avec le Cameroun, puisque l'avis du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire s'est prononcé en faveur de la libération de l'ancien ministre d'Etat en charge de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd). Ce dernier reste emprisonné au Secrétariat d'Etat à la Défense. On se souvient que, par avis adopté le 27 avril 2016, le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies considérait que la privation de liberté de Marafa Hamidou Yaya était «arbitraire».

Et par conséquent, avait demandé depuis le 02 juin 2016, que ce dernier soit «immédiatement libéré, avec la possibilité d'un nouveau procès où tous ses droits devront être entièrement respectés, pourvu que le ministère public ait des raisons valables de le poursuivre». Difficile de dire pour l'heure si le gouvernement suivra cette recommandation.

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