14 Septembre 2017

Burundi: Éducation - « Nous y perdons tous notre latin »

S'il y a bien un domaine qui fait l'unanimité, c'est bien l'éducation nationale burundaise. C'en est devenu presque le dernier symbole de l'Unité nationale, après Francine : anti, pro, au cabaret, à l'église, au marché du quartier, au cimetière... le même refrain, « le système marche sur la tête ». Une chronique de notre contributrice Lylia Ndayizeye.

Commençons par le commencement : le fondamental. On l'a critiqué dès le départ. Il était à peine annoncé, que l'on criait déjà: « Oooh, quatre cours de langue dès la primaire? - Ça n'existe pas, ça n'existe pas...

Deux professeurs par classe de secondaire pour donner toutes les matières? - Ça n'existe pas, ça n'existe pas...

Plus de concours national en fin du primaire? Et la dixième année, où est-elle? In the kitchen? - Ça n'existe pas, ça n'existe pas... »

On cria souvent, longtemps, toujours... on avança l'impossible assimilation pour nos enfants, l'ingéniosité qu'il faudrait pour les professeurs d'enseigner autant de matières quasi incompatibles, tout ça quoi. - Ça n'existe pas, ça n'existe pas...

On nous rétorqua sèchement, que les langues, c'est très bien. Qu'il faut par ailleurs, s'y prendre dès le plus jeune âge. Mutatis mutandis, toutes choses étant égales par ailleurs, l'East African Community serait in the pocket si nous maitrisions l'anglais, le swahili, en plus de notre légendaire français, et notre kirundi. On nous somma de nous adapter au changement, change we can, et tout et tout. Plait-il? - Ça n'existe pas, ça n'existe pas...

Pour les professeurs, pas de soucis! Avec une petite formation de quelques semaines, eh bien, le prof de Français maitrisa aussitôt toutes les autres langues. Ça va de soi. L'autre professeur n'eût qu'à s'occuper du reste des matières, donc les sciences, toutes les sciences! Vous verrez, nous rassura-t-on, c'est très simple.

Et on vit. On vit assez rapidement 80.000 élèves qui avaient échoué aux fameux concours, se retrouver à la rue. Pourquoi? « Je t'avais dit de couper plus court tes cheveux Océane! »

On vit des orientations scandaleuses, des mutations inhumaines de professeurs, des licenciements de directeurs, des radiations d'établissements, etc. On vit rouge, vert, mauve, bleu.

Mais tout cela, c'était avant. Bien avant, the solution! Car voyez-vous, le nœud du problème se trouve dans le cheveu... et la longueur de la jupe!

Mais, pourquoi pas!

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