16 Septembre 2017

Centrafrique: Des groupes armés de retour au gouvernement

Au nom de la réconciliation, le président Faustin-Archange Touadéra a annoncé l'entrée au gouvernement des proches des milices, alors que ces groupes sont encore actifs.

La Centrafrique est majoritairement sous la coupe de groupes armés, jusque-là absents du gouvernement du président Touadéra, élu en 2016 sous l'égide de la France et des Nations unies. Ce nouveau gouvernement fait donc une place à des « éléments en provenance de l'ancien pouvoir » pro-musulman de Djotodia.

Plusieurs fois, Faustin-Archange Touadéra a martelé que la justice sera « implacable » envers les responsables d'exactions. Mais parmi les 34 ministres qu'il a nommés dans le deuxième gouvernement de son quinquennat, contre 23 auparavant, plusieurs sont des représentants de ces mêmes groupes armés, qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles. Selon un décompte de l'ONG Acled, leurs violences ont fait, à la date du 5 août, 1.145 morts depuis le début de l'année 2017, souvent des civils.

Le gouvernement centrafricain met en avant sa volonté de réconciliation. « Pour moi, ce sont des Centrafricains », désamorce le chef reconduit du nouveau gouvernement, Mathieu Simplice Sarandji. Parmi ces ministres, figurent des représentants de milices ex-Séléka, comme Lambert Mokove Lissane, ex-porte-parole du FPRC (Eaux et Forêts), ainsi que le chef de file du RPRC et neveu de l'ancien président Michel Djotodia, Gontran Djono Ahaba (Energie). Les anti-Balaka n'ont pas été en reste, avec Jean-Alexandre Dedet, proche de la tendance Mokom, nommé au Secrétariat du gouvernement, et Jacob Mokpem Bionli, promu ministre de la Culture et du Tourisme.

Ces nominations « envoient un message dangereux : les stratégies violentes sont récompensées, ce qui risque d'alimenter de nouvelles vagues meurtrières », estime Nathalia Dukhan, spécialiste de la Centrafrique au sein du think-thank Enough Project. Par contre, un membre éminent du nouveau gouvernement, sous-couvert d'anonymat, affirme : « c'est une main tendue du pouvoir aux groupes armés, et particulièrement au FPRC ».

Ce remaniement intervient alors qu'une Cour Pénale Spéciale (CPS) doit bientôt commencer à instruire les nombreux crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Centrafrique depuis 2003. Dans ce contexte, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a déclaré que « le dialogue politique nécessaire à la sortie de la crise ne doit en aucun cas empêcher la bonne marche de la justice et la lutte contre l'impunité à laquelle s'est engagé le président Touadera ».

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