20 Septembre 2017

Afrique: Le continent pousse ses pions

Photo: Photo ONU/Manuel Elias
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres (à gauche) devant le Conseil de sécurité. A sa droite, le Premier ministre d’Ethiopie, Hailmariam Dessalegn, dont le pays préside le Conseil de sécurité en septembre.

La 72e session de l'Assemblée générale des Nations unies se déroule, du 19 au 25 septembre 2017, au siège de l'ONU à New York aux Etats-Unis d'Amérique. La surenchère nucléaire dans la péninsule coréenne, dans le Golfe Persique et la guerre contre le terrorisme en Syrie et dans la bande sahélo-sahélienne ont donné un caractère moins routier à ce rendez-vous entre les dirigeants du monde entier autour des maux qui minent la planète.

Le continent africain tentera à ce jamborée de rallier la communauté internationale à ses préoccupations classiques, telles que la lutte contre la pauvreté, la désertification, la question du dividende démographique et la consolidation de l'Etat de droit.

Avec la recrudescence du terrorisme et de la criminalité transfrontalière, les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Burkina Faso et Niger) ont un agenda spécial à ce sommet.

Ils vont devoir trouver, en véritables responsables marketing, les mots justes pour susciter l'adhésion du plus grand nombre de pays au financement et à l'équipement de la force conjointe du G5-Sahel à l'occasion de la réunion de haut niveau, prévue à cet effet en marge de l'AG.

Cette force sous-régionale qui a été actée, en juillet dernier, lors d'un sommet extraordinaire à Bamako, devrait être opérationnelle dès le mois d'octobre prochain.

Mais avant même qu'on ne puisse présager des retombées de ces pourparlers, on note avec beaucoup de satisfaction la concrétisation, au moins pour ce dossier G5 Sahel, de l'appel au consensus prêché à toutes les tribunes pour que l'Afrique « parle d'une même voix » afin de prendre part au concert des grandes nations.

En effet, dans la perspective de la rencontre de haut niveau à l'ONU, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), président en exercice du G5 Sahel a mis un point d'honneur à prendre langue avec ses homologues du Sahel au cours d'une mini-tournée. Cela a permis d'aplanir les éventuelles incompréhensions et surtout de conforter IBK dans sa conviction, que le G5 Sahel « est plus soudé que jamais ».

C'est à croire que le continent africain, lorsqu'il le veut vraiment, sait pousser ses pions à l'unisson. Les tiraillements que les Etats du continent ont souvent donné à voir, à l'occasion de la mise en place ou des renouvellements des instances de l'UA ou des organisations régionales, ont constitué une prime à la promotion des intérêts des Etats au détriment de l'union sacrée autour des grandes causes africaines.

C'est à ce titre qu'il faut apprécier l'intervention du président en exercice de l'UA à propos de la résolution 2359 (2017) relative au déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel.

En écho aux déclarations optimistes d'IBK, Alpha Condé a affirmé que cette résolution constituait un jalon important vers la concrétisation de l'ambitieux partenariat sur les questions de paix et de sécurité en Afrique, avant de lancer, à son tour, l'appel, non plus de la CEDEAO, mais du continent « en vue de la mobilisation effective des ressources indispensables à l'opérationnalisation de cette Force ».

Avant même son opérationnalisation effective, on peut déjà dire qu'elle a remporté sa première bataille : la convergence des vues. Sur la question des réformes des Nations unies, l'Afrique est aussi en train d'avancer ses pions dans une vision commune.

A la tribune de la 72e session de l'AG, l'Afrique a renouvelé son attachement «au consensus d'Ezulwini (Swaziland) », la position commune des Etats africains sur les nécessaires réformes préconisées de l'ONU.

La patrie de « Lucie », 3ème puissance démographique du monde, n'est même pas représentée à un niveau approprié, au sein du Conseil de sécurité, alors que 70% des questions qui y sont débattues concernent l'Afrique.

A l'unanimité, les Africains « exigent » l'élargissement du Conseil de sécurité dans les deux catégories par l'attribution de deux sièges permanents et un total de cinq sièges non permanents pour l'Afrique, choisis par l'Union africaine.

A défaut de l'abolition du veto, le continent veut que les nouveaux membres permanents du Conseil de sécurité aient les mêmes prérogatives et privilèges que les membres actuels.

Les revendications sont légitimes, mais il faudra pour leur prise en compte, combattre l'intangibilité de la Charte des Nations unies qui n'est en 2017 que le reflet du monde de 1945.

Pour cette entreprise, l'Allemagne et le Japon, pourtant grands contributeurs au budget ordinaire de l'ONU et en quête de siège permanent, sont des alliés idéaux du continent.

Mais, il va falloir établir un autre niveau de consensus, cette fois, avec des poids lourds pour faire aboutir les réformes. Un travail de très longue haleine assurément !

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