20 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Affaires passeports semi-biométrique - Les manifestants dispersés au Ministère des Affaires Étrangères!

Le dossier de l'invalidation des passeports semi-biométriques par le Gouvernement à partir du 16 octobre prochain, est loin de connaître un dénouement. Pas plus tard qu'hier, mercredi, 20 septembre 2017, devant le bâtiment du Ministère des Affaires Etrangères, plusieurs jeunes se sont mobilisés pour dire non à la décision d'invalider les passeports semi-biométriques.

Banderoles et affiches en mains, ils évoquent le faible pouvoir d'achat des Congolais mais en même temps, le fait de soumettre la population, dans une période cruciale de basse conjoncture économique, à une dépense double, quand il faut retirer de la circulation, un passeport en cours de validité. On pouvait bien lire sur certaines banderoles des messages sans ambigüité du genre: «mon passeport est valide, je ne veux pas le changer». Lorsque la police s'est invitée sur le lieu de manifestation, il y a eu débandade.

D'après certains témoignages recueillis sur place, la police a pu confisquer certaines banderoles. Bien plus, elle a mis la main sur quelques manifestants. Au nombre desquels, Ados Ndombasi, président du festival Toseka, l'artiste musicien Lexxus Legal et un journaliste de Numerica TV, figureraient dans le lot, a-t-on appris.

Curieux que cela puisse paraître, Majorité comme Opposition condamnent avec véhémence l'annonce du retrait brusque, à dater du 16 octobre prochain, par le gouvernement via le Ministère des Affaires Etrangères (MINAFET), du passeport semi-biométrique encore valide en République Démocratique du Congo.

Le gouvernement justifie cette démarche par le souci d'uniformiser l'identification des citoyens pour des raisons sécuritaires. De l'intérieur comme de l'extérieur du pays, ce dossier ne cesse de faire couler encre et salive. Qui, pour dénoncer une extorsion, qui encore pour se plaindre d'une décision qui vise à causer du tord à la population.

Par ailleurs, dans certains milieux de la diaspora congolaise, cette décision est lourde des conséquences en ce qu'elle va créer un impact négatif au sein de la diaspora. Allusion faite, bien évidement, à la procédure d'obtention du passeport congolais qui nécessite d'abord le renvoi des données enregistrées vers Kinshasa, où tous les passeports sont émis.

La décision va, certes, engendrer des désagréments et dommages aux bénéficiaires qui, pour des raisons administratives, attendent longtemps au-delà du délai leur accordé par le pays d'accueil, en vue de la régularisation des différents dossiers.

De ce fait, il va se poser un sérieux problème de délai d'acquisition des passeports, qui pourrait s'étendre entre 2 et 6 mois dans certaines représentations diplomatiques pour avoir un nouveau passeport, déplore un membre de la diaspora. D'après lui, il aurait fallu laisser une période transitoire afin de permettre aux détenteurs des passeports semi-biométriques, d'acquérir les nouveaux passeports biométriques. Ceci, d'autant plus qu'aucune loi internationale n'interdit un passeport en cours de validité, soutient-il.

C'est pourquoi, la décision est mauvaise dans son ensemble et qu'elle réduit la mobilité des Congolais et amplifie les difficultés des démarches administratives au sein de la diaspora.

L'on ne peut pas annuler à l'improviste un passeport en cours de validité, lequel comporte déjà plusieurs visas d'autres pays, regrette un autre membre interrogé.

Pis encore, s'exclame-t-il, le coût financier d'un passeport reste prohibitif. A lui seul, il revient déjà à 255 Euros. S'il faut ajouter d'autres documents comme l'attestation de nationalité, plus la légalisation, l'on atteint facilement les 285 à 290 Euros.

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