20 Septembre 2017

Afrique: E. Macron, défenseur du continent

analyse

Pour son premier discours sous l'étoffe de président de la France devant l'Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron s'est totalement démarqué de son homologue américain. Face à l'approche unilatéraliste de Trump, Macron prône une vision multilatérale du monde, où l'Afrique aura un rôle à jouer. Outre l'engagement de la France dans la région du Sahel, le président français a promis de consentir 0,55% d'aide au développement en faveur du continent noir. Bref, Emmanuel Macron s'est révélé grand défenseur de l'Afrique.

Mardi, tous les projecteurs du monde étaient braqués sur New York, siège des Nations unies. Pour leurs premiers pas dans les arcanes des Nations unies, les présidents américain et français ont été au rendez-vous. Donald Trump et Emmanuel Macron se sont adressés aux 130 délégations conviées à la 72ème Assemblée générale de l'ONU. A noter tout de suite qu'il s'agit pour les deux chefs d'Etat de leur première prestation du haut de la tribune des Nations unies.

A l'analyse de leurs discours respectifs, il se dégage désormais deux visions du monde différentes. Il y a d'un côté, l'unilatéralisme des Etats-Unis et le multilatéralisme de la France. Face à Donald Trump replié sur son pays qu'il fait passer au premier plan avant toute chose, Emmanuel Macron s'est montré plutôt conciliant, prônant contre l'unilatéralisme américain un « multilatéralisme fort » pour relever ensemble les grands défis du monde. « C'est par le multilatéralisme que nous règlerons les conflits », a assené le président français devant le parterre de dirigeants. Et de poursuivre : « Nous devons réconcilier notre intérêt et nos valeurs ». Face aux crises, il a invité les responsables à « sortir de leur bureau », « sortir des dogmes » et écouter « les voix des oubliés ».

Membre du G7, cartel de sept pays les plus industrialisés du monde, la France ne veut pas jouer aux abonnés absents. Devant l'ONU, Macron n'a éludé aucune question.

Le nucléaire iranien, la crise en Syrie, les provocations de la Corée du Nord, l'Accord de Paris, la lutte contre le terrorisme, et bien d'autres ont été abordés par le président français. La France veut être présente dans le concert du monde et porter haut sa voix pour faire triompher ses idéaux. A New York, Emmanuel Macron entend jouer au garde-fou face à la fouge protectionniste de Donald Trump.

La France toujours attachée à l'Afrique

Si le président des Etats-Unis ne s'est pas intéressé à l'Afrique, Emmanuel Macron a accordé une place de choix au continent noir qui rentre, a-t-il indiqué, dans le dispositif de la politique étrangère de la France. Dans la lutte contre le terrorisme, Macron n'entend pas imposer une vision unilatérale de la France. Il est plutôt favorable à une coopération bâtie sur le respect mutuel sans enfreindre à la souveraineté de qui ce soit. Dans sa politique africaine, la France, a dit son président, repose sa stratégie sur deux piliers : la démocratie et le développement. A Paris, on est convaincu que l'Afrique a une chance d'aborder un tournant décisif dans la mise en œuvre d'un plan engagé de développement. Mais, pour y arriver, Paris préconise que l'Afrique se dote d'institutions stables et démocratiques, capables de canaliser les aspirations de tout un continent vers le développement.

D'ores et déjà, le président français a promis du haut de la tribune des Nations unies d'accroître jusqu'à 0,55% son aide au développement en faveur de l'Afrique. A l'Afrique, préconise-t-il en même temps, de se préparer pour aménager une terre fertile à cette manne française.

Sans s'avouer vaincu sur la crise du Sahel où la France est restée très active dans la pacification de cette partie névralgique de l'Afrique, Macron invite le monde à se mobiliser pour appuyer les efforts des pays du G5 (regroupement composé de cinq pays du Sahel) dans la lutte contre le terrorisme.

En ce qui concerne la démocratie, la France, qui a bâti sa prospérité sur les vertus de la liberté et de l'égalité, n'entend pas laisser l'Afrique à la traine. Du haut de la tribune des Nations unies, Emmanuel Macron a plaidé pour des régimes stables et démocratiques dans la nouvelle forme de coopération multilatérale que prône la France.

A New York, le président français a marqué des points - bien plus que son homologue américain qui s'est recroquevillé sur son Amérique natale. Aux Nations unies, la France est allée défendre une vision globale du monde où l'isolationnisme n'a plus de place. Tout le monde, croit-il, gagne dans un multilatéralisme fort. Pas la peine, dit-il, de s'enfermer dans son cercle, sans se soucier du reste du monde qui brûle.

L'Afrique a trouvé en Macron un défenseur de premier rang. Au continent de s'adapter à la nouvelle dynamique qui se met en place à l'échelle mondiale. Néanmoins, pour la France, la démocratie par l'émergence des pouvoirs stables est un gage pour le développement.

Est-ce un mot d'ordre ou une ligne de conduite à suivre ? C'est l'un et l'autre. On ne sera donc pas surpris de voir la France se mettre aux côtés des peuples africains pour extirper des régimes dictatoriaux qui constituent de vraies pesanteurs aux nombreux appuis au développement déployés à travers le monde.

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