18 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Les réfugiés burundais en danger !

Photo: Le Pays
Photo d'archives

La mort des 36 réfugiés burundais, vendredi dernier dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) a suscité l'émoi des Nations unies, de sorte que le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) a demandé l'ouverture d'une enquête.

Des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) ont ouvert le feu sur ces déplacés alors qu'ils manifestaient pour réclamer le relâchement de quatre d'entre eux arrêtés quelques jours plus tôt.

Les victimes, toutes adeptes de la secte dirigée par la prophétesse Zébiya, avaient fui des représailles dans leur pays, en 2015, pour se réfugier dans la ville congolaise de Kamanyola, à la frontière entre les deux Etats.

En effet, près de 200 adeptes de ce groupe religieux avaient été condamnés en 2013 par la justice burundaise à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour « désobéissance civile ».

La prophétesse Zébiya assurait avoir reçu à Businde, au nord du Burundi, des visions de la part de la Vierge Marie pour justifier l'attitude des membres de son mouvement religieux. Au lendemain de la fusillade, les messages de protestation et d'indignation ne se sont pas fait attendre.

A commencer par celui du HCR, qui a dénoncé un usage disproportionné de la force, se déclarant « sous le choc et attristé ».

Selon la version des autorités congolaises, les forces armées ont tenté de disperser les manifestants et ont été prises à parti par ces derniers qui ont tué une personne dans le rang de l'armée.

C'est ainsi que la situation a dégénéré, a expliqué Josué Boji, directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur du Sud-Kivu, tout en ajoutant que 124 réfugiés ont été blessés lors de cet affrontement dans cette partie de la RDC en proie à des violences depuis plus de deux décennies. Cette version du gouvernement congolais est réfutée par des réfugiés rescapés de Zébiya.

Ces derniers, qui disent craindre pour leurs compatriotes encore hébergés dans des familles congolaises, affirment s'être rendus dans une base de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO), après des courses poursuites avec des citoyens de leur pays d'accueil.

Bujumbura demande, pour sa part, que toute la lumière soit faite sur les circonstances dans lesquelles ses ressortissants ont trouvé la mort, exigeant des explications aux autorités de la RDC.

« Des éclaircissements sont nécessaires sur les circonstances de cette fusillade », a réagi le ministre burundais des Relations extérieures, Alain-Aimé Nyamitwe, sur son compte Twitter.

Au nombre des messages de condamnation, celui du chef de la MONUSCO, Maman Sidikou, qui s'est fendu d'un communiqué dans lequel il rappelle l'obligation pour les forces de défense et de sécurité de ne recourir à la force qu'en dernier ressort. Et cela dans le strict respect des principes de nécessité, de proportionnalité et de légalité, conformément aux standards internationaux.

Aussi a-t-il appelé les autorités à ouvrir « promptement des enquêtes judiciaires ». Cet énième acte de violence à l'égard des citoyens burundais vient rappeler la nécessité pour le président Pierre Nkurunziza d'écouter la voix de son peuple s'il aime vraiment son pays.

Depuis sa candidature contestée pour un troisième mandat et sa réélection controversée en 2015, le Burundi se noie dans une crise politique émaillée de violences sans précédent.

Des violences qui ont déjà fait environ 2000 morts et poussé plus de 400 000 Burundais à l'exil. Malheureusement l'homme fort de Bujumbura ne semble pas se laisser émouvoir par la souffrance de ses concitoyens. Et il n'y a qu'à voir l'énergie déployée par Nkurunziza pour s'accrocher au pouvoir, pour s'en convaincre !

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