20 Septembre 2017

Sénégal: Guerre larvée au sein du domaine agricole communautaire de Sefa à Sédhiou

C'est une polémique au parfum de crise et de guerre larvée qui prévaut entre anciens et nouveaux responsables du Programme des domaines agricoles communautaires du Sénégal (PRODAC).

Suite à la manifestation de rue organisée, dimanche dernier, par des producteurs dénonçant de mauvaises conditions de travail et l'incompétence du nouveau coordonnateur, les partisans de ce dernier ont organisé, à leur tour, hier mardi, une visite guidée suivie d'un point de presse. Sans ambages, ils ont pointé un doigt accusateur sur Jean Pierre Senghor, ancien patron, au motif qu'il serait derrière les «agitateurs». Réactions contre actions, la polémique prend les tournures de déballages dans la gestion du PRODAC.

Deux jours après la sortie des producteurs des Domaines agricoles communautaires (DAC) de Séfa dénonçant la mauvaise qualité des semences, la rupture de l'approvisionnement de l'aliment des poissons de la station piscicole et la défaillance dans le système d'assurance, la coordination nationale du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC) réagit en envoyant une mission d'inspection sur le terrain. Celle-ci qualifie les manifestants d'individus de mauvaise foi, portant un combat de dénigrement.

Charlotte William, la responsable de l'exploitation piscicole du DAC de Séfa a fait savoir que «des gens ont fait des déclarations dans les médias, faisant état de manque d'aliments pour les poissons à l'origine de leur mort. Ce qui est faux car les poissons peuvent rester longtemps sans manger de l'aliment de fabrication industrielle tout en sachant que les poissons dans les bassins consomment des phytoplanctons». Et Charlotte de poursuivre: «les aliments n'étaient pas en grande quantité, certes, mais il en restait. Et, si c'est en petite quantité, ce sont les techniciens qui se chargent de les donner aux poissons et si c'est beaucoup on les remet aux GEA (Groupement d'entrepreneurs agricoles). La mortalité de certains sujets parmi les poissons, c'est tout à fait normal car cela est inhérent à l'élevage en général. Quelques deux, trois ou six mortalités, ce n'est pas grave vraiment».

Ababacar Abdoulaye Coly, gérant de GEA relève, quant à lui, que ceux qui prétendent s'exprimer au nom des producteurs ne le sont pas. «Je suis surpris car on ne peut pas faire de l'usurpation sur le titre de producteur. Nous, nous sommes ici et ces gens qui crient à cor et à cri ne sont pas, pour la plupart, des producteurs du DAC. Ils sont montés de toutes pièces pour dénigrer le travail que nous faisons sur place».

Lui emboitant le pas, Kémo Barro, un producteur de Koussy ajoute que «ceux qui étaient à la manifestation du dimanche étaient bernés, sous le prétexte que la mobilisation était pour accueillir un ministre alors que la fronde, dit-il, est contre l'actuel coordonnateur Mamina Daffé». De son côté, Mamadou Diallo président du Comité de gestion du DAC de Séfa déclare que seul son chef de DAC est son interlocuteur et n'a pas grand-chose à dire sur le sujet.

Le directeur des opérations attaque et menace de faire des déballages

Bafodé Cissé, le directeur des opérations du PRODAC indique que la mission de leur programme n'est pas que des campagnes agricoles, mais surtout, dit-il, des infrastructures d'incubation. «La campagne agricole dure trois mois et ce ne sont pas ces campagnes qui vont créer des emplois attendus. Aujourd'hui, la priorité pour le PRODAC c'est de réaliser des infrastructures d'incubation pour la création des emplois pérennes. Il s'agit du Centre de formation et de service agricole. Nous sommes à environ 80% du taux de réalisation et nous comptons réceptionner l'ouvrage, dans 45 jours au plus. Et, ce sont ces résultats qui vont nous permettre d'atteindre les résultats assignés au PRODAC».

Intervenant au sujet des supputations indexant l'ancien coordonnateur national du PRODAC, Jean Pierre Senghor, comme instigateur de ce mouvement de dénigrement contre son remplaçant Mamina Daffé, Bafodé Cissé confirme et accuse. «Jean Pierre Senghor doit savoir raison garder. Il est parti et c'est Mamina qui est là. Et, malheureusement, il est en train de ramer à contre-courant du programme du chef de l'Etat. Actuellement il y a 80 tonnes de maïs hybride de mauvaise qualité qu'il a payés, à raison de 8000 francs le kilogramme, soit 480 millions. Il faut qu'il arrête, sinon on va déballer ses malversations».

Nos services ont tenté de joindre, en vain, Jean Pierre Senghor. Et, un de ses proches nous a renseigné qu'il est en mission hors du pays, en Côte d'Ivoire, précise-t-il.

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