12 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: L'élection présidentielle aura t-elle lieu en décembre 2017?

Plusieurs associations de la société civile ont rendu publique leur propre calendrier électoral. Selon ce chronogramme fictif, l'élection présidentielle peut bel et bien être organisée en décembre 2017.

Les leaders de la société civile congolaise ont proposé lundi dernier à Kinshasa leur propre calendrier électoral. Selon eux, si les autorités congolaises et la Ceni font preuve de bonne foi, l'élection présidentielle peut bien se tenir en décembre de cette année. A condition que le corps électoral soit convoqué au 1er octobre 2017. C'est pourquoi, elles invitent la Commission électorale nationale électorale indépendante à "lever les incertitudes ambiantes sur la tenue des élections devant mettre fin à la crise de légitimité institutionnelle que connaît le pays depuis fin 2016".

Au micro de la Deutsche Welle, le Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs, Me Sylvain Lumu a expliqué comment il était possible d'organiser les élections cette année: "Nous avons fait cette simulation de calendrier sur la base uniquement de la loi avec les délais qu'elle prévoit pour nous assurer qu'il est possible aujourd'hui avec les opérations en cours, que l'élection qui pose le plus de problèmes de légitimité dans notre pays et qui est à la base de la crise, soit organisée en décembre. Il y en a qui veulent les élections et d'autres qui n'en veulent pas du tout. Nous avons peur que la Ceni serve dans tout cela de bouc émissaire."

Pour la société civile donc, cette proposition du calendrier tient compte des délais convenus dans l'accord politique baptisé "Accord de la Saint-Sylvestre", signé fin 2016 par l'opposition et la majorité présidentielle sous les auspices des évêques catholiques de la CENCO.

Ces arguments sont battus en brèche par Jean-Pierre Kambila, directeur adjoint du cabinet civil du chef de l'Etat Congolais, Joseph Kabila. Il estime que "les élections auront lieu. Tous ces gens qui parlent comme ca, ils se cachent derrière une hypocrisie inacceptable. Au Kasaï, on vient à peine de commencer l'enrôlement et est-ce que ces gens savent qu'après un enrôlement, il faut encore qu'il y ait un contrôle et qu'il faut que eux-mêmes de la société civile, viennent contrôler tout ça. Les évènements montrent qu'il ne sera pas possible d'organiser les élections avant le 31 décembre de cette année."

Rappelons que les autorités congolaises ont promis de publier très rapidement un calendrier électoral. Une publication qui interviendra après l'enrôlement d'au moins 40 millions d'électeurs soit 98,9% du corps électoral. Le recensement n'a cependant pas encore commencé dans la région troublée du Kasaï.

Le rôle de l'Eglise catholique

Depuis la signature de l'accord de la Saint-Sylvestre, certains analystes ont constaté une discrétion de la part de l'Eglise catholique qui avait pourtant chapoté tout le processus. Pour l'Abbé Jean Pierre Kwambamba Masi, "l'Eglise a pu rassembler tous les acteurs politiques et on a trouvé l'accord de la Saint-Sylvestre qui était fondamental pour sortir le pays de la crise. Malheureusement, de la part du pouvoir, il n'y a pas eu de bonne volonté pour appliquer complètement cet accord. L'Eglise ne cessera pas d'inviter la population, le peuple à s'engager."

A l'invitation de l'EURAC, le réseau européen pour l'Afrique centrale, une délégation de la CENCO, la conférence épiscopale nationale du Congo, séjourne depuis ce mardi à Bruxelles. Et selon nos informations, le président congolais Joseph Kabila pourrait réunir à la fin du mois de septembre tous les acteurs politiques, pour entrevoir une sortie de crise.

C'est dans ces conditions que le nonce apostolique en République démocratique du Congo s'est rendu lundi et mardi au chevet des déplacés du Kasaï dans le centre du pays en proie depuis un an à des violences. A en croire Luis Mariano Montemayor, citant les autorités congolaises, ces violences retarderaient le processus électoral.

Selon l'ONU, les violences au Kasaï ont causé la mort de plus de 3.000 personnes, et environ 1,4 million de personnes ont fui leurs foyers. Ces violences ont éclaté en septembre 2016, soit un mois après la mort d'un chef traditionnel, Kamuina Nsapu, tué lors d'une opération militaire après s'être révolté contre le pouvoir central de Kinshasa.

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