22 Septembre 2017

Congo-Kinshasa: Vote électronique - Ça chauffe à l'Assemblée Nationale !

La nouvelle a circulé hier, dans la soirée, comme une trainée de poudre. Au-delà du vif débat engagé, depuis quelques jours, sur l'épineux problème lié notamment, au passeport semi-biométrique, voici qu'un nouveau foyer de tensions surgit au Palais du Peuple.

Désormais, les Groupes parlementaires de l'Opposition ont claqué la porte de la conférence des Présidents, ce jeudi 21 septembre 2017. Eve Bazaïba, à la tête du Groupe Mlc et Alliés, estime, pour sa part, que le fait de laisser figurer à l'ordre du jour de la nouvelle session, cette affaire du vote électronique, serait la meilleure façon d'incruster la tricherie dans le système, lors des prochaines joutes électorales qu'elle appelle de tous ses vœux d'ici le 31 décembre 2017, conformément à l'Accord de la Saint Sylvestre.

Comment, alors, restaurer le bon climat de travail, pour l'adoption du calendrier à la conférence de présidents, avant la convocation de la prochaine séance plénière de la Chambre basse du Parlement ? Telle est l'une des questions fondamentales à laquelle Aubin Minaku Ndjalandjoko, Président de l'Assemblée, se doit de répondre de toute urgence.

Pendant que la contradiction est cristallisée autour de l'invalidation, dès le 16 octobre prochain, des passeports semi-biométriques, une nouvelle tension monte au Palais du Peuple.

Déjà, Juvénal Munubo, le Député UNC issu du Nord-Kivu, plus précisément de Goma, est allé vite, en déposant sur la table du Bureau de l'Assemblée Nationale, une question orale avec débat adressée à Léonard She Okitundu, le VPM chargé des Affaires Etrangères, Coopération Internationale et Intégration Régionale. Toussaint Alonga, un autre Député de l'Opposition, est allé, lui, du côté de la justice.

Dans la même journée d'hier, jeudi 21 septembre 2017, il a initié une double action. L'une, du côté de la Cour Suprême de Justice. L'autre, la deuxième, du côté de la Cour Constitutionnelle. Le but visé, dans cette démarche, est, selon lui, d'obtenir l'annulation pure et simple, de la décision du gouvernement portant invalidation des passeports semi-biométriques. Il justifie, par ailleurs, ses intentions d'arracher, à la clé, la réhabilitation des détenteurs de ces passeports dans leurs droits acquis, au regard, évidemment, d'un florilège de dispositions de la Constitution ainsi que de lois de la République. Il dit, par exemple, que l'ordre contenu dans le communiqué du Vice-Ministre des Affaires Etrangères serait, à ses yeux, illégal que nul n'aurait l'obligation de s'y soumettre.

Alors que ces deux sorties, à la fois, au Parlement, pour ce qui est de Juvénal Munubo, ou de la Justice, pour ce qui est de Toussaint Alonga, alimentaient encore la chronique de l'actualité, voici qu'un nouveau tollé de protestations est enregistré au niveau de la Chambre basse du Parlement où le calendrier de la nouvelle session est confronté à un couac. Le vote électronique, la nouvelle trouvaille de Nangaa pour, semble-t-il, amoindrir le coût des opérations électorales, est perçu comme une manœuvre consistant à piéger le processus, du côté des Groupes parlementaires de l'Opposition.

Eve Bazaïba, la très remuante Secrétaire Générale du Mlc, est montée hier, au créneau. Elle ne comprend pas pourquoi le Bureau de l'Assemblée Nationale tient à relayer la CENI, dans ses faits et gestes, comme si le Parlement congolais était devenu une caisse de résonnance ou une chambre d'enregistrement de tout ce que cette institution d'appui à la démocratie qui titille, pourtant, dans l'accomplissement de ses missions, entreprend.

En 2006 et 2011, pourquoi n'avait-on pas prévu ce vote électronique alors que ce même problème du coût des élections se posait toujours avec acuité ?

Par contre, Bazaïba qui crie, en passant, à la diversion, pense que la CENI ferait mieux de publier le calendrier électoral, tel que l'Opposition, dans ses composantes aussi bien plurielles que diversifiées, ou la communauté internationale, depuis New York, le lui demandent.

A quoi va-t-on assister, dès lors que les groupes parlementaires de l'opposition sont sortis des travaux axés sur l'adoption du projet de calendrier de la nouvelle session ? Minaku va-t-il se dédire ou foncer avec le reste de ses colistiers encore fidèles à sa première ligne ? Les heures à venir vont, certainement, fixer l'opinion sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle fissure dans l'érection, pourtant, recherchée, de l'ossature nécessaire à l'adoption des lois essentielles, pour la tenue des élections en RD. Congo.

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