22 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Le président Kabila intervient ce samedi devant l'Assemblée générale de l'ONU

Après Kananga où il a inauguré mardi dernier le forum sur la paix et le développement dans l'espace Kasaï, le président de la République, Joseph Kabila, a mis le cap sur New-York où il prend la parole, sauf imprévu, demain samedi devant l'Assemblée générale des Nations unies. C'est dans la matinée de jeudi qu'il a quitté Kinshasa. Pour Joseph Kabila, il s'agit de solliciter plus de temps à l'ONU dans l'organisation des élections. Une mission à plusieurs inconnues.

Le président de la République, Joseph Kabila, a fait le déplacement de New-York (Etats-Unis) où il doit intervenir demain samedi devant l'Assemblée générale des Nations unies. Après Kananga (Kasaï Central) où il a lancé mardi dernier le forum sur la paix et le développement dans l'espace Kasaï, le chef de l'Etat a mis le cap sur les Etats-Unis où il va porter la voix de la RDC devant les instances des Nations unies.

Mais, Joseph Kabila arrive à New-York après le passage de principaux leaders de l'Opposition qui ont fait sur place un travail de fond dans le sens d'amener la communauté internationale à adhérer à l'option d'une transition sans Kabila. C'est donc cette courbe que le chef de l'Etat devra inverser.

A première vue, Kabila n'aura pas la tâche facile. Car, mardi dernier, une réunion spéciale consacrée essentiellement à la RDC a, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, posé les jalons pour la tenue effective d'élections dans les termes convenus dans l'accord politique du 31 décembre 2017. Les Nations unies ont clairement tracé la voie à suivre pour une alternance démocratique en RDC. Joseph Kabila se verra bien offrir rapidement un droit de réponse.

A New-York, le président Kabila va sûrement réitérer son éternelle promesse de tenir les élections dans un délai qui s'écarte fondamentalement de celui repris dans l'accord politique du 31 décembre 2016. Sans doute, le chef de l'Etat va solliciter de l'ONU plus de patience afin qu'il lui soit accordé le temps nécessaire pour préparer les élections.

Mais, il n'est pas évident que l'ONU adhère facilement à cette logique. Dans la réunion spéciale de mardi dernier sur la RDC, les plénipotentiaires ont opté pour une démarche qui s'appuie intégralement sur l'accord du 31 décembre. Autant dire qu'à New-York, le président Kabila a un grand défi à relever ; toutefois, il part avec un handicap. Il atterrit à New-York au moment où la plupart de ses homologues ont quitté le siège des Nations Unies.

Dans la foulée, une question est posée par d'aucuns qui se demandent si Joseph Kabila n'aurait pas été contraint en dernière minute à rejoindre le siège de l'ONU ? Ou, en revanche, il s'agirait d'une stratégie savamment réfléchie à partir de Kinshasa ? Difficile à dire.

Dans une analyse reprise sur afrik.com, l'analyste Adrien Seyes ne donne aucune chance à Joseph Kabila. Selon lui, faire fléchir l'ONU n'est pas aussi évidente.

Satisfecit de l'Opposition à l'ONU

A la lecture du communiqué final, l'opposition RD congolaise a de quoi être satisfaite, note Adrien Seyes. Tout d'abord, pour l'ONU, les élections présidentielle et législatives doivent se tenir conformément à l'accord de la Saint-Sylvestre (dont la mise en œuvre doit être «totale »), soit fin 2017 au plus tard. Il s'agit-là d'une des exigences majeures des opposants congolais, très présents ces jours-ci à New-York.

Ensuite, l'ONU insiste lourdement sur la mise en œuvre des mesures de « décrispation politique ». Ce qui signifie, entre autres, la libération des nombreux prisonniers politiques, mais aussi le retour en RDC de Moïse Katumbi, considéré comme l'opposant numéro un au régime. Une perspective particulièrement redoutée par Joseph Kabila.

Par ailleurs, l'ONU souligne la nécessité impérative de sécuriser le financement du processus électoral, une façon de rappeler Kinshasa, passé maître dans l'art de la tergiversation, à ses obligations. En clair, l'instance onusienne n'admettra plus que le régime congolais argue de difficultés budgétaires pour ne pas remplir ses obligations en matière électorale.

Egalement, l'ONU « salue l'engagement exprimé par les autorités de la RDC de respecter la Constitution ». En première lecture, cette phrase pourrait paraître anodine. Pourtant, c'est à travers elle que l'instance onusienne proscrit toute modification de la Constitution laquelle pourrait permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Par conséquent, aucun référendum ne sera toléré, alors même que l'hypothèse est sérieusement envisagée par le régime de Kinshasa.

Enfin, fait important, ce communiqué « implique» l'ONU, l'Union européenne, l'OIF mais également l'Union africaine et la SADC, deux instances qui jusque-là prenaient fait et cause pour le régime de Kinshasa. Le message est-il perçu de manière claire par la MP qui s'imagine tout permis au pays. Au fond, il s'agit d'une véritable rupture dans le rapport de force diplomatique sur le dossier congolais.

Ainsi, à bien y regarder de près, les conclusions de cette réunion sur la RDC, tenue à l'occasion de la 72ème Assemblée générale de l'ONU, indiquent clairement que les marges de manœuvres de la majorité au pouvoir s'amenuisent davantage s'agissant du blocage du processus électoral où elle se sert de la Céni comme un bouc-émissaire qui doit tout prendre sur elle.

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