13 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Le centre-ville de la capitale plongé dans l'insécurité totale

Des gangs ont pris d'assaut le centre-ville de Kinshasa. Le cœur de la capitale de la République démocratique du Congo est devenu un terrain de prédilection des meutes de « shégués » qui sont auteurs d'infractions de tous genres.

La police, elle, répond aux abonnés absents. Même un adulte aguerri en arts martiaux ne peut traverser deux rues, la nuit au centre-ville de Kinshasa, sans se faire agresser par ces gangs souvent drogués. Assurément, le centre-ville de Kinshasa est devenu un coin dangereux.

Le centre-ville de Kinshasa devrait être normalement le miroir de la capitale. L'assainissement, la circulation routière, la sécurité des biens et des personnes devraient y être assurés par les services compétents. Mais, il n'en est rien. Sur le plan, ne serait-ce que, de l'assainissement, plusieurs quartiers de Kinshasa n'ont rien à envier au centre-ville de la capitale pourtant le cœur des affaires. La gestion de ce petit périmètre, compris entre les avenues du Commerce et Wagenia, d'une part, et entre la Gare centrale et l'immeuble de la Regideso, d'autre part, laisse à désirer à tout point de vue, mais surtout sur le plan sécuritaire.

Des témoignages sont légion pour cas d'agression, extorsion, vol, enlèvement à plein Gombe. De jour comme de nuit, le centre-ville de Kinshasa est empesté de meutes de « shegués ». Ce vocable ne doit plus seulement désigner les enfants passant le clair de leur vie dans la rue mais il est devenu synonyme des bandits dangereux pour toute la société congolaise et les étrangers vivant en RDC.

Outre les raquettes et autres larcins que ces shegués commettent à longueur de journée au marché central, sur l'avenue du Commerce, à différents arrêts de bus ainsi que sur les parkings, ces rebuts de la société se transforment, dès la tombée de la nuit, en vrais bandits. A la faveur de l'obscurité ambiante, ces shegués se muent en malfrats. Ils agressent des passants souvent isolés sur des avenues désertes. Du boulevard du 30 Juin à l'avenue du Commerce en passant par toutes les rues comprises entre ces deux artères, les voies de la Gombe deviennent des lieux dangereux dès qu'il fait nuit. Il en est de même de l'autre côté du boulevard du 30 Juin en allant vers le fleuve Congo. Aucune rue dans ce périmètre n'est sécurisée, la nuit tombée.

Mendicité, technique d'approche

Pour commettre leur forfait, ces bandits se promènent en groupe de 3 ou 8 personnes. Si vous êtes un homme, ces bandits commencent toujours par vous demander un billet de 500 Fc ou de 1000 Fc. C'est une technique pour s'approcher de leur victime. Une fois à côté de la personne, si elle commet l'imprudence de sortir les billets qu'il détient pour leur donner, un d'eux saute sur le paquet entre la main du bienfaiteur pendant que les autres lui font les poches pour le dépouiller complètement.

« Il était 19h30. Je sortais de mon bureau pour héler un taxi. Au niveau de l'arrêt communément appelé « Vodacom » en diagonale de l'immeuble BCDC, j'ai aperçu quatre shegués adultes. Ils m'ont demandé de l'argent. J'ai sorti quelques billets de ma poche et j'ai tendu un billet de 200 Fc à celui qui m'a demandé le premier. Voyant que je m'apprêtais à remettre le reste dans la poche, un des shegués a tenté de me le ravir de force. Je lui ai asséné un coup de poing ».

Ce témoignage d'un travailleur du centre-ville de Kinshasa a été corroboré par plusieurs autres du même genre où des victimes ont été agressées puis délestées de leurs biens : téléphone, porte-monnaie, sac à dos, argent. Cependant, si certains hommes ont pu s'en tirer sans trop de dégâts, il n'en est pas le cas pour des femmes. Quand il s'agit d'une ou deux femmes, ces shegués y vont avec une brutalité inouïe pour arracher tous les biens de la victime : sac à main, téléphone, bijoux, voire les chaussures.

Il y a quelque temps, deux jeunes filles se sont vues dépouiller de leurs sacs à main sur le boulevard du 30 Juin, au niveau de l'arrêt Alimentation Express. Les bandits les ont menacées d'une machette. C'était un dimanche vers 18h00. Dimanche, tout le monde peut se faire agresser à n'importe quel moment et à n'importe quel endroit, étant donné qu'il n'y a pas affluence.

La police aux abonnés absents

La nuit, les repaires de ces bandits sont tous les coins sombres du centre-ville. C'est de là qu'ils observent leurs victimes avant de sortir pour les agresser. Ainsi, les alentours de l'immeuble Botour, de la BCDC, le long de l'avenue du Commerce, au niveau de la Gare centrale, à côté de l'arrêt Express et vers le rond-point Forescom, sont des lieux de refuge de ces malfrats.

Curieusement, tous ces forfaits sont commis à l'absence de la police. Au centre-ville de Kinshasa, il n'y a pas de sous-commissariat. A part les policiers commis à la garde des institutions comme l'Hôtel de ville, la Céni et quelques banques commerciales, il n'y a pas de policiers qui puissent sécuriser les personnes et leurs biens, surtout la nuit. Certes, il y a quelques patrouilles de police mais c'est souvent à des heures tardives. C'est rarissime de rencontrer une patrouille de police entre 19 et 23h00 au centre-ville.

Pourtant, les services de sécurité sont au courant de tous ces forfaits commis par ces bandits. La fraction de policiers postée sur le boulevard du 30 Juin au niveau des galeries présidentielles sert plus de décor que de dissuasion. Ce lieu est aussi le repaire d'une meute de shegués qui agressent les gens et commettent des larcins, sous la barbe des policiers.

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