21 Septembre 2017

Burkina Faso: Boulangeries Tera de Banfora - Travailleurs et patronat à couteaux tirés

Depuis la signature de la convention, signée par les boulangers au cours du mois de mars 2017, les travailleurs des boulangeries Tera de Banfora n'ont toujours pas constaté de changement au niveau de leur traitement salarial. Las d'attendre cette mise en application, ils se sont plaints à l'inspection du travail et envisagent même des actions devant le tribunal du travail.

Depuis 2006, année où la plupart d'entre eux ont été engagés, jusqu'à nos jours, les travailleurs de la boulangerie Tera de Banfora n'ont constaté aucune augmentation de salaire. Foi des délégués du personnel des deux boulangeries qui nous ont rendu visite pour exposer leurs préoccupations de l'heure.

En clair, disent-ils, les anciennetés ne sont pas prises en compte. Pourtant martèle, Fousseni Ouattara, un des délégués du personnel, les récents réajustements opérés sur le prix du pain au cours du mois de mars 2017 représentaient à leurs yeux des lueurs d'un réel espoir dans ce sens.

Cette augmentation, à les entendre avait pour objectif, entre autres, de permettre au patronat d'améliorer les salaires des travailleurs dès la fin du mois de mars 2017. Mais, que nenni ! En fin de mars 2017, les travailleurs des boulangeries Tera n'ont pas eu d'augmentation de salaire.

Une situation qui est restée telle depuis, confessent les délégués du personnel. Cependant, ceux des autres boulangeries de la ville ont constaté le changement attendu.

« Nous avons alors fait le tour des autres boulangeries et nos collègues ont confirmé qu'à leur niveau, le changement a été constaté » relate Fousseni Ouattara qui dit que c'est alors qu'ils ont pris langue avec leur gérant du nom de Daouda Ouédraogo.

Celui-ci nous fait savoir qu'il n'a reçu aucune instruction de la part du patron. Dans la même soirée, poursuit M. Ouattara, le même gérant nous rend compte de la communication qu'il a eue avec le patron.

« Celui-ci lui aurait dit qu'à la fin du mois d'avril 2017, un changement sera fait sur nos salaires. Mais comme changement, nous n'avons reçu en tout que la somme de 10 000 F CFA pour nous qui sommes de la 3e catégorie.

Lorsque nous avons voulu comprendre, le gérant nous rétorque qu'il y aura changement mais qu'il nous faut attendre en 2018 », explique-t-il. Et son collègue, Michel Héma de poursuivre en disant que c'est là qu'ils se sont rendus à l'évidence qu'il faut lutter pour obtenir la satisfaction de leurs revendications ; en commençant bien sûr par les primes d'anciennetés.

« Voilà ce qui nous a conduits à l'inspection du travail depuis quelques mois mais nous n'avons reçu aucune réaction de la part du patronat », lance-t-il.

Déterminés à voir l'application des nouvelles dispositions dans leur établissement, les travailleurs des boulangeries Tera, qui avoisinent la cinquantaine et qui bénéficient de l'accompagnement de Goudouma Kaboré, SG de l'USTB, le syndicat auquel ils appartiennent, entendent durcir le ton dans les jours à venir. Samba Siribié, l'un d'eux, atteste qu'il est le plus ancien parce que engagé depuis 2002.

Mais il dit ne bénéficier d'aucun avantage lié à son statut. « Je n'ai jamais bénéficié de prime d'ancienneté, jusqu'à présent, je touche toujours le même salaire et je n'ai jamais eu de primes de nuit et les primes de fête qui ont été servies de 2005 à 2010 ne nous sont plus servies », déplore-t-il.

« Là encore, je dois avouer sans détour qu'il ne me sera pas possible de les satisfaire intégralement »

Bien au courant de la situation, Boukary Tera, PDG des boulangeries Tera que nous avons joint au téléphone le 19 septembre 2017, dit vouloir jouer la carte de la négociation et du compromis. Selon lui, les travailleurs ont peut-être raison. Mais ils ne doivent pas perdre de vue les réalités pratiques dans pareilles circonstances.

« J'ai demandé aux travailleurs d'attendre janvier 2018 pour que nous puissions commencer à régler la question. Là encore, je dois avouer sans détour qu'il ne me sera pas possible de les satisfaire intégralement ».

En clair M. Tera fait comprendre que si les travailleurs exigent le paiement de la totalité des anciennetés, puisque de son point de vue c'est l'unique point d'achoppement, c'est qu'ils ne se soucient pas de l'avenir de leur entreprise.

« L'argent que j'ai gagné en 16 ans n'est pas entièrement déposé dans un compte tout comme le salaire que les travailleurs ont perçu durant la même période. Où vais-je donc trouver les moyens pour faire face à leur requête.

C'est pourquoi, je dis qu'ils doivent savoir faire des compromis pour que nous puissions avancer. Autrement, nous serons dans l'obligation de fermer ou de réduire le nombre de travailleurs à travers une compression ».

Pour sûr, Boukary Tera dit que ses comptables sont en étroite collaboration avec le personnel et les inspecteurs du travail pour évaluer ce qu'il doit à chaque agent mais il est catégorique : « Le règlement doit se faire sur la base d'une négociation ».

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