19 Septembre 2017

Cameroun: Droits des peuples autochtones - L'accaparement des terres par les multinationales sur le banc des accusés

C'est l'un des fâcheux constats faits jeudi dernier à Yaoundé au jour de la célébration des 10 ans de la Déclarations des Nations unies sur les Droits des peuples autochtones (Dnudpa). A également été mise en index lors de cet évènement qui a tenu lieu d'Assemblée régionale de l'International Land Coalition (ILC) Afrique, sous l'égide de l'Ong camerounaise dénommée Centre pour l'environnement et le développement (Ced), le clair-obscur de la Constitution camerounaise sur le sujet.

Du 12 au 15 septembre 2017, s'est tenue à Yaoundé la capitale camerounaise, l'Assemblée régionale de l'ICL Afrique, sur le thème « La gouvernance foncière en Afrique : défis et solutions tirées des expériences nationales ». Le contexte, était l'évaluation après 10 ans de ratification par le Cameroun, et de bien d'autres pays africains, de la Dnudpa. Un conclave qui a connu la participation de plusieurs pays du continent, dont le Kenya, la RD Congo, le Malawi. A en croire les organisateurs de la rencontre, le choix du thème des travaux trouve ses fondements dans les multiples problèmes fonciers qui au cours des dernières décennies, auront dominé les débats politiques et économiques des communautés en Afrique. Préoccupation a qui déterminé l'ILC à mettre l'accent sur la gouvernance et la réforme foncière.

Pour ce qui est du cas du Cameroun, a laissé entendre Samuel Nguiffo le secrétaire général (Sg) du Ced, la Constitution camerounaise reconnait les droits des peuples mais conserve une ambigüité dans la mesure où elle ne dit pas de quels peuples autochtones il s'agit. Et le SG du Ced, Ong qui travaille à la bonne

gouvernance foncière et forestière ainsi qu'à l'environnement et au développement durable, de tancer l'accaparement des terres des peuples autochtones par les multinationales. « Les multinationales expulsent les autochtones de leurs terres ancestrales, persécutent par des attaques criminelles et trainent sans fondement en justice, les défenseurs des droits des peuples autochtones », s'indignera Samuel Nguiffo. Pour ce dernier, si on exproprie les gens et on ne leur offre pas le nécessaire pour reconstruire, et en ignorant leur mode de vie, on les installe à des lieux qui ne leur conviennent pas. « C'est une façon de résoudre leurs problèmes sans eux-mêmes, sans s'enquérir de leurs besoins », dira-t-il enfin.

Pour la délégation de la RD Congo, la question des droits des autochtones au pays de Kabila, est liée à la marginalisation. Pour l'un des membres de cette délégation, on n'enregistre pas beaucoup d'avancées au niveau africain. Par contre, le plénipotentiaire kenyan qui a reconnu des avancées notables dans son pays, invite cependant le gouvernement à domestiquer les lois y afférentes.

Globalement, au terme de l'Assemblée régionale de l'ILC de Yaoundé, il ressort que l'absence de volonté politique, plombe encore sérieusement la mise œuvre de la Dnudpa, 10 ans après sa sortie des fonts baptismaux, et sa ratification par bien de pays africains. Autant donc faire comme la Namibie qui ne l'a pas ratifiée.

Cameroun

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