14 Septembre 2017

Tchad: Le pays "entre répression et récession"

Au Tchad, l'ONG Amnesty International accuse le régime d'Idriss Deby Itno de graves violations des droits de l'Homme. Le rapport qui couvre la période de 2015-2017 a été rendu public ce jeudi à N'Djamena.

Intitulé, "Entre répression et récession", ce rapport, est un résumé des cas de violations flagrantes des droits de l'Homme au Tchad enregistrés par l'ONG Amnesty International. Le document indique qu'en 2016, 13 décrets ministériels interdisant des manifestations pacifiques ont été répertoriés. 65 organisations ont été interdites de manifester entre 2014 et 2016.

S'ajoutent les arrestations de plusieurs activistes, leaders des organisations de la société civile et journalistes en violation totale des procédures. Ceci avec le concours de l'Agence nationale de la sécurité (ANS). Ce que déplore Balkissa Idé Siddo, chercheur à Amnesty international pour l'Afrique centrale pour qui:

"Il n'y a pas de cadre juridique bien défini qui limite les pouvoirs de l'Agence nationale de sécurité. Et donc aujourd'hui, l'ANS peut arrêter des gens comme elle le veut sans que la justice ne soit informée, sans qu'il y ait de contrôle judiciaire. Ça pose un énorme problème."

Le cas le plus flagrant, est celui de l'activiste Moyadine Tadjadine Baboury, détenu à la prison de haute sécurité de Moussoro depuis bientôt un an sans aucun jugement.

Sans oublier l'ancien maire de Moundou, Laoukein Kourayo Médard, incarcéré depuis plus de deux mois sans raison précise.

Alioune Tine, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest, exige leur libération.

"Libérez immédiatement et sans condition tous les prisonniers d'opinions. L'année dernière déjà, l'Union africaine avait placé son mandat sous le signe de la protection des droits de l'Homme. Franchement, nous demandons à ce que ces prisonniers soient libérés."

Satisfaction des défenseurs des droits de l'Homme

Les défenseurs des droits de l'Homme se disent satisfaits de la publication de ce rapport. Jacqueline Moudeina, Présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme affirme être satisfaite:

"Vous savez, si aujourd'hui nous sommes arrivés à faire la lumière sur la période Habré, c'est aussi parce que Amnesty International avait beaucoup travaillé au Tchad. J'ai toujours admiré le travail d'Amnesty International qui a aidé beaucoup de pays."

Amnesty International affirme avoir sollicité une rencontre avec les autorités tchadiennes depuis plusieurs semaines avant la publication de ce rapport, mais en vain. Jusque là, le gouvernement tchadien n'a pas souhaité réagir à ces accusations.

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