20 Septembre 2017

Soudan: Certains pays cités dans la déstabilisation du Soudan

Photo: Adriane Ohanesian/ Deutsche Welle
Armée de libération du Soudan Le photojournaliste Adriane Ohanesian a été reconnu avec le Prix 2015 Anja Niedringhaus Courage en photojournalisme pour son travail, dont une grande partie se concentre sur la capture de scènes de la région autour du Soudan et du Darfour. Cette photo de 2015 montre que l'Armée de libération du Soudan dirigée par Abdul Wahid (SLA-AW) grimpe vers le front dans le dernier territoire rebelle du Darfour central.

Les récents combats ayant opposé au Darfour les Forces armées du Soudan aux combattants de deux groupes rebelles soudanais armés venus respectivement de la Libye et de la République du Soudan du Sud ont permis de découvrir comment ces groupes rebelles résistent, d'où proviennent leurs soutiens et qui leur fournissent véhicules de combat, armes et munitions. La situation vécue par le Soudan serait la même pour certains autres États.

Les forces gouvernementales du Soudan ont récemment tué au Darfour plus de 17 rebelles soudanais (parmi lesquels quelques uns de leurs leaders) des deux groupes armés venus de la Libye et du Soudan du Sud. Les troupes loyalistes ont également détruit et récupéré plusieurs véhicules de combat, des armes et munitions utilisés par ces rebelles et dont l'origine a été identifiée.

Des informations documentées par les autorités compétentes de la République du Soudan et parvenues à la presse ont, en effet, indiqué que certains pays voisins du Soudan, dont la République du Soudan du Sud, et la branche armée du général libyen Khalifa ne cessent d'apporter leur soutien logistique, moral et matériel aux mouvements armés (SPLA-WA dirigé par le chef rebelle Abdel Wahid Mohamed Al Nur ; le SPLA-MM de Mini Minawi ; le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) dirigé par Jibril Ibrahim et le SPLA-N dirigé par Malik Agar) hostiles au régime de Khartoum.

Plusieurs sortes d'assistance

Ces leaders des mouvements armés ennemis du Soudan, relèvent ces informations recoupées, bénéficient de plusieurs sortes d'assistance de la part des autorités du Soudan du Sud telles que les accommodations dans des hôtels et villas à Juba, la délivrance des passeports sud-soudanais leur permettant de se mouvoir partout, allant jusqu'à les aider à établir des camps d'entraînement dans certains États du pays dont Bahr El Gazal et les États d'Unité et d'Équatoria où sont cantonnés leurs combattants en prévision d'éventuelles attaques contre la région occidentale du Soudan.

Les preuves du soutien logistique de la République du Soudan du Sud aux rebelles armés soudanais se sont confirmées davantage par les 70 véhicules militaires pour le transport des troupes, d'armes et des munitions récupérés par les Forces du soutien rapide (FSR) lors des affrontements du mois de mai 2017. Alors que ces sources notent que les ordres de mission des leaders de ces groupes rebelles sont toujours signés par le général sud-soudanais Akol Majok et ses collaborateurs.

Il est aujourd'hui clair que le Soudan du Sud et le général rebelle libyen, maréchal Khalifa Haftar, sont les plus grands fournisseurs en armes et munitions ainsi que des véhicules blindés, comme l'a prouvé la récupération, au mois de mai dernier par les Forces armées soudanaises aux mains des groupes armés au Darfour, des six chars de combats de fabrication égyptienne, lors de la récente agression contre le Darfour.

Aussi, notent ces sources, la plupart des blessés dans les rangs des rebelles soudanais sont-ils habituellement soignés dans des hôpitaux militaires sud-soudanais, respectivement à Juba et dans certaines villes du sud-soudan, dont Waw et Raja, ainsi qu'au Caire en Égypte.

Ces derniers auraient participé soit aux attaques des rebelles contre le territoire soudanais en Kordofan du Sud et au Nil bleu, soit aux cotés des forces gouvernementales de Juba, dans la guerre civile qui se pérennise dans ce nouvel État d'Afrique depuis décembre 2013.

Il est également indiqué que, dans le cadre du soutien aux mouvements rebelles soudanais, le Service général de renseignements égyptiens (Egis) facilite souvent des rencontres entre les officiels égyptiens dont l'actuel président égyptien Abdel Fattah Al Sissi et des leaders de ces groupes armés soudanais.

L'Egis, note-t-on, prépare parfois des réunions secrètes entre les chefs rebelles soudanais et le général libyen Khalifa Haftar au Caire et encourage ces deux parties à coopérer et coordonner les efforts visant à déstabiliser le régime de Khartoum.

Un pays d'accueil aux opposants soudanais

La République arabe d'Égypte est accusée de devenir, ces dernières années, un pays d'accueil des opposants au régime de Khartoum.

Cette accusation est motivée par le cas de l'opposant soudanais Sadik Al-Mahdi, qui a passé plus de deux ans en Égypte et bénéficié du soutien des autorités égyptiennes qui lui ont facilité ses différentes rencontres avec des rebelles soudanais de tout bord et les ambassades occidentales accréditées dans la capitale égyptienne, alors qu'un rapport de l'ONU du lundi 16 janvier a noté que le sud de la Libye servait de base arrière aux mouvements d'opposition du Darfour au Soudan.

Des exactions commises par les rebelles

Dans leur retrait vers la Libye mais aussi vers le Soudan du Sud, deux mouvements rebelles soudanais, poussés par l'avancée de l'armée loyaliste au Darfour, sont accusés de commettre toutes sortes d'exaction alors qu'ils déclarent vouloir se réorganiser.

Cette arrivée en masse des milices soudanaise du Darfour, après le revers qu'ils ont subi ces derniers mois, a accentué les trafics de tout genre auquel ils se livrent dans le sud de la Libye.

Un récent rapport de l'ONU a même indiqué que c'était une région qui échappait à toute autorité et qui constituait un paradis pour les trafiquants.

Ce rapport a mis en cause précisément deux mouvements armés en provenance du Darfour dont l'Armée de libération du Soudan, dirigée par Minni Minawi (ALS-MM) et le mouvement Justice et égalité (JEM). Pour cette étude, ces milices se sont livrées à des activités criminelles, notamment dans toutes sortes de trafic et dans la contrebande et servent de mercenaires.

Certaines autres sources ont indiqué que les forces de Minawi s'activaient à côté des milices libyennes de Misrata, alors que le mouvement JEM servirait aux côtés des forces du maréchal Khalifa Haftar.

Il est rappelé que si le sud libyen est devenu aujourd'hui une base arrière pour ces milices de Darfour, leur présence dans ce pays, qui participe au chaos libyen, remonte, elle, au moins à 2008.

À l'époque, soulignent des sources, ils avaient trouvé un soutien financier et logistique chez le guide libyen Mouammar Kadhafi dont ils étaient privés en 2011, les poussant ainsi à se chercher d'autres ressources.

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