14 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: PALU-MP - Une alliance troublante pour les Lumumbistes

Des participants au séminaire d'échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

30 septembre 2006 - 30 septembre 2017, l'alliance PALU-MP (AMP), signée avec pompe entre les deux tours de la présidentielle 2006 à l'ex-Grand Hôtel Kinshasa, va totaliser 11 ans jour pour jour. Battant de l'aile depuis plusieurs mois ou quelques années - surtout l'arrangement trouvé en 2011 pour la suite du partenariat, contrairement en 2006 où le poste de Premier ministre était réservé au PALU, n'a jamais été rendu public - cette alliance a connu un couac majeur le 28 août. L'ultimatum de trois jours lancé à la MP et la sommant de « réparer l'aventure du Kwilu » à la suite de la défaite de son candidat Floribert Luboto à l'élection des Gouverneurs dans cette province est la goutte d'eau qui a fait déverser le vase.

En attendant l'évaluation de ladite alliance, somme toute désuète et qui aura été compromettante pour le patriarche Antoine Gizenga, les deux alliés ne semblent plus émettre sur la même longueur d'ondes. La MP est préoccupée par un éventuel 3ème mandat du Président Joseph Kabila pour lequel elle multiplie, contrairement à la Constitution, des artifices politiques et juridiques, voire diplomatiques, tandis que le PALU, dont l'élite dirigeante est coupée de plus en plus de la base, est inquiet de son avenir sur l'échiquier politique tant national qu'au niveau du Bandundu, son fief naturel.

« En date du 1er septembre 2017, le chef de l'Etat a favorablement à la lettre faisant office de l'ultimatum de 3 jours le Secrétaire général chef du Parti lui avait adressée. Il a l'évaluation de l'Alliance avec le PALU en vue de sa révision. Par acte, il y a lieu d'espérer à la construction de la Gauche dans un avenir proche ». Ce bref communiqué signé le jour même Gizenga Lugi, Secrétaire permanent du PALU, fait suite à l' de trois jours lancé le dimanche 28 août par ce parti, au travers son Secrétaire général et chef du parti, Antoine Gizenga, à la MP, menaçant de « réparer l'aventure de Kwilu » au lendemain de la inattendue, au premier tour, de son candidat Floribert Luboto l'élection des gouverneurs dans cette province. Et le chef du PALU mettre la MP en demeure : « Si la réponse n'est pas positive,

l'alliance serait remise en cause car elle ne répond plus à l' que nous nous sommes fixés depuis 2006, qui était de sauvegarder acquis de la démocratie par la consolidation de la gauche pour la conquête du pouvoir par les socialistes et les lumumbistes ».

Cette menace de l'ancien Premier ministre reflète dans le chef celui-ci le niveau de colère mêlée de frustration pour avoir floué. Avec raison bien entendu. La veille du scrutin, soit vendredi 25 août, il a reçu en tête-à-tête le Président Joseph à sa résidence de Mont-Fleury. À l'issue de cet entretien ( Afrique du 28/09/2017), il a été confié à une assistante de que «Le Kwilu était dans la poche ».

En effet, un rapport venant de Bandundu, capitale de la province,

indiquait que sur les 35 députés siégeant à l'Assemblée dont dix-huit du PPRD, vingt-cinq s'étaient engagés à voter en du ticket Floribert Luboto - Nicolas Bulukungu. Mais, la vérité urnes a déjoué tous les pronostics. C'est un véritable séisme dans camp du PALU : son candidat est devancé par Michel Palabala, indépendant. Et le PALU s'estime floué et accuse la MP, son Secrétaire général, Aubin Minaku, d'avoir été à la base de débâcle.

A dire vrai, l'alliance PALU-MP est on ne peut plus désuète. Le paie-là ce partenariat contre nature qui l'a lié à la politique de Joseph Kabila depuis septembre 2006. Déjà, le l'avait sanctionné aux provinciales couplées au 2ème tour de présidentielle en octobre 2006 en lui octroyant 8 députés sur 77 sièges (10 %), alors que 3 mois plus tôt, la même lui avait accordé, sous la bannière de l'opposition à Joseph Kabila,

27 députés nationaux sur 57 sièges (44 %). Ce fut une alerte l'élite dirigeante du parti n'a pas tenu compte.

Un accord désuet

Au 1er tour de la présidentielle de 2006, Joseph Kabila réalise 7 485 voix (44,81 %) sur 16 937 534 suffrages exprimés contre 3 392 voix (20,03 %) à Jean Pierre Bemba. Il est contraint au 2ème tour.

Faisant le maximum de ses suffrages à l'Est, soit 6 734 943 - ce qui représente 88,7 % du total de ses suffrages gagnés l'ensemble du territoire national - le Président de la sortant, avec 505 387 suffrages à l'Ouest contre 2 788 572 pour Pierre Bemba (222 671 voix à l'Est), se doit d'aller à l'assaut l'Ouest, voire le Centre (Kasai), pour garantir sa victoire au tour. Et surtout pour se prévaloir d'une assise nationale. Porté bouts de bras par l'AMP, Joseph Kabila - tout en se consolidant l'Est qui lui est acquis entièrement en s'assurant le soutien de Nyamwisi et celui, au forceps, de Pierre Pay Pay - s'emploie à un pont entre l'Est et l'Ouest. Dans cette perspective, Gizenga s'impose comme le passage indiqué. Au regard, bien entendu, son poids traduit par ses suffrages dans le Bandundu et à Kinshasa.

Troisième sur le plan national avec 2 211 280 suffrages (13,06 %), est 2ème à l'Ouest avec un total de 2 013 203 suffrages, dont 445 suffrages dans la capitale et 1 564 814 suffrages dans le Bandundu, contre 2 788 572 pour le chairman du MLC. Aussi le leader du pourrait-il aider à consolider la posture du Président de République sortant au Centre dans les zones transfrontalières entre Bandundu et le Kasaï-Occidental où il compte 126 317 voix.

Autre leader en ligne de mire de Joseph Kabila à l'Ouest, c'est de l'UDEMO, François-Joseph Nzanga Mobutu. Quatrième sur le national avec 808 397 suffrages (4,77 %), il est 3ème à l'Ouest 654 689 voix, dont 622 783 acquises essentiellement dans la de l'Equateur. Son apport constituerait une porte d'entrée du de l'AMP dans cette province qui lui est réputée hostile depuis chute du maréchal Mobutu, sous la poussée des troupes de l' pilotées par son défunt père à qui il a succédé. Dans cette dernière,

Joseph Kabila recueille 37 867 voix au 1er tour.

Des tractations sur fond de garanties diverses débouchent sur alliances, sanctionnées par deux protocoles d'accord distincts. premier, liant l'AMP au PALU est signé le 30 septembre 2006 au Hôtel Kinshasa. Il porte sur la constitution d'une coalition en vue la formation de la majorité parlementaire, l'engagement du PALU instruire ses militants et sympathisants et à mobiliser tous électeurs pour le vote en faveur du candidat Joseph Kabila Kabange second tour de l'élection présidentielle et la formation gouvernement de coalition dirigé par un Premier ministre issu du PALU.

Par ailleurs, Antoine Gizenga obtient, début octobre avant le tour, 400 000 USD de «dommages et intérêts» pour les pillages de biens subis sous la Transition de Mobutu et lors de l'arrivée l'AFDL en 1997 (OMASOMBO, J., et KENNES, E., art. cit., in MBOKOLO, 2010). Il n'y eut cependant aucune expertise ni officiels, surtout, aucune indemnité versée aux familles des du PALU tués, alors qu'ils étaient venus à son secours.

Le deuxième protocole consacre les justes noces entre l'AMP l'UDEMO. Il est signé le 17 octobre 2006 au Grand Hôtel Kinshasa les mêmes termes que le premier. Le poste de Premier ministre au PALU en cas de victoire de Joseph Kabila, l'UDEMO se verra une place de préséance au Gouvernement.

Le 2ème tour a lieu le 29 octobre 2006. La CENI publie les provisoires le 15 novembre. Joseph Kabila est proclamé vainqueur 9 436 779 voix (58,05 %) contre 6 819 822 suffrages (41,95 %) pour challenger, sur un total de 16 256 601 suffrages exprimés. Le novembre, la CSJ confirme ces résultats après avoir déclaré non les moyens présentés par Jean-Pierre Bemba dans son recours annulation des résultats provisoires. Et le 06 décembre 2006, Kabila prête serment en comme premier Président élu de la République.

Chose dite chose faite. Antoine Gizenga est nommé Premier ministre 30 décembre 2006. Après plusieurs tractations, le Gouvernement est en place le 05 février 2007. François Joseph Nzanga Mobutu s'en avec le poste de Ministre d'Etat et Ministre de l'Agriculture. partisans font aussi leur entrée au Gouvernement. On les également dans la territoriale, les entreprises publiques, voire sommet de l'administration. Après deux ans d'exercice, le PALU Muzito succède au chef de son parti, visiblement fatigué par le de l'âge et dont la prestation n'a pas été à la hauteur des et de son mythe.

Après la législature 2006-2011, l'alliance PALU-MP devait, principe, cesser d'opérer ou être renouvelée. En effet, l' était de confier la primature au PALU en cas de victoire de Kabila au 2ème tour en 2006 - ce qui a été fait - et non sauvegarder les acquis de la démocratie par la consolidation de gauche congolaise pour la conquête du pouvoir par les socialistes les lumumbistes. L'arrangement trouvé en 2011 pour la suite partenariat n'a jamais été rendu public. L'on ne sait sur bases repose-t-il. C'aura été un secret. Même alors, quels sont acquis convenus entre le PALU et la MP pour la sauvegarde de démocratie par la consolidation de la gauche congolaise pour conquête du pouvoir par les socialistes et les lumumbistes ? ailleurs, de quel bilan peuvent se prévaloir le PALU et la MP après ans de cohabitation pour susciter une fois de plus l'adhésion peuple à leur projet de société, lequel peuple aspire à l' sur le plan politique ?

A tout le moins, ladite alliance est dépassée. Et le PALU même, ainsi que nous allons le voir, un allié encombrant pour la MP.

La vague Gizenza n'avait pas déferlé sur Kabila en 2006

En vue de passer le pont entre l'Est et l'Ouest, l'AMP (MP) misé sur le report des suffrages réalisés par le leader du PALU bien à Kinshasa que dans le Bandundu, ainsi que ceux récoltés celui de l'UDEMO à l'Equateur sur son candidat, à savoir Kabila. En réalité, ce report n'a pas été automatique tant sur le de suffrages que celui des circonscriptions électorales. Le des précités au Président sortant a eu un impact limité.

A l'issue du 2ème tour, en effet, Joseph Kabila a vu son s'améliorer dans le Bandundu avec 571 840 suffrages contre 51 642 1er tour. Ses points ont sans doute décuplé, mais ils cependant le tiers des voix du leader du PALU au 1er tour dans province (1 564 814 voix). Sur 16 circonscriptions remportées celui-ci au 1er tour, cinq seulement tombent dans la corbeille de allié au second tour. Celui-ci en gagne au total six sur les 20 compte la province en ajoutant une, Yumbi, qu'il avait gagnée au tour. A l'inverse, son challenger Jean Pierre Bemba passe de 188 164 877 560 voix, soit 689 396 voix de plus et l'emporte dans circonscriptions. A Kinshasa également, la moisson semble modeste le candidat de l'AMP. Il passe de 298 368 à 528 045 voix. Avec 229 de plus - ce qui représente la moitié de voix obtenues par Gizenga au 1er tour, il réalise quasiment le double de ses voix rapport au 1er tour. Il ne gagne, par contre, aucune électorale dans la capitale ; toutes les quatre, y compris gagnée par son allié au 1er tour, sont raflées par Jean Pierre Bemba.

Celui-ci obtient 1 122 231 voix contre 993 770 au 1er tour, soit 461 voix de plus. Le leader du MLC ne progresse pas non plus de remarquable dans la capitale, même s'il réalise le double de voix son adversaire, confirmant ainsi l'ancrage de Kinshasa à l'opposition.

Le recul du taux moyen de participation par rapport au 1er explique-t-il à lui seul cette posture ? Difficile à dire.

La situation est pire à l'Equateur pour Joseph Kabila. quasi-totalité des voix sont empochées par Jean Pierre Bemba, soit 372 326 voix (97,2 %). Sur 2 441 889 suffrages exprimés, en effet, Président de la République sortant ne recueille que 69 563 voix 37 274 voix au 1er tour. Soit un report de 32 489 voix contre 622 gagnées par François-Joseph Nzanga Mobutu au 1er tour dans province. Soit 77,2 % de ses voix recueillies sur toute la République.

Point de doute, la vague Gizenga n'a pas déferlé sur Joseph Kabila Kinshasa et dans le Bandundu. Pour cause, les électeurs semblent été perplexes face au revirement de leurs leaders, cela après une campagne du premier tour stigmatisant le Président Kabila. Les financiers ont également fait défaut pour le second tour : n'aurait pas eu les fonds promis pour battre campagne (Idem). Et de Saint Moulin de souligner que la population a fait preuve maturité plus que les politiciens.

Bob Kabamba, Geoffroy Matagne et Pierre Verjans arrivent à la conclusion en auscultant les résultats du 2ème tour de l' présidentielle et ceux des provinciales, organisées le même jour. soulignent que les « partis provinciaux » dont les leaders ont leur soutien à Joseph Kabila ont plutôt reculé. Le PALU obtient sièges sur les 77 en jeu dans le Bandundu, soit seulement 10 %, 44 % des sièges obtenus dans la même province pour la députation nationale.

De la même façon, l'UDEMO récolte 3 sièges sur 100 dans l'Équateur octobre, tandis qu'il avait obtenu 14 % des sièges dans la province juillet pour l'Assemblée nationale (KABAMBA, B., MATAGNE, G., & VERJANS, P, mars 2015).

En 2011, Joseph Kabila manœuvre avec la Constitution et change mode de scrutin de la présidentielle qui passe des deux tours en à un seul tour. Foulant ainsi aux pieds la majorité absolue par la Constitution afin de consolider la légitimité du Président la République. Cette trouvaille était une nécessité pour réélection. Dans la mesure où le front Est, qui avait énormément à sa victoire en 2006, était désormais lézardé avec désaffection des provinces des Nord et Sud-Kivu à sa cause. A la base,

notamment, l'entrée en lice d'un de ses anciens bras droits, l'occurrence Vital Kamerhe. Et dans une certaine mesure l'entrée dissidence de Mbusa Nyamwuisi.

Au terme d'une campagne électorale sur fond de violences et qui s' terminée dans le sang, particulièrement à Kinshasa, l' présidentielle, couplée aux législatives nationales, s'est tenue le novembre. Joseph Kabila est proclamé vainqueur le 09 décembre par CENI. Il réalise 8 880 944 voix (48,95 %) sur 18 143 104 exprimés pour un total de 32 024 640 électeurs inscrits. Il talonné par E. Tshisekedi avec 5 864 775 voix (32,33 %). Vital et Léon Kengo wa Dondo se classent troisième et quatrième respectivement 1 403 372 voix (7,7 %) et 898 362 voix (4,95%).

Ces résultats provisoires sont confirmés par la CSJ dans son RE 007 rendu en date du 16 décembre 2011. Et quatre jours après, le 20 décembre, Joseph Kabila prête serment à la Cité de l'UA.

Par rapport à 2006, Joseph Kabila recule de 10 %, alors que le d'électeurs avait augmenté, passant de 25 420 199 à 32.024.640.

Contrairement aussi à 2006, le nombre des provinces qui le portent triomphe décroit de 5 (Katanga, Province Orientale, Nord-Kivu,

Sud-Kivu) à 3 (Katanga, Province Orientale et Bandundu) ; le n'étant pas important démographiquement. Il réalise dans le Katanga,

la Province Orientale, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu 2 823 234 voix ( %), 1 279 912 (62,3 %), 712 317 suffrages (38,8 %), 599 825 (44,74 %)

contre respectivement 2 424 975 voix (93,8%), 1 574 552 voix (76 %), 888 975 voix (96 %),1 340 854 voix (98 %) au 2ème tour en 2006. Kamerhe le tire vers le bas dans le Kivu en réalisant 423 376 (23, %) au Nord-Kivu et 558 564 (41,67 %) au Sud-Kivu. Etienne n'est pas non plus en marge. Il obtient respectivement 394 suffrages (21,20 %) et 132 826 suffrages (9,91 %) dans les Nord Sud-Kivu. Les percées de Vital Kamerhe et d'Etienne Tshisekedi une indication, à n'en point douter, que le Kivu cesse d'être bastion de Joseph Kabila.

En revanche, Joseph Kabila met le Bandundu dans son escarcelle et gagne avec panache. Il y décroche 1 419 619 (73,4 %) sur 1 934 suffrages valables, presque l'équivalent du score réalisé par Gizenga au 1er tour en 2006. Mais, Léon de Saint Moulin émet doutes sur lesdits résultats. Dans la mesure où la seule MP-PALU ne suffit pas pour mobiliser tout le Bandundu au profit Président de la République sortant. L'analyse croisée des des législatives nationales et de la présidentielle - élections reste couplées - semble expliquer la préoccupation du Jésuite. résulte un paradoxe dans le chef des militants et sympathisants PALU : ceux-ci se sont mobilisés pour voter massivement pour Kabila comme candidat Président de la République et, à la fois, leur parti de plus de sièges à l'Assemblée nationale afin de ne peser dans la future coalition parlementaire. Les observateurs l'Union européenne abondent dans le même sens. Ils soulignent cette progression s'est faite dans un contexte où le PALU, participe au Gouvernement depuis 5 ans, apparaissait traversé par graves divisions entre des cadres ayant largement profité de proximité avec le pouvoir et des militants déçus par le maigre des Premiers ministres du PALU. Et d'ajouter : «Les scores par le Président sortant atteignent des sommets dans une province les cadres du régime ont le plus souvent fait leur législative en évitant d'apparaître sous la bannière du PPRD »

(Rapport de la MOEU 2011». Non sans compter que le candidat Kabila y a mené une campagne électorale discrète, plutôt morne. Et soutenir, en comparant les scores réalisés par Joseph Kabila en et en 2011, que «Le Président sortant réalise des fulgurantes que l'analyse politique rationnelle a quelque mal expliquer»(Idem).

Une alliance compromettante pour le PALU

En dehors des gains matériels en faveur de certains cadres qui profité de leur proximité avec le pouvoir, le PALU n'a pas des dividendes politiques pour se consolider sur l'échiquier national. Bien au contraire, il a entamé une liquéfaction qui rend plus en plus lâche le lien entre la base et l'élite dirigeante point de se voir privé davantage des suffrages.

Le PALU a payé un prix fort dans son bastion de Bandundu provinciales couplées au 2ème tour de la présidentielle en 2006, en obtenant 8 députés sur 77 sièges (10 %) alors qu'il y avait réalisé exploit sous la bannière de l'opposition aux législatives couplées au 1er tour de la présidentielle.

En effet, sur 500 sièges de l'Assemblée nationale en 2006, le gagne au total 34 sièges, dont 27 dans le Bandundu sur les 57 de la province. Il est ainsi la troisième force politique du après le PPRD (111 députés) et le MLC (64 députés). Les nationales étant plus laborieuses que les provinciales au vu l'étendue des circonscriptions électorales et du quotient entre ces deux scrutins, rien d'autre ne peut expliquer la déroute PALU aux provinciales que la désaffection des militants dans bastion naturel. Pour s'en convaincre, le parti continue sur la déclinatoire en 2011 : il obtient 19 sièges sur toute la République,

dont 11 dans le Bandundu sur 55 sièges que compte la province, que le Gouvernement central était sous sa direction pendant près de ans, avec tour à tour Antoine Gizenga et Adolphe Muzito comme ministre. Par contre, et c'est le paradoxe, Joseph Kabila s'est gratifier de 1 419 619 suffrages. Comme pour dire, Le PALU s' sacrifié au profit du Président de la République !

De 34 à 19 sièges sur le plan national et de 27 sièges à 11 sur plan provincial, le PALU connait une érosion en termes de sièges 2006 et 2011 : soit respectivement 44 % sur le plan national et 60 %

sur le plan provincial. Ce recul est révélateur d'une déclinaison PALU sur l'échiquier politique aussi bien national que provincial le relègue au cours de la législature 2011-2016 à la 6ème place la hiérarchie des forces politiques du pays. Ceci derrière le avec 62 députés, l'UDPS avec 41 députés, le PPPD avec 29 députés, MSR avec 27 députés et le MLC avec 22 députés.

Pour mémoire, le PPPD, avec comme leader le Prof. Ngoma Binda,

disparu depuis lors sur la scène politique nationale et ministre dans le gouvernement provincial au Kongo Central, est un multiples partis obscurs créés à la pelle à la veille de l' par Adolphe Lumanu, alors Vice-Premier ministre et ministre l'Intérieur. La stratégie était simple pour le PPRD et la MP : un bilan pour le moins scabreux, certains dignitaires désertent famille politique de Joseph Kabila pour recouvrer la politique afin d'avoir la chance de se faire élire, la aidant.

Et le comble : le PALU assume ce bilan on ne peut plus sur les deux mandats de Joseph Kabila. Il n'a jamais porté critique sur l'absence de la justice distributive, la violation de la Constitution avec notamment des arrêts controversés de la constitutionnelle et des droits de l'homme, la corruption, prédation, la paupérisation à outrance de la population,

l'instrumentalisation de la police, de l'armée, de la justice et l'administration publique, etc. Pis encore, comme c'est le présentement, le PALU n'a jamais soutenu la masse travailleuse ses revendications sociales avec les preuves qui pullulent. Tout il n'a pipé mot sur le glissement du mandat présidentiel. Somme toute, des antivaleurs contre lesquelles Patrice-Emery Lumumba s'est battu.

De quelles valeurs alors se prévaut le parti d'Antoine Gizenga et nom desquelles il prétend construire la gauche congolaise ? Il s' révélé fossoyeur des valeurs lumumbistes, plutôt que leur gardien.

A la limite, le PALU paraît ne plus avoir d'ambition comme politique. Il a perdu non seulement de sa superbe, mais aussi liberté de pensée. C'est un parti en extinction et à la traîne PPRD. Il doit son existence désormais à la seule volonté du Kabila. La récente élection des gouverneurs dans la province du en est une illustration.

Avec un parti qui n'existe, vraisemblablement, que de nom et, une certaine mesure, du « mythe » de son leader, le PALU devient allié encombrant pour la MP. Localisé à Kinshasa où il recule, une partie de l'ancien Bandundu, le Kwilu, et dans la transfrontalière entre le Kwilu et l'actuelle province du Kasai, que le traduisent les résultats de son chef en 2006 dont 96,6 % suffrages proviennent des contrées précitées, le PALU n'est plus cheval que rêve d'enfourcher la MP pour la poursuite de son aventure.

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