18 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Les passeports semi-biométriques retirés de la circulation

Vendredi dernier, le gouvernement a annoncé que les passeports semi-biométriques ne seraient plus valables à partir du 16 octobre 2017, c'est-dire-dans un mois. Cette décision agace de nombreux Congolais.

Selon le communiqué du Vice-Ministre des Affaires Etrangères, Aggée Aje Matembo Toto, les passeports ainsi invalidés seront retirés à leurs détenteurs à tous les postes frontaliers "contre remise d'une photocopie qui leur permettra de solliciter le nouveau passeport biométrique". Le communiqué précise que "les anciens passeports congolais semi-biométriques encore en circulation n'auront plus cours légal sur toute l'étendue" du pays et que "les détenteurs de ces passeports ne pourront plus être autorisés à franchir la frontière tant à l'entrée qu'à la sortie du territoire national".

La mesure prise par les autorités congolaises est motivée par le souci de moderniser l'identification des Congolais, déclare à la Deutsche Welle, Jean-Pierre Kambila Kankwende, directeur de cabinet adjoint, en charge des questions politiques, administratives et juridiques du président Joseph Kabila. A l'en croire, "le passeport que nous utilisons était un passeport qui ne correspond pas aux normes internationales actuelles. Quelles sont les sanctions qui ont été prises jusqu'à présent, par rapport à ceux qui n'ont pas réglé ça ? Les pays étrangers qui délivrent les visas à nos compatriotes refusent d'accepter ce passeport là. Comment voulez-vous qu'on le maintienne ? Nous répondons à une pression internationale, selon laquelle, nous devons avoir les passeports biométriques", poursuit-il.

Moratoire

Dans une correspondance adressée samedi dernier au Premier ministre Bruno Tshibala, le Président du Mouvement citoyen UJANA, juge inopportun la prise de cette décision dont les conséquences sont incalculables. "Nous estimons que la validité d'un passeport est de cinq ans. Donc, on ne peut pas en moins de dix ans changer trois fois de passeport et à un coût relativement élevé, autour de 250 à 300 dollars, tous frais compris. Il y a des compatriotes qui ont obtenu ces passeports biométriques et ont des visas longs séjours. Et sur les visas, on met le numéro du passeport. Donc, retirer ces passeports semi-biométriques à cette catégorie de compatriotes, c'est en réalité les mettre dans une situation d'irrégularités et d'illégalité dans leur pays d'accueil", a expliqué Félix Momat.

Conflit d'intérêt ?

Officiellement, le passeport biométrique devrait coûter 185 dollars. Le gouvernement Congolais ne toucherait qu'à peine 65 dollars de cette somme, révèle une enquête menée par l'agence Reuters. La différence serait reversée à Semlex, une entreprise produisant les documents de voyage et basée en Belgique ainsi qu'à LRPS, compagnie établie aux Émirats arabes unis, et dont la propriétaire n'est autre que Makie Makolo Wangoi. Cette proche du président Joseph Kabila Kabengue a déjà été cité dans l'enquête publié en juillet dernier par l'agence Bloomberg retraçant la mainmise du clan Kabila dans les sociétés minières de la RDC. De nombreux observateurs s'interrogent sur ce qui se cache derrière cette décision gouvernementale. La décision d'invalider les passeports semi-biométriques viserait-elle uniquement à renflouer les caisses de l'Etat ? Une mesure prise alors que le pays traverse déjà une crise économique et financière.

Plainte devant la Cour suprême de justice

Suite à la décision du Ministère des Affaires étrangères et Intégration régionale de retirer de la circulation tous les passeports semi-biométriques, Me Toussaint Alonga Likili, décide de porter plainte contre l'Etat congolais.

"Mes avocats vont déposer, dès demain, (NDLR, ce mardi 19 septembre 2017) une requête au niveau de la Cour suprême de justice déférant ainsi la mesure impopulaire du gouvernement en ce qui concerne le délai de 30 jours au-delà pour invalider les passeports", a dit le député national de la Convention chrétienne pour la démocratie, un parti d'opposition. L'opposant estime que "cette mesure viole les droits acquis qui constitue une sécurité juridique pour tout bénéficiaire des actes administratifs".

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