20 Septembre 2017

Cameroun: Construction en zones marécageuses - Et quand survient l'inondation...

De nombreux habitants ont régulièrement les pieds dans l'eau à Yaoundé comme ailleurs, à cause de cette pratique décriée.

Chaque année, en cette période de saison pluvieuse, certains quartiers de Yaoundé sont confrontés à de fortes inondations. Celles-ci occasionnent d'importants dégâts et parfois des pertes en vies humaines. Pas plus tard que le 11 septembre dernier, la forte averse qui s'est abattue sur la cité capitale a causé la mort d'un élève de 19 ans en classe de terminale au quartier Nkolmesseng. Borel Nonky Kenne souhaitait retrouver le domicile familial, après de longues heures de travail passées dans un cybercafé de la place. Il sera heurté à un obstacle : le pont de fortune servant pour la traversée a été emporté par le torrent.

A la place, un tronc d'arbre sera ajusté pour permettre aux riverains de rejoindre l'autre bord. A la suite de ses voisins, l'élève n'aura pas de chance. Au quartier Melen, au lieu-dit « Nouveau marché » cette fois, plusieurs familles étaient sans toit le lendemain de l'orage. « C'est aux environs de 18h que les eaux ont commencé à s'infiltrer dans la maison, accompagnées des déchets de tout genre. Et au fur et à mesure qu'il pleuvait, l'eau rentrait, augmentait de volume et arrivait jusqu'au tronc. Ma famille et moi avons fui lorsque les eaux ont complètement inondé la maison. Nous avons réussi à nous réfugier plus haut chez un cousin », raconte une sinistrée.

Certains quartiers marécageux à l'instar de Mvog-Betsi, Elig-Effa, Anguissa ou encore Essos n'étaient pas en marge de ce désastre.

A en croire les riverains, ces inondations sont pour la plupart déclenchées par l'incivisme des habitants. En dépit des avertissements lancés par les autorités, relatifs à l'interdiction des constructions sur des sols « impropres à l'habitation », de nombreuses maisons poussent comme des champignons chaque jour dans les zones marécageuses. « Ce qui entraîne le rétrécissement et l'encombrement du lit du Mfoundi. Notamment lors de grands orages au cours desquels, l'eau se fraye un chemin en engloutissant les espaces. De plus, les déchets bloquent les canaux d'évacuation des eaux », explique un urbaniste.

Yap Mariatou: « Il faut construire dans les zones sécurisées »

Directeur de la Protection civile au MINATD.

Qu'est-ce qui selon-vous explique que malgré les mises en garde, certains Camerounais continuent de construire dans les zones marécageuses ? Dès que vous commencez à sensibiliser ou à poser des actes de répréhension, les gens se soulèvent en disant « Nous on se débrouille ». Ce qui peut créer un risque de crise sociale. Et c'est sur ce prétexte de débrouillardise que les gens construisent n'importe où.

Malheureusement, ils sortent des zones de campagnes où il y a plus d'espace pour venir s'installer en ville dans des conditions précaires. Des conditions qui génèrent beaucoup de risques de catastrophes, car n'y a pas que les inondations. Il y a des risques d'épidémies, de maladies hydriques entre autres. Il faut que chacun sache que, en jetant des ordures dans la rue, il contribue à créer des situations d'inondations, des catastrophes liées aux inondations avec des pertes en biens et le plus regrettable, des pertes en vies humaines. Mais le MINATD ne va pas baisser les bras, il va continuer de faire son travail et ce qui est sûr, sur cent personnes sensibilisées à chaque sortie, on peut en gagner dix, à défaut des cent. Que fait concrètement la protection civile pour apporter une aide aux populations sinistrées ? Le ministre doit tout d'abord être saisi à travers une requête pour que la protection civile agisse.

Ceci doit être accompagné des constats réalisés par les autorités locales pour confirmer qu'il y a eu effectivement cette situation. La requête étudiée et examinée est traitée en fonction des ressources qui sont disponibles pour gérer ces cas. Bien qu'actuellement, le contexte économique du pays soit difficile. Ce qui fait que les ressources réservées pour ce genre de situation se sont énormément amenuisées. C'est donc pénible de répondre à toutes les demandes y relatives.

Et, face à cette situation, nous sommes en voie de proposer au ministre de n'étudier que les demandes des personnes qui ont respecté les normes de sécurité en la matière. Quels conseils donnerez-vous à ceux qui sont déjà installés dans ces zones à risques et à ceux qui ambitionnent de s'y installer ? Aux personnes qui sont déjà installées dans les bas-fonds, nous allons proposer de partir de ces zones. Car, la vie d'un être humain est plus importante que n'importe quel bien qu'on chercherait à préserver.

Et pour ceux qui avaient en projet de s'y installer, nous leur diront qu'elles gagneraient vraiment à regarder ailleurs et se rapprocher des autorités municipales pour savoir quelles sont les zones sécurisées à la construction.

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