20 Septembre 2017

Tunisie: Une force de proposition au service de l'investissement

"Il s'agit d'une demande exprimée par un certain nombre de chambres mixtes dont les membres sont essentiellement des chefs d'entreprise qui ont toujours fait confiance au site tunisien des affaires, fait des investissements dans notre pays et entendent développer leurs activités. Leur démarche est simple : unir leurs forces en vue de rendre cet objectif réalisable, dans le contexte actuel que connaît la Tunisie", souligne Foued Lakhoua, président du CCM.

Le Conseil comporte 14 chambres mixtes qui forment son comité constitutif. M. Lakhoua précise que le nombre d'entreprises étrangères représentées au CCM est de 3242, l'équivalent de 95% des entreprises étrangères installées en Tunisie, employant plus de 360 mille personnes. Le Conseil aura, ainsi, une présidence tournante pour une durée de six mois, et chaque membre aura droit à une seule voix dans la prise de décision.

M. Lakhoua indique également que le CCM sera une structure souple, qui ne vient pas se substituer aux chambres mixtes, mais se propose de fédérer leurs efforts sur des questions et des dossiers d'intérêt commun. Ainsi, les deux grands objectifs de cette nouvelle structure consistent à en faire un porte-voix des entreprises étrangères, mixtes et tunisiennes et une interface d'intervention pour protéger les intérêts ainsi qu'à être un acteur qui oeuvre à marqueter le site Tunisie, notamment pour les nouveaux investissements directs étrangers.

Préoccupations

De son côté, Mourad Fradi, président de la Chambre tuniso-italienne du Commerce et de l'Industrie, affirme que le Conseil sera un bon cadre pour partager les préoccupations des chambres mixtes, surtout en ce qui concerne la réforme de l'investissement en Tunisie. "Il s'agit d'une structure qui nous permettra de mieux coordonner nos actions communes et faire entendre notre voix. Nous voulons tous une meilleure attraction de l'investissement en Tunisie, mais nous avons des préoccupations telles que la question de l'exonération des bénéfices provenant de l'export. Une question qui pourra bien booster l'investissement dans le pays", indique-t-il. Il ajoute que le nombre d'investisseurs a diminué sensiblement, ces dernières années, estimant qu'il y a des difficultés à marqueter le pays.

Pour Ibrahim Dabeche, président de la Chambre tuniso-allemande du Commerce et de l'Industrie (AHK), le Conseil permettrait aux chambres mixtes d'être une force de proposition par rapport aux grandes réformes entreprises et face aux enjeux communs. Il indique que l'AHK a déjà fait part des préoccupations de ses adhérents dans le cadre de son baromètre annuel. Ce baromètre a montré que plus de 70% des entreprises interrogées ont affirmé leur volonté d'augmenter leurs investissements et leurs effectifs.

Mais il a montré également que certains secteurs comme le secteur Textile et Habillement enregistrent de faibles proportions d'investissements nouveaux alors que des secteurs comme l'industrie mécanique et électrique et l'automobile se portent plutôt bien. Ce qui requiert une intervention plus poussée des autorités publiques. De même, certains atouts de la Tunisie sont en dégradation à l'instar des avantages fiscaux, surtout après la réglementation sur la contribution généralisée avec effet rétroactif.

Cependant, l'Allemagne reste intéressée et souhaiterait investir en Tunisie, selon M. Dabeche, dans d'autres secteurs porteurs, comme les énergies renouvelables, l'industrie agroalimentaire et l'industrie pharmaceutique.

Partenaires

D'un autre côté, Zied Laâdhari, ministre de l'Investissement, du Développement et de la Coopération internationale, a affirmé qu'il est important de travailler ensemble pour améliorer la visibilité de la Tunisie en tant que site attractif pour l'investissement.

"Vous êtes nos meilleures ambassadeurs. Vous êtes les témoins d'une meilleure stabilisation politico-sociale du pays. Nous devons consolider ensemble cette reprise économique et lancer un plan de relance économique. Vous êtes nos partenaires pour ce lancement", s'adresse-t-il aux représentants des chambres mixtes et des entreprises étrangères en Tunisie.

Il souligne aussi qu'il y a un besoin d'une réflexion collective pour identifier les grands investisseurs et les convaincre de venir s'installer en Tunisie.

Le président du Conseil précise que les chambres mixtes ont été engagés, avant même la création de la structure, dans la coordination de leurs actions pour traiter des problématiques spécifiques et proposer des solutions, à l'instar du processus d'élaboration de la nouvelle loi sur l'investissement. D'ailleurs, l'un des membres du Conseil sera membre de l'Instance Tunisienne sur l'Investissement.

De même pour la loi de Finances, puisque les chambres mixtes ont élaboré un document commun synthétisant leurs attentes et leurs demandes en la matière. Une approche qui sera adoptée lors de la réunion prévue prochainement avec le Chef du gouvernement. M. Lakhoua indique que le Conseil entend également engager des actions en collaboration avec l'Association Professionnelle des Banques et des Etablissements Financiers (Apbef) sur la nouvelle loi des changes ainsi que différentes questions comme l'open sky.

Tunisie

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