20 Septembre 2017

Sénégal: Des jeunes de la banlieue pauvre qui domptent leur environnement urbain

Photo: Abdou Rahmane
Les organisations de jeunes présentent leurs réalisations aux autorités de Plan International

Les enfants et jeunes marginalisés de la banlieue pauvre de Dakar prennent de plus en plus leur responsabilité dans l’entretien et la préservation de leur environnement urbain. C’est à l’image de ceux qui ont bénéficié du projet « Ville, amie des enfants et des jeunes » qui est financé par l’ONG Plan Danemark et mis en œuvre par Plan Sénégal, accompagné de deux partenaires locaux que sont l’Association pour le Développement de Médina Gounass (ADMG), Eau Vie Environnement (EVE) et cinq groupes de jeunes.

Malgré la réputation de cadre miné par les difficultés de la vie telles que l’insécurité, la pauvreté, la débauche…la banlieue dakaroise recèle de jeunes au talent insoupçonné d’artistes, de manageurs, de décideurs, de journalistes, d’animateurs audiovisuels...

La visite que la délégation de l’ONG Plan International, avec à sa tête, sa Directrice des Opérations au niveau Mondial, Mme Gabriella Bucher, a effectué, ce 19 septembre à la Commune de Médina Gounass, dans le populeux département de Guédiawaye, a permis de s’en rendre compte.

Accompagnée du Directeur Régional de l’Afrique de l’Ouest et le Directeur National de Plan International dans la banlieue de Dakar, le numéro 2 de Plan international a pu découvrir les principales réalisations du projet « Ville, amie des enfants et des jeunes ». « Avec cette visite, il était question de venir s’enquérir des activités de Plan et mesurer l’implication des jeunes et voir comment notre action contribue à leur transformation », soulignait d’emblée Mme Bucher.

A travers une planche servie au public et des tubes aux rythmes de la musique urbaine de style rap, les jeunes ont, via des messages forts, exposé les connaissances acquises ainsi que leurs aptitudes à contribuer à « parfaire » leur environnement immédiat.

Les nombreuses réalisations exposées laissent transparaitre une volonté de participation, d’afficher un leadership, éclairer la lanterne des jeunes et en faire des acteurs de développement. « Nous n’attendons personnes pour développer nos localités ; jeunes engagés, nous n’avions besoin que de moyens que Plan, ADMG et EVE nous ont apporté ».

Ces jeunes de la banlieue ont valorisé sur des édifices d’utilité publique notamment des dispensaires, écoles, centres sociaux, espaces publics abandonnés qui faisaient office de dépotoirs anarchiques d’ordures, des espaces en état de dégradation…

Dans un discours engagé, les jeunes ont montré leur détermination à se positionner comme précurseurs dans toute action pouvant leur permettre d’être des acteurs de développement et non de simples observateurs. Ce qui laisse transparaître le profil de « jeunes actifs pour un développement participatif ».

La directrice de Plan Sénégal, Mme Oumy Lakh Sall, souligne que ce cadre avec le projet « Ville, amie des enfants et des jeunes » dont l’objectif global est d’autonomiser les enfants et les jeunes marginalisés afin qu’ils prennent la responsabilité sur la gestion de leur environnement urbain dans les banlieues pauvres comme Guédiawaye et Pikine.

Avant de préciser que depuis 2014, le projet accompagne ces groupes de jeunes citoyens actifs, dans la revendication de leurs droits et l’amélioration de leur environnement en impliquant étroitement leurs autorités locales concernées.

Les jeunes ont ainsi bénéficié de formations en gestion urbaine, gestion de projet, planification opérationnelle, financement, mise en œuvre des activités…

Mme Lakh Sall de préciser que « dans tous les projets mis en œuvres, l’équilibre genre est respecté. Il arrive dans certains projet que les filles soient plus nombreuses comme dans le cadre du projet « Agir Ensemble » où elles sont plus nombreuses dans le club de handball ».

La stratégie 2017 – 2021 de Plan en marche

Dans cette même dynamique, le Directeur Régional de Plan Afrique de l’Ouest et du Centre M. Rotimy Djossaya, de replacer ce projet dans le cadre de la Stratégie Globale (2017 – 2021) de Plan International lancée le 1er juillet 2016. Ce qui, selon lui, met clairement en exergue le fait que Plan veut avoir des changements profonds dans la qualité de vie des enfants, particulièrement des filles.

« Nous voulons dans le monde que 100 millions de filles puissent apprendre, s’améliorer dans leur décision, leur façon de diriger et de décider. Ce que nous avons vu aujourd’hui dans la banlieue dakaroise atteste du fait que c’est possible. Nous avons des talents qu’il faut mettre au service de la communauté comme ces jeunes sont en train de le faire », s’est-il réjoui.

Cette option est une manière de faire face à la situation des enfants, des jeunes et particulièrement des filles, jugée préoccupante dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, frappé par des situations de crise que nous connaissons.

C’est ainsi qu’en dehors de Dakar, le projet « Ville, amie des enfants et des jeunes » intervient dans quatre autres ville que sont Monrovia (Libéria), Freetown (Sierra Léone), Lusaka (Zambie) et Harare (Zimbabwe). Initié en 2014, il est entièrement financé par le ministère des affaires étrangères du Danemark.

Compte tenu de sa pertinence, M. Djossaya estime qu’il faut identifier les défis majeurs de la communauté, les toucher du doigt pour que les choses changent. Avant d’avancer : « On est heureux de voir que les situations ont positivement évolué dans la banlieue dakaroise après la mise en œuvre des projets. Nous voulons en tant que Plan International, au-delà des projets, réfléchir à notre ambition pour les pays et les régions dans lesquels nous sommes. Nous sommes heureux d’être des accompagnateurs ou facilitateurs des changements ».

Les responsables de Plan disent être conscients de rien pouvoir changer de façon durable sans la prise en compte des réalités et cultures locales. « Nous menons une approche holistique, proche et intégré qui prend en compte ces réalités et qui travaille avec tous les acteurs pour amorcer ces changements durables que nous voulons voir se mettre en place ».

Une école primaire et un centre de santé pour 40 mille habitants

Tombé sous le charme du talent exhibé par les jeunes de sa commune, le maire de Médina Gounass, M. Baïdy Ba de s’écrier : « La banlieue est en train de tirer profit des retombées de l’appui de Plan Sénégal ».

En tant qu’élu, M. Ba confie que Plan Sénégal l’a, en quelque sorte, aidé à tenir l’une des promesses faites aux populations qui était de réfectionner et d’étendre la seule école primaire dont dispose sa commune. « On sent Plan à nos côté et les résultats sont palpables dans les secteurs de l’éducation, la santé, les inondations…»

L’édile de Médina Gounass a profité de cette opportunité pour sensibiliser les responsables de Plan International sur la nécessité de disposer d’une nouvelle école primaire dans une commune qui compte 40 mille âmes. Ce qui, à son avis, donnera la chance à plus d’enfants d’aller à l’école, notamment les filles.

L’appui de Plan et des autres partenaires est également attendu dans le secteur de la santé d’une commune qui ne dispose que d’un seul centre de santé. Sur ce point, la commune sollicite l’achèvement des travaux et la fonctionnalité d’une salle de nutrition. Une urgence qui, d’après lui, permettra de faire face au problème de malnutrition qui frappe une bonne frange des enfants de la commune.

Des inquiétudes qui seront dissipées par la posture de Mme Sall qui réitère l’engagement de Plan Sénégal à renouveler son appui à travers son programme urbain.

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