13 Septembre 2017

Burkina Faso: SOROUBAT Dédougou - Le torchon brûle entre les travailleurs et la direction

Plus rien ne va entre les travailleurs de SOROUBAT (entreprise chargée du bitumage de la route n°10 Dédougou-Tougan) et leur direction. Pour se faire entendre, ils observent un arrêt de travail depuis le lundi 11 septembre 2017 en guise de protestation contre les traitements discriminatoires dont ils seraient victimes.

Tout a commencé le jeudi 7 septembre 2017 suite au décès d'un de leurs collègues du nom d'Houin Tuensi. « Suite à son décès, avec l'ensemble du personnel, nous avons demandé l'autorisation aux responsables de la société d'assister à son enterrement.

Mais ils nous ont proposé, en lieu et place, de former une délégation pour y prendre part. Non satisfaits de cette proposition et dans une synergie d'action, nous sommes allés à l'enterrement contre leur gré. Ils ont refusé de mettre à notre disposition des véhicules.

Nous avons alors marché de la base au cimetière, à environ 11 km, pour enterrer notre collègue. Quand nous sommes revenus, nous avons eu des informations laissant croire que la journée ne serait pas prise en compte.

Nous avons saisi la direction pour plus d'éclaircissements. Plus grave, nous y avons appris que le contrat de l'ouvrier décédé avait été résilié pendant qu'il était sur son lit d'hôpital », nous a relaté désabusé Wilfred Ilboudo, délégué du personnel de la société SOROUBAT RN10.

Par ce mouvement d'humeur, les travailleurs veulent exiger qu'on leur explique pourquoi leur collègue, alors qu'il était sur son lit d'hôpital, a été licencié sans qu'on en ait au préalable informé les délégués du personnel.

Au dire du délégué du personnel qui s'est exprimé, le défunt était sous contrat quand il est tombé malade. Pour Sangla Ali, un des délégués, sur le chantier, ils viennent d'horizons divers. « C'est dire donc que nous n'avons pas de famille ici ; notre seule famille, ce sont nos collègues de travail.

Si un de nos collègues décède, nous ne pouvons pas abandonner son corps, il faut qu'on l'enterre. C'est en raison de toutes ces réalités que les travailleurs ont décidé de ne pas continuer le travail sans une position claire de l'administration sur cette affaire, cela parce que la maladie et le décès peuvent arriver à n'importe qui et à n'importe quel moment », a-t-il déclaré.

Licenciements abusifs

Pire, explique Sylvain Dakuyo, « nous assistons à des licenciements massifs de jeunes de la région sans raison et à leur remplacement par des travailleurs venus de Tenkodogo et de Bittou où se trouvait un chantier de SOROUBAT. Ils sont plus de 80 jeunes à avoir été remerciés en raison de la saison pluvieuse alors que dans le cas d'espèce, on devait plutôt parler de trêve ou d'arrêt temporaire de chantier ».

A l'en croire, la situation de cette jeunesse désemparée s'est aggravée avec les récents agissements des responsables de la SOROUBAT et les difficultés ne font que croître.

C'est pourquoi ils ont tenu à le faire savoir au gouverneur par intérim, Maxime Bouda, le mardi 12 septembre 2017. En retour, M. Bouda a remercié ces employés pour leur esprit de civisme et de citoyenneté et leur a assuré qu'il examinerait avec célérité cette situation afin qu'elle ne dégénère pas.

Le chef du personnel, que nous avons rencontré, s'est refusé à tout commentaire sous prétexte qu'il n'avait pas l'aval de sa hiérarchie. Au moment où nous tracions ces lignes, un comité de crise était réuni autour du gouverneur par intérim avec tous les services techniques concernés.

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