12 Septembre 2017

Centrafrique: Nouvelles violences

Photo: © 2017 Edouard Dropsy pour Human Rights Watch
Un camp de personnes déplacées à Grimali, en République centrafricaine, où de nombreuses personnes se sont réfugiées après avoir fui les violences sévissant dans la région de Bakala, province d’Ouaka. Photo prise le 24 janvier 2017.

En République Centrafricaine, au moins six personnes ont été tuées dans de nouvelles violences à Batangafo, au nord-ouest du pays. Selon des sources humanitaires, plus de 28.000 personnes n'auraient plus accès à l'aide.

Ces violences interviennent une semaine après un rapport d'Amnesty International déplorant les actions des groupes armés non conventionnels qui commettent des exactions malgré la présence des troupes de la MINUSCA.

La recrudescence de la violence, caracterisée par l'utilisation de lance-roquettes et d'autres armes automatiques ciblant des bases humanitaires a causé le retrait de plusieurs ONG présentes sur place.

Face à ces attaques meurtrières pour les travailleurs humanitaires et les civils cherchant à se réfugier, l'assistance humanitaire est interrompue à Batangafo. L'attaque survenue il y a près d'une semaine est l'oeuvre d'individus non identifiés.

Mais le caractère des violences qui endeuillent le pays continue de diviser l'opinion. Certains parlent de conflit inter religieux. Mais Dieudonné Nzapalainga, le président de la conférence des évêques Centrafricains, rejette cette thèse.

"J'ai toujours dit que cette crise n'est pas une crise confessionnelle, c'est à dire une crise entre musulmans et chrétiens, affirme-t-il. Il s'agit d'une crise militaro-politique, parce que nous voyons des militaires, des hommes avec des armes qui arrivent et qui prennent le pouvoir.

Nous voyons des politiciens qui font des déclarations à propos de cette crise. Nous avons toujours dénoncé la manipulation de la Religion à des fins politiques et nous pensons que plus que jamais chacun doit jouer son rôle, c'est à dire inviter les uns les autres à la paix pour reconstruire le pays.

Quand il y a eu les événements, se souvient-il, moi-même j'ai accueilli chez moi l'imam qui est resté 6 mois. Si c'était une guerre confessionnelle je n'aurais pas pu l'accepter."

En juillet dernier, l'Union Africaine avait proposé une feuille de route pour rétablir la paix et la réconciliation, mais le pays peine à sortir de la crise. Mais le prélat a lui aussi une solution.

"Pour sortir de la crise, tous ceux qui ont pris des armes doivent accepter de les déposer pour s'asseoir et commencer à parler entre eux, explique-t-il. Maintenant, avec cette feuille de route et aussi avec ce que peut l'Union Africaine nous pensons que tous les belligérants doivent maintenant déposer les armes pour enterrer la hache de guerre."

Se basant sur des témoignages, Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, a mis en garde le mois dernier, contre des "signes avant-coureurs de génocide" en Centrafrique.

En savoir plus

L'ONU dénonce les violences et les abus en Centrafrique et au Burundi

A l'ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies lundi à Genève, le… Plus »

Copyright © 2017 Deutsche Welle. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.