13 Septembre 2017

Sénégal: L'Etat interpellé sur l'implantation d'usines de production de farine de poisson

Mbour — Le président de l'Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs maritimes (APRAPAM), Gaoussou Guèye, a interpellé mercredi l'Etat sénégalais sur l'implantation au Sénégal d'usines de production de farine de poisson, évoquant notamment les risques qu'elles font peser sur la sécurité alimentaire et l'environnement.

Intervenant à l'ouverture du septième Forum de la pêche artisanale, organisé à Mbour (ouest), il a demandé aux autorités sénégalaises de donner leur position par rapport à ce phénomène.

C'est "une catastrophe [... ] à tous les niveaux, notamment sur le plan alimentaire, mais aussi sur la gestion, la rationalisation et la durabilité de la ressource, a jugé l'activiste. Il a aussi alerté sur "leur impact sur le plan environnemental et la santé des populations".

"Aujourd'hui, il est tout à fait capital et même nécessaire que l'Etat nous donne sa position par rapport à ces unités de production de farine de poisson, pour qu'on puisse savoir s'il les encourage, les interdit ou veut les faire disparaître, ne serait-ce que pour une meilleure préservation de la ressource, surtout les petits pélagiques", a-t-il ajouté.

A l'en croire, en raison d'une demande accrue sur les principaux marchés internationaux, offrant des prix "très rémunérateurs", les usines de production de farine de poisson se multiplient, notamment en Afrique de l'Ouest où les quantités de poisson transformé en farine augmentent de façon exponentielle.

Au Sénégal, révèle Guèye, une dizaine d'usines auraient été agréées. En Mauritanie, leur nombre serait passé de 6 à 23 depuis dix ans, alors que deux usines auraient été récemment construites en Gambie.

"Tant que nous ne savons pas quelle est la position des pouvoirs publics vis-à-vis de ces usines de production de farine de poisson, nous allons continuer à vivre dans un dilemme. C'est pourquoi nous lançons un cri de cœur, parce qu'il est impératif d'arrêter l'installation de ces usines qui ne sont pas conformes à la durabilité et la rationalité de la ressource", a-t-il affirmé.

Il a rappelé que chaque Sénégalais doit consommer annuellement 25 kilogrammes de poisson et que le filet de sécurité alimentaire au Sénégal demeure les produits de la pêche. Alors, dans ce contexte, produire de la farine de sardinelle pour nourrir des animaux et de la volaille, pose "un véritable problème", a-t-il clamé.

"Ces usines ne riment pas avec les objectifs du Plan Sénégal émergent (PSE) qui met en priorité la restauration de la ressource, la sécurité alimentaire, la création d'emplois, une gestion durable des ressources naturelles, l'équité, entre autres", a insisté Gaoussou Guèye.

C'est pour aider les pouvoirs publics à prendre "la bonne décision", que le septième forum sur la pêche artisanale a axé sa réflexion sur le thème : "La production de farine de poisson : enjeux pour les communautés côtières ouest-africaines", a-t-il justifié.

Le rapport global de cette réflexion sera transmis à l'autorité qui va être "très bien informée", parce qu"'il y a énormément d'usines de production de farine de poisson qui travaillent sans agrément", a encore dénoncé le président de l'APRAPAM. Il demande aux corps de contrôle de l'Etat de voir de plus près comment ces usines se sont implantées au Sénégal.

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