13 Septembre 2017

Afrique de l'Ouest: Opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel - Quand IBK appuie sur l'accélérateur

analyse

Semaine très chargée pour le président malien, Ibrahim Boubakar Keïta (IBK) ! En effet, après avoir inauguré le 9 septembre dernier le poste de commandement de la force commune du G5 Sahel, Kankélétigui, comme on l'appelle affectueusement, a entamé une mini-tournée régionale qui l'a conduit, le 11 septembre, à Ndjamena au Tchad, et le 12 du même mois, à Niamey au Niger et à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Peu avant de prendre son bâton de pèlerin, IBK a reçu en audience, à Bamako au Mali, le président mauritanien, Mohammed Ould Abdel Aziz. Au menu des discussions : la coopération entre les pays membres du G5 Sahel et la question des contributions qui est encore très loin d'être réglée.

Or, selon le chronogramme, le premier bataillon de la force anti-djihadiste doit être opérationnel dès la fin du mois de septembre pour que puissent débuter les opérations militaires transfrontalières en octobre prochain, plus précisément dans la zone du Liptako N'Gourma et à la frontière Mali-Burkina-Niger que d'aucuns appellent à tort ou à raison le triangle de la mort. Dès lors, on comprend ce qui fait courir tant IBK.

Le jeu en vaut bien la chandelle ou du moins, devrions-nous dire, la menace terroriste vaut bien un sentier de grande randonnée. Car, comme on le sait, il y a péril en la demeure. Si fait qu'à mesure que le temps passe, les djihadistes en profitent pour étendre leurs tentacules, compromettant ainsi tout projet de développement.

La preuve vient d'en être donnée au Burkina Faso, par exemple, avec le départ annoncé, la semaine dernière, des volontaires américains connus sous le nom de Peace Corps.

C'est dire donc qu' IBK fait bien d'appuyer sur l'accélérateur afin de sortir des musettes militaires cette force commune anti-terroriste dont on parle depuis le sommet de Nouakchott en février 2015.

La lutte contre le terrorisme est délicate

En cela, sa tournée régionale est d'autant plus opportune qu'elle intervient quelques jours seulement avant l'ouverture à New York, de l'Assemblée générale des Nations unies.

Toute chose qui aura l'avantage de permettre aux dirigeants du G5 Sahel d'harmoniser leurs vues et d'adopter une position commune. Et c'est tant mieux. Car, la lutte contre le terrorisme est si délicate qu'on ne saurait la gagner sans l'implication de tous et surtout une franche et sincère collaboration des Etats.

Du reste, comment penser par exemple, que le Burkina et le Mali qui partagent en commun une frontière longue de près de 1000 kilomètres, ne mutualisent pas leurs efforts ? C'est pratiquement impossible.

Gageons donc qu'à l'issue de l'Assemblée générale de l'ONU, sera réglé définitivement le véritable goulot d'étranglement qu'est la question du financement, et que sera clairement défini le mandat de la force commune du G5 Sahel qui tarde à prendre forme.

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