21 Septembre 2017

Togo: Répression de manifs - Faure aurait pu s'inspirer de l'exemple de Mathieu Kérékou

Le bras de fer entre le pouvoir togolais et les opposants se poursuivit dangereusement. Malgré la mort d'un manifestant le 20 septembre dernier, la mobilisation ne faiblit pas. En effet, les Togolais ont encore battu le macadam hier, 21 septembre 2017, pour réclamer des réformes constitutionnelles.

Preuve que le peuple togolais est déterminé à mettre fin à la dynastie de 50 ans des Gnassingbé. Mais à regarder de près la répression qui s'abat sur les manifestants, l'on ne peut émettre le moindre doute quant à la volonté de Faure de s'accrocher à son fauteuil contre vents et marées. A en croire les leaders de l'opposition, à Dapaong, les manifestants étaient infiltrés par des milices.

A Kara, localité natale de Gnassingbé père, des agressions de responsables de l'opposition ont été perpétrées à leurs domiciles.

A Sokodé, des perquisitions musclées ont été menées dans des concessions par les forces de sécurité. Et ce n'est pas tout, car à Basiloa, 77 personnes auraient été blessées avec, à la clé, des expéditions punitives. Si ces affirmations sont avérées, il faut craindre le pire pour le Togo.

Cela est d'autant plus vrai que les positions semblent tranchées entre une opposition désabusée et une majorité qui s'accroche avec l'énergie du désespoir à ses privilèges, et qui n'a trouvé d'autre alternative que de déplacer le débat dans la rue en appelant ses militants à manifester aux mêmes dates que ceux de l'opposition.

Il n'est pas encore tard pour le président Faure de prendre la bonne décision

Cela dit, l'on peut voir dans cette attitude de la majorité, une volonté de ne pas laisser tout le terrain de la rue à la seule opposition. Histoire de prouver qu'elle a aussi du monde derrière elle et que ce n'est pas tout le peuple togolais qui veut le départ du président Faure.

Mais en agissant de la sorte, elle fait non seulement montre d'un manque de sérénité, mais elle donne aussi le sentiment d'être acculée et à bout d'arguments au point de vouloir dresser les populations les unes contre les autres. Cela n'est pas en son honneur.

Encore moins en celle du président Faure qui est aujourd'hui au cœur de la fracture de son peuple pour lequel il est en train de dresser, sciemment ou inconsciemment le bûcher, afin de se maintenir au pouvoir.

Or, il a encore toutes les cartes en main pour entrer dans l'histoire en prêtant une oreille attentive aux revendications de son peuple.

En tout cas, à défaut d'avoir la grandeur d'âme d'un Nelson Mandela qui a su se contenter d'un seul mandat alors qu'un second lui tendait les bras, ou la lucidité d'un Eduardo Dos Santos d'Angola qui a senti les choses venir et s'est retiré à temps, Faure aurait pu s'inspirer de l'exemple de Mathieu Kérékou qui a su reculer pour mieux revenir aux affaires au Bénin, avec la bénédiction et sous les acclamations de son peuple.

Mais tout porte à croire que l'homme fort de Lomé a choisi d'avancer avec des œillères en comptant sur des sous-fifres pour faire le sale boulot de son maintien à sa place. En tout état de cause, il n'est pas encore tard pour le président Faure de prendre la bonne décision.

Celle d'entendre enfin les supplications de son peuple. Toute autre velléité de pouvoir à vie équivaudrait à ramer à contre-courant de l'histoire. L'ère ne s'y prête pas, l'environnement sous-régional où il ne peut même pas compter sur le soutien affiché de ses pairs, encore moins.

En outre, il serait bien avisé de ne pas négliger, encore moins sous-estimer la mobilisation extraordinaire de ses compatriotes qui crient depuis un certain temps leur ras-le-bol, mobilisation qui pourrait se transformer à tout moment en une déferlante ravageuse.

Comme dit le proverbe, « un homme averti en vaut deux ». Faure est prévenu. Il lui appartient de ne pas se mettre du mauvais côté de l'histoire.

Togo

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