21 Septembre 2017

Tunisie: Les prémices d'une relance

Le processus de paix est-il en train d'être discrètement remis en selle ces derniers jours ? Certains signes le laissent penser. Des déclarations aussi.

Comme celle du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, qui vient mardi dernier de rencontrer le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en marge des travaux de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York. Ses services ont publié un communiqué à l'issue de la rencontre dans lequel on indique que les discussions ont porté sur la relance d'un «règlement global» du conflit entre Palestiniens et Israéliens.

Les photos de la rencontre, qui ont été diffusées de par le monde, montrent d'ailleurs que l'échange n'était pas de ceux qui surviennent au hasard des circonstances. Son contenu, par conséquent, ressemble aussi peu que possible à des vœux pieux dont on se gratifie pour meubler une rencontre imprévue... Il y avait, de part et d'autre, une volonté délibérée de donner à l'événement le maximum de publicité.

La veille, le même Premier ministre israélien avait rencontré Donald Trump. La discussion avait tourné autour de ce même sujet. Et les services de la communication ont, là encore, pris soin de faire parvenir la chose aux oreilles des médias.

C'est assez, semble-t-il, pour avoir la puce à l'oreille. D'autant que, dans le même temps, et avec l'appui direct de l'Egypte, un rapprochement décisif est en train de s'opérer entre le Fatah et le Hamas... Un rapprochement qui, comme chacun sait, est indispensable pour mener une quelconque discussion au nom du peuple palestinien dans son ensemble.

La dualité dans l'exercice du pouvoir à travers l'autorité palestinienne établie en Cisjordanie et le Hamas établi à Gaza a toujours constitué un obstacle majeur à la relance de négociations de paix. Car aucune des deux entités ne pouvait prétendre à une représentativité dans la prise d'une initiative politique sans courir le risque d'être désavouée par l'autre.

Rappelons que le Hamas vient de dissoudre une structure qui tenait lieu de gouvernement à Gaza et dont le maintien était considéré par le Fatah comme un acte d'hostilité à son égard et de refus de l'unité.

Il s'agit du «comité administratif». Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, en a fait l'annonce dimanche dernier après un passage au Caire. Et, désormais, on attend la visite du Premier ministre Rami Hamdallah, dont la qualité de l'accueil à Gaza, en tant que représentant du gouvernement de tous les Palestiniens, va donner une idée plus claire de l'engagement concret du Hamas et de ses structures en faveur du tournant de l'unité.

Quoi qu'il en soit, il est clair que l'Egypte joue aujourd'hui un rôle déterminant. En tant que pays qui a fait la paix avec Israël il y a de cela presque 40 ans maintenant, c'est le pays du camp arabe qui est le plus à même d'assurer un travail de médiation. L'allocution de Abdelfattah Al-Sissi devant l'Assemblée générale de l'ONU ne l'a pas démenti, puisque le président égyptien s'est adressé aux deux peuples, palestinien et israélien, en les appelant l'un après l'autre à saisir l'occasion historique qui se présentait. Le moment était particulier, car l'orateur a cessé à ce moment de lire son texte et a donné à son propos un ton plus solennel.

Il s'est ensuite tourné vers les pays arabes en leur demandant d'appuyer cette initiative...

Le doute n'est plus guère permis, par conséquent, au sujet de préparatifs en vue de la relance du processus de paix sous la forme de pourparlers directs entre Palestiniens et Israéliens. C'est le rythme avec lequel ces préparatifs vont se transformer progressivement en discussions de fond qui reste sans doute une inconnue.

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