29 Août 2017

Nigeria: Pénurie alarmante de personnel de santé dans les zones affectées par les conflits

Photo: © Anne Wittenberg / UNFPA
Hauwa Lassa, sage-femme, (troisième à gauche) fait une démonstration sur l'équipement d’accouchement fourni par UNFPA qui permettra des soins en toute sécurité.

Maiduguri, Nigéria — Retraitée mais pas fatiguée, c'est ainsi que les gens décrivent Hauwa Lassa, infirmière et sage-femme. Elle est sortie de sa retraite pour s'occuper des femmes et des filles touchées par le conflit armé dans le nord-est du Nigéria.

« J'ai travaillé dans le domaine de la santé maternelle dans ce pays pendant plus de 35 ans », a-t-elle déclaré à l'UNFPA à Maiduguri, où elle travaille dans un établissement de santé situé dans un des camps de déplacés. « Face à la crise que nous vivons actuellement, les femmes ont encore plus besoin de soutien. J'ai donc décidé de revenir et d'aider au centre de santé. »

Des compétences comme les siennes sont désespérément recherchées.

Les femmes au Nigeria sont déjà confrontées à l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde: une femme meurt de cause de grossesse environ toutes les neuf minutes.

Le conflit a aggravé cette situation déjà désastreuse, laissant environ 8,5 millions de personnes en situation critique nécessitant de toute urgence une assistance vitale. Des millions ont fui leurs foyers, remplissant les camps de déplacés et les centres d'accueil dans les trois états les plus touchés : Adamawa, Borno et Yobe.

L'UNFPA estime que 1,7 million de femmes touchées par le conflit sont en âge de procréer, ce qui signifie qu'elles nécessiteront des soins de santé reproductive et un suivi.

Quelque 276 000 de ces femmes sont susceptibles de tomber enceintes cette année. Le personnel de santé est indispensable pour fournir des services de santé en matière de procréation, y compris les soins obstétricaux d'urgence et traitement pour les victimes de violences sexuelles.

Formation pour un environnement de crise

Des médecins, des infirmières et des sages-femmes bien formés, comme Hauwa Lassa, constituent le socle de notre mission qui est de sauver des vies », a déclaré Ada Pouye, Coordinatrice humanitaire de l'UNFPA au Nigéria.

Afin de permettre à ce personnel de travailler dans un environnement humanitaire complexe, l'UNFPA les forme dans le Dispositif Minimum d'Urgence - une série d'actions nécessaires pour répondre aux besoins en matière de santé reproductive dans un contexte de crise. Ces actions comprennent la coordination avec les partenaires humanitaires, la fourniture de soins cliniques aux victimes de violences sexuelles, la prévention du VIH par la distribution des préservatifs et d'autres mesures préventives, et l'accès aux soins obstétricaux d'urgence.

« À ceci il faut ajouter l'équipement des établissements de santé et des hôpitaux pour des accouchements en toute sécurité, l'accès à la planification familiale et l'équipement pour la prise en charge des victimes de violence sexuelle et violence basée sur le genre. Tout cela fait partie du travail que UNFPA fourni ici », a déclaré Mme Pouye.

Mme Lassa était une parmi plus de 300 prestataires des soins de santé de l'État de Borno à avoir participé à la formation.

« Cette formation m'a énormément enrichi et je compte mettre ce savoir à profit dans mon travail quotidien », a-t-elle déclaré. « Avant, je n'aimais pas donner des contraceptifs aux femmes célibataires, je sais maintenant que je peux en donner à tous ceux qui en ont besoin. Ils servent à protéger les personnes contre les infections sexuellement transmissibles comme le VIH. Plus encore, j'ai appris qu'il est important de donner des moyens de contraception à tous ceux qui souhaitent retarder les grossesses. Je fournirai des informations aux gens à propos des préservatifs féminins et masculins parce qu'il est important qu'ils sachent qu'ils ont le choix. »

Prendre soin de ceux qui en ont le plus besoin

Mdapilawa Yatzubu a également participé à la formation de UNFPA. Elle travaille dans un centre de santé dans la localité de Biu. Là-bas, ses collègues et elle gèrent en moyenne 150 accouchements par mois. Ils fournissent également des soins prénatals, des services de planification familiale et des vaccins pour les nouveau-nés.

« Nous avons une méthode spéciale pour que les femmes reviennent pour la deuxième séance de vaccination de leur bébé après les 40 premiers jours », a expliqué Mme Yatzubu. « Nous leur offrons un petit cadeau, la plupart du temps du savon. Toutes reviennent pour le recevoir et nous vérifions leur état de santé en même temps que le bébé reçoit sa deuxième dose de vaccin. C'est ainsi que nous les suivons. »

Elle est témoin au quotidien de nombreuses complications liées aux grossesses, la plupart impliquant des saignements, hypertension et septicémie - des conditions potentiellement fatales.

« Lorsque l'état de santé d'une femme s'aggrave au point où nous ne pouvons plus nous en occuper ici, nous la transférons à l'hôpital général », a-t-elle dit. La mise en place d'un système de transfert pour les soins d'urgence est l'une des exigences du Dispositif Minimum d'Urgence. »

Les efforts déployés jusqu'à présent produisent des résultats. « Jusqu'à présent, nous n'avons eu aucun cas de décès maternel dans notre établissement de santé", a déclaré Mme Yatzubu qui est bien décidée à ce que les choses demeurent ainsi.

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