19 Septembre 2017

Afrique: La France se dit déterminée à mettre en oeuvre l'Accord de Paris sur le climat

Le Président de la France, Emmanuel Macron, s'est dit déterminé mardi à poursuivre la mise en œuvre de l'Accord de Paris sur le climat malgré la décision des Etats-Unis de se retirer de cet accord, lors d'un discours prononcé ce mardi au débat général de la 72e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York.

« Les dérèglements climatiques font voler en éclats la traditionnelle opposition entre le Nord et le Sud. Nous sommes tous frappés par les emballements terribles du climat, de la Chine aux Caraïbes en passant par la Russie ou la Corne de l'Afrique », a dit le chef de l'Etat français.

Dans ce contexte, « détricoter l'Accord de Paris serait détruire un pacte qui n'est pas seulement entre les Etats, mais entre les générations », a-t-il ajouté.

M. Macron a dit « respecter la décision des Etats-Unis » de se retirer de cet accord. « La porte leur sera toujours ouverte.

Mais nous continuerons, avec tous les gouvernements, avec les collectivités locales, les villes, les entreprises, les ONG, les citoyens du monde à mettre en oeuvre l'Accord de Paris.

Nous avons pour nous la force des pionniers, l'endurance, la certitude et l'énergie de ceux qui veulent construire un monde meilleur ».

Dans cet esprit, le Président français a réitéré sa promesse d'un octroi par la France de « 5 milliards d'euros par an à l'action sur le climat » d'ici à 2020, ainsi que la présentation à l'Assemblée générale d'un nouveau texte, le 'Pacte mondial pour l'environnement'.

L'ambition de ce texte sera de « forger le droit international du siècle qui vient » en matière de climat, « avec l'appui des agences de l'ONU ».

Des Nations Unies, le Président français a loué la volonté de réforme. Il a souhaité que l'Organisation soit « moins bureaucratique », plus « agile », mieux coordonnée avec d'autres acteurs internationaux, comme l'Union européenne (UE) ou l'Union africaine. « Nous avons besoin de sortir de nos bureaux », a-t-il souligné.

M. Macron a par ailleurs défendu l'accord sur le nucléaire iranien. « Notre engagement sur la non-prolifération nucléaire a permis d'obtenir le 14 juillet 2015 un accord solide, robuste et vérifiable qui permet de garantir que l'Iran ne se dotera pas de l'arme nucléaire. Le dénoncer serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable », a-t-il dit.

Le Président français a aussi évoqué le manque de développement comme l'une des causes profondes du terrorisme et a proposé plusieurs solutions « de long terme » pour le combattre. « Sans développement, la sécurité est une vue de l'esprit », a-t-il estimé.

Concrètement, la France promet de consacrer 0,55% de son revenu national pour l'aide publique au développement d'ici cinq ans : « cette promesse, cette fois, sera tenue, parce qu'elle est sincère et réaliste ».

Toujours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le chef de l'Etat français a appelé la communauté internationale à investir dans l'éducation, avec, en ligne de mire, une conférence à Dakar (Sénégal) en 2018 co-présidée par la France et le Sénégal, qui devrait relancer le programme de Partenariat mondial pour l'éducation.

L'utilisation d'Internet par les réseaux terroristes est un autre front sur lequel la France souhaite développer la collaboration des nations. « Nous devons tous nous protéger en unissant nos forces et notre sécurité devient la première priorité.

C'est le sens des initiatives que la France porte pour lutter contre l'utilisation d'Internet par les terroristes et contre toutes les sources de leur financement - nous organiserons en 2018 une conférence sur ce combat, dans lequel je vous appelle à tous vous engager », a-t-il dit.

S'agissant de la Syrie, la France soutient les efforts des Nations Unies et souhaite « enclencher, enfin, une feuille de route politique inclusive », a souligné M. Macron.

Il a souhaité « lancer un groupe de contact avec tous les membres du P5 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité) et l'ensemble des parties prenantes ».

Le chef de l'Etat français a enfin appelé à la désignation d'un Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies sur la protection des journalistes dans le monde.

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