20 Septembre 2017

Ile Maurice: Propos insultants - Rutnah «aboie», la caravane passe

Énième dérapage du Deputy Chief Whip du gouvernement hier soir, mardi 19 septembre. Ce qui devait être une réunion du Muvman Liberater à Trèfles a vite pris des allures de règlement de comptes quand Ravi Rutnah s'en est pris à des journalistes. Avec véhémence, le Deputy Chief Whip a déclaré : «Pa enn dé trwa ti fémel zournalis ki pou vinn sem la divizion dan sa péi la.»

Visant une journaliste en particulier, Ravi Rutnah a déclaré que «eski li vo pou enn lisien femel limem seki ekrir koumsa lor mwa la?» Le Deputy Chief Whip de l'opposition s'oppose à ce que la journaliste en question l'a traité d'aboyeur. Un terme défini dans le Petit Larousse illustré 2017 comme «une personne dont le métier exige qu'elle parle en criant».

Cette déclaration, il l'a faite devant la ministre de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille, Fazila Jeewa-Daureeawoo, et devant le Premier ministre par intérim, Ivan Collendavelloo, qui a même serré la main à Ravi Rutnah par la suite. D'ailleurs, le n°2 du gouvernement a tenté de minimiser ce dérapage en soulignant que les journalistes «emmerdent » souvent Ravi Rutnah. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Sur le moment, Fazila Jeewa- Daureeawoo n'a rien dit. Sollicitée par la suite, elle a affirmé : «Je lui ai fait la remarque qui s'impose, que chacun assume la responsabilité de ses propos.»

Les propos de Ravi Rutnah ont choqué les journalistes de l'express, de même que des observateurs et députés. Alan Ganoo, par exemple, a immédiatement réagi sur sa page Facebook.

Réactions

Des journalistes de «l'express»

Nad Sivaramen, directeur des publications de La Sentinelle:«Plus rien ne m'étonne venant de ce tombeau vide, tombé par malheur dans la politique.»

Ruth Rajaysur : «Personne ne mérite de tels propos. Si Ravi Rutnah veut être respecté, il doit pouvoir respecter les autres. J'attends des excuses publiques de sa part.»

Karen Walter : «On ne traite personne de "femel". Hier soir, un parlementaire du gouvernement l'a dit devant une assistance, on record et en présence de la ministre de l'Égalité des genres, Fazila Jeewa-Daureeawoo. Le Premier ministre ainsi que la première dame ne peuvent pas rester insensibles face à la révolte populaire qu'ont générée les propos honteux de Ravi Rutnah. Qu'ils agissent de manière forte ou l'histoire retiendra qu'ils ont été complices de telles atrocités.»

Hansini Bhoobdasur : «Pourquoi le n°2 du gouvernement de même que les autres ministres présents sont-ils restés silencieux ? Cautionnent-ils de tels propos ? C'est vraiment dommage que quelqu'un comme Rutnah siège à l'Assemblée nationale. Il n'en est pas digne et n'inspire aucun respect.»

Anne-Lise Mestry : «Ce qui est le plus horrible c'est que je ne suis même pas choquée. Ravi Rutnah est un personnage grossier qui souffre de diarrhée verbale. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, c'est symptomatique d'un grand manque de respect aux femmes et cela continuera tant qu'on aura des femmes "token" au Parlement comme Fazila Jeewa-Daureeawoo qui était présente à cet événement et qui n'a pas bougé le petit doigt.»

Estelle Bastien : «Ravi Rutnah a oublié ce qu'est le respect ou il n'en a jamais eu. Avec de tels propos, il ne mérite pas de servir le pays. Maurice mérite mieux que lui.»

Audrey Harelle : «Ravi Rutnah est misogyne et insultant. Cela fait toute la différence... Quelle hauteur, quelle majesté. Savoir se placer ainsi au-dessus de la meute mériterait une médaille. Dommage que l'on ne sache quel collier lui accrocher. C'est un chien fou parti sans laisse. Et sûrement qu'il ne laissera pas de traces non plus, si ce n'est celle de son aptitude à calculer le prix du pain.»

Lubina Rampersand : «Un discours si agressif venant d'un député vient démontrer qu'il est immature et qu'il occulte des enjeux beaucoup plus importants pour le pays. Avec de tels politiciens, nous sommes certains de patauger dans la médiocrité. Il ne voit même pas qu'il se dénigre lui-même.»

Nafiisah Peerbaye : «Je suis outrée, surtout qu'il n'est pas que parlementaire mais aussi un avocat. Il ne mesure pas ses paroles et doit en assumer les conséquences. C'est choquant d'entendre un avocat, qui se doit de défendre l'intérêt du public, s'attaquer à la gent féminine.»

Priya Luckoo : «C'est écoeurant. Ravi Rutnah a insulté toutes les femmes. Il doit s'excuser en public.»

Anju Ramgulam : «À force d'aboyer des conneries, il va finir par se mordre aux prochaines élections. En attendant, il faudrait lui mettre une muselière.»

Yamini Putchay : «C'est honteux, on ne traite personne de la sorte, que ce soit femme ou homme.»

Shelby Emilien : «Inadmissibles, dégoûtants et révoltants les propos de Ravi Rutnah à l'encontre des journalistes. Il devrait présenter des excuses publiques pour avoir tenu de tels propos contre une professionnelle de la presse.»

Manisha Deena : «C'est quoi le pire dans l'histoire ? La déclaration de Rutnah ou le fait qu'il ait pu débiter de telles choses en présence de la ministre de l'Égalité des genres ? Les mots ne suffisent pas pour condamner de tels propos.»

Joelle Elix : «Inacceptable qu'un élu du gouvernement parle ainsi. On exige des excuses publiques.»

Reema Tiwari-Meetoo : «On dirait que les membres de Lepep n'ont aucun respect pour la femme.»

Selvanee Vencatareddy : «C'est triste que le pays ait un parlementaire comme Rutnah et c'est encore plus triste que celle qui doit défendre les droits de la femme n'ait pas dénoncé cela.»

Laetitia Melidor : «Je suis surtout triste pour mon pays. Quelle honte que Ravi Rutnah soit un député de la République. Il a démontré à maintes reprises qu'il n'est pas digne de siéger à l'Assemblée nationale. Plus rien ne m'étonne d'un personnage aussi petit et vulgaire. Je suis toutefois surprise et outrée que la ministre de l'Égalité des genres n'ait pas jugé utile de l'interrompre, quel exemple !»

Observateurs et parlementaires

Loga Virahsawmy, ex-directrice de Gender Links : «Heureusement que je ne l'ai pas entendu. S'il a dit cela, c'est bien grave. Je ne sais pas où on va, il est temps de mettre de l'ordre. Le Premier ministre doit absolument le rappeler à l'ordre. Quel modèle ils donnent à leurs enfants ?»

Malini Sewocksingh, députée : «Je n'ai pas de mots. C'est du n'importe quoi, horrible, on ne peut pas accepter une telle chose. Surtout qu'il y avait la ministre de l'Égalité des genres. On injecte l'argent public dans le Parliamentary Gender Caucus, ça sert à quoi ? Le ministère de l'Égalité des genres sert à quoi si les parlementaires même disent des imbécillités comme celles-ci ?»

Danielle Selvon, députée : «C'est une honte que la ministre de la femme était présente. Il faut condamner cela sévèrement, ce n'est pas un lapsus de Ravi Rutnah, elle aurait dû quitter la réunion, c'est déplorable. Ils seront encore plus vite balayés du pouvoir car aucune femme ne pourrait, dès maintenant, accorder le moindre vote à ce gouvernement. Ils ne sont pas les premiers ni les seuls des genres au gouvernement. Cela, alors qu'ils savent bien que leur traitement des femmes ne fait qu'encourager davantage la forte criminalité enregistrée chaque semaine contre les femmes : meurtres, tortures en tous genres, agressions des plus violentes, et j'en passe.»

Alan Ganoo, député : «Je condamne sévèrement les attaques de l'honorable Rutnah (...) Les propos utilisés sont honteux et inacceptables. Maurice a fait un long chemin pour l'égalité des genres. Les commentaires de Rutnah sont une honte à tous les politiciens et sont inappropriés à un moment où il y a l'unanimité dans le pays pour augmenter la représentation féminine au Parlement.»

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