19 Septembre 2017

Tunisie: La grande crainte du déclassement social

D'un autre côté, la paupérisation de la population fait qu'elle ne peut même plus s'approvisionner décemment en volailles.

Une anecdote sur la vente de la viande d'âne du côté de la rue des salines et Bab Khadra pour nourrir les ménages de souche pauvre refait surface et trouble l'opinion publique. Le risque sur le plan sanitaire est dû aux conditions douteuses de son abattage hormis qu'elle soit impropre à la consommation. Récemment, dans nos colonnes, on évoquait les arnaques des commerçants ayant tendance à surenchérir les prix de façon détournée notamment ceux des produits alimentaires. La tasse est pleine. A ce sujet, l'Organisation de défense du consommateur a été contactée pour évoquer les mesures et les réponses que doit apporter le gouvernement face à la pression exercée sur les revenus des ménages et foyers tunisiens.

M. Slim Saâdallah, président de l'O.D.C, donne l'alerte sur le combat à mener contre les circuits de distribution informels. «On va constituer un bureau national sous forme d'observatoire au cours de cette semaine pour évaluer point par point les orientations nécessaires, les manquements signalés dans l'intérêt du consommateur. Depuis 2012, on se focalise sur tout ce qui entrave de près ou de loin le niveau de vie du consommateur. Le grand problème a trait à la distribution via des circuits parallèles qui pénalisent fortement les ménages tunisiens et leur pouvoir d'achat. 40% seulement de la production agricole transitent par le circuit organisé via la distribution au marché de gros contre 60% par le marché parallèle !».

C'est que les marchands de fruits et légumes contournent le paiement par des factures réglementaires pour éviter le contrôle économique, vendre sur le marché parallèle et générer des gains faciles. Pour la petite histoire, cet été, un vendeur ambulant de figues de barbarie et de pêches, originaire de Siliana, a réussi à se débrouiller. Il a généré des bénéfices de 500 dinars la semaine, un mois durant, dans un quartier huppé de la capitale. Cela démontre le malaise que vit le secteur agroalimentaire avec cette fracture entre deux marchés légal et illégal qui sont concurrents en termes de parts de marché.

Juriste de formation, M. Taoufik Ben Jmii renchérit dans ce sens : «Le taux d'inflation s'élève actuellement à hauteur de 5,7%. C'est un indice de mesure des prix à la consommation sur ce que l'on peut acheter comme biens et services avec notre dinar. La hausse de l'inflation a pour conséquence directe la dégradation du pouvoir d'achat».

Les prix des produits agroalimentaires s'affolent

L'inflation s'est répercutée sur les prix des produits de base de l'industrie agroalimentaire qui ont augmenté en moyenne de 5%. «Le prix des viandes a augmenté de 4,7% , les huiles de 18%, le prix des légumes aussi ne cesse de grimper». De plus, la succession des dépenses de Ramadan auxquelles sont venues s'ajouter celles de l'Aïd Kebir et de la rentrée scolaire adossées au montant de la facture de l'électricité n'a cessé de fragiliser les foyers tunisiens. «On ne peut gérer l'inflation d'une façon si légère, il faut des politiques urgentes à court terme». Un message sans ambages de M. Ben Jmii qui veut que l'on saisisse le taureau par les cornes. Il préconise un ensemble de solutions rapides et vitales dont l'augmentation de produits, la rationalisation de la consommation nationale, une plus grande célérité des échanges commerciaux, une meilleure stabilisation de la demande, voire l'augmentation des salaires afin d'inverser la spirale négative : «La Banque centrale de Tunisie et l'Etat doivent gérer l'aspect monétaire lié au pouvoir d'achat à travers des mesures de court terme, mais aussi de moyen et long terme. C'est devenu un tracas et un véritable fardeau pour les générations futures. Les gens en viennent à ne plus acheter ou consommer, c'est inquiétant. Il faut rééquilibrer le pouvoir d'achat de façon impérative». On peut le constater de visu dans une zone du centre-ville où une enseigne internationale de vêtements a fini par fermer boutique.

La classe moyenne tunisienne est en train de s'effriter en s'appauvrissant de plus en plus. Ce sont les revenus des ménages tunisiens qui s'en ressentent le plus. Une des solutions pour s'en sortir est l'acquisition de petits crédits pour pouvoir subvenir aux besoins et maintenir l'équilibre financier du foyer. «La relance de l'économie passe par l'accroissement de la production, une meilleure productivité, et ce, afin d'aboutir à une répartition des richesses plus équitable», conclut le juriste.

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